07/06/2026
"Docteur, j'aimerais les fameuses injections pour maigrir. Juste 3 à 6 mois, j'atteins mon objectif et je pourrai ensuite les arrêter."
Malheureusement, toutes les données actuelles montrent que la reprise du poids après l'arrêt des analogues du GLP-1 est fréquente et souvent importante. En moyenne, environ 60 % du poids perdu est repris après un an, jusqu'à 75 % à plus long terme, et le poids initial est souvent retrouvé entre 18 et 24 mois.
Avec cette reprise pondérale, une partie des bénéfices sur la glycémie, la pression artérielle, le cœur et les reins s'estompe, avec un véritable « rebond métabolique ».
Le concept émergent est que la prise en charge de l'obésité ne doit plus être pensée uniquement comme une phase de perte de poids, mais comme une stratégie de maintenance à long terme, à l'image du traitement de l'hypertension artérielle ou des dyslipidémies.
Ces médicaments ne sont donc pas destinés à « perdre quelques kilos avant l'été ».
Comment limiter cette reprise de poids ?
• privilégier un sevrage progressif plutôt qu'un arrêt brutal ;
• maintenir parfois des injections à faible dose ;
• pratiquer une activité physique régulière ;
• adopter une alimentation suffisamment riche en protéines afin de préserver la masse musculaire ;
• demain, recourir éventuellement aux formes orales des analogues du GLP-1.
D'autres approches du futur restent à surveiller, comme le resurfaçage de la muqueuse duodénale, une technique mini-invasive séduisante mais qui nécessite encore davantage de recul.
Dans tous les cas, l'obésité est une maladie chronique qui ne peut être traitée de manière ponctuelle. La science ne cherche plus seulement à faire perdre du poids, mais surtout à maintenir durablement cette perte.
Bon dimanche.
Faouzi Addad, médecin cardiologue