19/04/2026
PHÉNOMÈNE DES TITRES : « BABA », « MINISTRE », « BERGER », « PROPHÈTE »… SANS ORDONNANCE OFFICIELLE
En tant que veilleur et porte-voix d’une génération, je constate depuis un moment une agitation inutile autour d’un sujet qui, normalement, devrait rassembler plutôt que diviser.
Aujourd’hui, certains dénoncent comme une dérive le fait que des croyants soient appelés — ou se désignent eux-mêmes — prophète, pasteur, berger, baba, ministre, coordinateur, sans avoir encore reçu une reconnaissance officielle.
Mais réfléchissons avec discernement.
L’ordination n’est pas une invention humaine destinée à créer une identité. Elle est plutôt la manifestation visible d’une réalité déjà établie par Dieu. Ce que le ciel initie, la terre ne fait que l’authentifier au moment opportun.
Ainsi, donner à quelqu’un un titre lié à une fonction ou à une grâce ne traduit pas forcément un désordre ou une précipitation. Cela peut être simplement la reconnaissance d’un appel déjà présent, d’un potentiel déjà en action, d’une onction déjà perceptible.
Pourquoi alors rendre compliqué ce qui peut rester simple ?
Dans certaines assemblées, comme chez nous à Mahanaim, notre père spirituel lui-même appelle certains de ses fils prophètes, pasteurs ou évêques, même sans consécration formelle. Et cela ne provoque ni confusion ni désordre, mais plutôt une construction progressive de leur identité spirituelle.
Évitons donc d’imposer des règles humaines là où les Écritures ne fixent pas de cadre rigide. À force de vouloir tout contrôler, on risque de passer à côté de l’essentiel : la vie de l’Esprit.
Il faut aussi souligner une certaine contradiction : quand il s’agit des vôtres, portant des titres comme missionnaire, messager ou dispensateur, personne ne réagit. Mais dès qu’il s’agit des autres, les critiques surgissent.
Cela montre que le problème n’est pas réellement doctrinal, mais souvent lié aux émotions, à la culture ou aux relations.
Revenons à l’essentiel.
Avant tout titre, nous sommes enfants de Dieu. C’est cela notre véritable identité. Les titres ne définissent pas la valeur d’une personne ; ils accompagnent simplement une fonction. Et aucune fonction ne remplace la relation avec Dieu.
Ainsi, appeler quelqu’un berger, baba, ministre ou prophète sans reconnaissance officielle n’est pas une erreur en soi. Ce qui compte vraiment, c’est la vie qui soutient ce titre : le caractère, les fruits, la maturité.
L’Église est un corps, pas un terrain de conflits.
Alors, cessons les polémiques inutiles. Recherchons l’unité. Évitons les querelles de mots.
Car au final, ce n’est pas le titre qui élève, mais la vie qui le soutient.