02/08/2026
🇨🇩 Le numérique congolais : voulons-nous vraiment construire l'avenir ?
L'arrêté interministériel fixant les droits, taxes et redevances sur les services numériques suscite déjà un vif débat en RDC.
Parmi les montants prévus, on retrouve notamment :
Construction d'un centre de données (Data Center) : 15 000 $
Exploitation d'une plateforme d'archivage : 15 000 $
Services de confiance numérique : 15 000 $
Services numériques essentiels : 2 000 $ à 30 000 $
Hébergement web : 2 000 $ (acteurs locaux) et 10 000 $ (acteurs étrangers)
Hébergement d'applications critiques : 5 000 $ (locaux) et 15 000 $ (étrangers)
Services Cloud (IaaS, PaaS, SaaS) : 5 000 $ (locaux) et 15 000 $ (étrangers)
Plateformes financières (Fintech) : 5 000 $
Plateformes numériques (e-commerce, réservation, transport, marketplaces, App Store, etc.) : 3 000 $ (locaux) et 10 000 $ (étrangers)
Plateformes de streaming et de partage de contenus : 2 000 $ (locaux) et 10 000 $ (étrangers)
Développeurs d'applications : 100 $
Centres de données : de 25 000 $ à 75 000 $ selon le niveau.
Ces montants provoquent des réactions dans l'opinion publique. Des responsables politiques, dont Martin Fayulu, ont également exprimé leur opposition à cette mesure.
Pour ma part, je pense qu'un État a parfaitement le droit de réglementer et de percevoir des taxes. C'est normal.
En revanche, la vraie question est celle du moment et du niveau des taxes.
Comment bâtir une économie numérique solide si le premier message envoyé aux jeunes innovateurs est une facture plutôt qu'un accompagnement ?
Dans les pays qui réussissent leur transformation numérique, on commence souvent par encourager les startups, faciliter leur création, leur offrir des incitations, des financements et un environnement favorable. La fiscalité importante intervient lorsque les entreprises deviennent rentables et créent de la valeur.
Aujourd'hui, beaucoup de jeunes Congolais développent des applications avec leurs propres moyens, sans investisseurs, parfois même sans revenu. Leur imposer des frais élevés dès le départ risque de décourager l'innovation, de pousser certains à abandonner leurs projets ou à s'installer dans d'autres pays.
À ce rythme, nous risquons de rester consommateurs des technologies développées ailleurs, au lieu de devenir des producteurs de solutions numériques.
La RDC a besoin d'un cadre juridique moderne, mais aussi d'une politique qui encourage d'abord la création, avant de taxer la création.
Le débat mérite d'être mené avec sérénité, sans passion politique, mais avec une seule priorité : l'avenir du numérique congolais.
Et vous, qu'en pensez-vous ? Ces taxes favoriseront-elles un écosystème numérique plus solide ou risquent-elles de freiner l'innovation et l'entrepreneuriat des jeunes ? J'aimerais lire vos analyses et vos propositions. Construisons ce débat ensemble.