11/03/2023
Les monnaies digitales de banque centrale, connues sous l'acronyme anglais CBDC, font l'objet de nombreux travaux à travers le monde, certains pays étant plus en avance que d'autres. Le JDN fait le point.
CBDC : c'est quoi ?
L'acronyme CBDC signifie central bank digital currency, ce qui en français donne "monnaie digitale de banque centrale" (MDBC). Il s'agit d'une forme numérique de monnaie fiduciaire (euro, dollar, yuan…) émise, contrôlée et réglementée par la banque centrale d'un pays ou d'une zone monétaire. Une CBDC a les mêmes fonctions qu'une monnaie traditionnelle : un moyen de paiement, une réserve de valeur et une unité de compte. Il existe deux types de CDBC :
La CBDC de détail : destinée au grand public, en complément de la monnaie fiduciaire actuelle
La CBDC interbancaire : accessible seulement aux banques pour le règlement et la livraison d'actifs financiers
Les monnaies digitales de banque centrale permettent notamment de réduire les coûts d'intermédiations, faciliter et baisser les coûts des paiements transfrontaliers, développer une société sans cash, lutter contre le blanchiment d'argent et la corruption, ou développer l'inclusion financière. Les Etats développés voient davantage les CBDC comme une alternative au cash et une opportunité de réduire les coûts tandis que les pays en voie de développement cherchent à rendre les services financiers plus accessibles aux citoyens.
Le développement des CBDC est en partie dû à l'accélération des projets financiers des Gafam et leur équivalent chinois, les BATX. "La BCE et les banques centrales nationales, qui composent l'Eurosystème, doivent se tenir prêts à émettre un euro digital pour le grand public si c'est nécessaire pour garantir la liberté de choix entre les moyens de paiement mais aussi préserver la souveraineté monétaire face au développement des big tech dans le domaine des paiements", confiait fin 2020 au JDN Denis Beau, sous-gouverneur de la Banque de France. Une des plus grandes menaces s'appelle le Diem (ex-Libra), projet initié par Facebook qui vise à créer un stablecoin adossé à plusieurs monnaies fiduciaires (un diem adossé à l'euro par exemple) et un autre adossé à un panier de devises. Suite à la publication de son document de présentation en juin 2019, de nombreux régulateurs ont exprimé leur inquiétude à travers le monde.