06/08/2026
Révélation :
Quinze mois après avoir quitté l’Inspection générale des Finances, Jules Alingete Key rompt enfin le silence. Admis à la retraite avec éméritat en mai 2025 par le Président Félix Tshisekedi, l’homme qui a incarné la «Patrouille financière» entre 2020 et 2025 sort de sa réserve. Et il frappe fort.Dans cet entretien exclusif, l’ancien «super flic financier» décrit d’abord une retraite vécue «dans la sérénité et la dignité». Mais très vite, le ton se fait offensif. Il dit recevoir des «menaces anonymes» et faire face à une campagne de dénigrement orchestrée par des «criminels financiers» qu’il assure avoir empêchés de piller l’État. Pour lui, ces anciens «intouchables» n’ont jamais digéré d’être confrontés par l’Inspection générale des finances -IGF. Leur stratégie, dit-il, est claire: utiliser «l’argent sale volé à la République» pour acheter des relais médiatiques et faire prospérer l’idée perverse du «nous sommes tous pareils».
Au cœur de sa sortie, une revendication de loyauté. Alingete rappelle que l’IGF relève de «l’autorité directe» du Président de la République. «Le Chef de l’État n’a qu’une seule préoccupation: la paix et le développement pour les Congolais», affirme-t-il. C’est précisément cet alignement qui, selon lui, déclenche la haine. «Ils pensaient qu’une fois à la retraite, j’allais râler comme eux. Ma loyauté les déboussole», lâche-t-il.
L’ancien inspecteur dresse ensuite un bilan chiffré et sans concession. Sous son mandat, les recettes publiques sont passées de 3 milliards de dollars en 2020 à environ 13 milliards de dollars en 2025. Il revendique l’assainissement des finances des entreprises publiques, la mise hors d’état de nuire des mandataires véreux et surtout la revisitation des contrats chinois. Une renégociation qui, selon lui, a permis de dégager 3 milliards de dollars de ressources additionnelles, aujourd’hui visibles dans la construction des routes à travers le pays. Il cite aussi la création des juridictions spécialisées contre la délinquance financière après un intense plaidoyer de l’IGF, l’amélioration du classement du pays dans l’indice Transparency International, et la reconnaissance du travail de l’IGF par l’Union européenne, la Belgique et la Banque mondiale. En 2022, il a même reçu le prix Forbes Africa du meilleur acteur africain de la lutte contre la corruption. Face aux accusations, Jules Alingete oppose sa «probité morale» et son statut d’«Incorruptible». Il dit n’avoir «aucun problème avec la Justice» et appelle l’opinion à ne pas céder aux «fausses affaires». Il remercie le Chef de l’État, les ONG et la presse engagée pour leur soutien. Pour l’avenir, il en appelle à la continuité: l’IGF dispose des cadres, dit-il, mais il faut «de la volonté, de la détermination et du courage» pour que la mission du Président Tshisekedi aboutisse.