19/09/2026
🏀🇲🇱| 𝗕𝗥𝗜𝗟𝗟𝗘𝗥 𝗘𝗡 𝗦𝗜𝗟𝗘𝗡𝗖𝗘 – É𝗣𝗜𝗦𝗢𝗗𝗘 𝟳𝟭
Il y a des joueuses que l’on découvre à travers leurs performances.
Et puis il y a celles dont le parcours raconte quelque chose de plus grand : celui d’une jeune Malienne qui a quitté ses premières années au Djoliba pour construire, au fil des saisons et des pays, une carrière professionnelle qui l’a menée bien au-delà de Bamako.
À 29 ans, Fatoumata Fofana plus connue au nom de Fanta Fofana, évolue aujourd’hui au Khorfakkan Women Sport Club, à Dubaï.
Elle évolue aux postes 3, 4 et 5.
Douze années d’expérience.
Du Mali 🇲🇱 au Sénégal 🇸🇳, du Maroc 🇲🇦, à l’Algérie 🇩🇿, de l’Espagne 🇪🇸 à la France 🇫🇷, à la Côte-d’Ivoire 🇨🇮 puis aux Émirats arabes unis 🇦🇪.
Son parcours s’est construit entre titres, sélections, nouveaux championnats et périodes de doute.
Mais derrière cette carrière internationale, il reste une identité qu’elle n’a jamais abandonnée :
celle d’une fille de Bamako qui veut continuer à avancer sans oublier ses racines.
𝗟𝗘𝗦 𝗗É𝗕𝗨𝗧𝗦
L’histoire commence dans un quartier de Bamako, capitale du Mali 🇲🇱.
Un jour, son oncle remarque du potentiel chez elle et décide de l’inscrire au .
Après l’école, Fatoumata rejoint le club. Pas de paniers neufs, mais beaucoup de passion.
C’est là que le basketball commence réellement à prendre une place dans sa vie.
Elle se souvient encore de cette sensation :
« 𝗝’𝗮𝗶 𝘀𝗲𝗻𝘁𝗶 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲 𝗯𝗮𝘀𝗸𝗲𝘁 𝗺’𝗮𝘃𝗮𝗶𝘁 𝗰𝗵𝗼𝗶𝘀𝗶𝗲. »
Son envie de continuer grandit aussi devant les matchs des Aigles Dames du Mali.
À la télévision, elle voit des filles de son pays porter le maillot national et faire vibrer tout un peuple. Elle commence alors à se projeter.
Représenter le Mali n’est plus seulement quelque chose qu’elle regarde chez les autres. Cela devient une possibilité qu’elle veut atteindre.
Et pour y arriver, ses coachs vont rapidement lui apprendre une chose : le potentiel ne suffit pas.
𝗟𝗘 𝗣𝗔𝗥𝗖𝗢𝗨𝗥𝗦
Au Djoliba, Fatoumata progresse à travers les catégories de jeunes.
Elle devient championne du Mali 🇲🇱 avec le club et remporte également plusieurs compétitions nationales dans les catégories jeunes.
Avec les sélections, elle connaît ses premières expériences.
Chez les cadettes, elle est présélectionnée pour le Championnat d’Afrique. Puis viennent les U18 et le Tournoi de la paix au Mali 🇲🇱.
En 2015, son parcours prend une nouvelle direction : l’étranger.
Elle découvre d’abord le championnat sénégalais avec Saint-Louis Basket-ball Club.
Puis viennent plusieurs expériences au Maroc 🇲🇦 avec 𝗪𝘆𝗱𝗮𝗱 𝗦𝗽𝗼𝗿𝘁𝗶𝗳 𝗦𝗲𝗳𝗿𝗼𝘂, 𝗔𝗠𝗜 𝗕𝗮𝘀𝗸𝗲𝘁-𝗯𝗮𝗹𝗹, 𝗠𝗮𝗷𝗱 𝗧𝗮𝗻𝗷𝗮 𝗕𝗮𝘀𝗸𝗲𝘁-𝗯𝗮𝗹𝗹 𝗱𝗲 𝗧𝗮𝗻𝗴𝗲𝗿 𝗲𝘁 𝗞𝗔𝗖𝗠 𝗞𝗮𝘄𝗸𝗮𝗯 𝗠𝗮𝗿𝗿𝗮𝗸𝗲𝗰𝗵.
Avec ce dernier club, elle remporte le championnat du Maroc ainsi que la Coupe du Trône. Elle passe ensuite par 𝗹’𝗢𝗹𝘆𝗺𝗽𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗕𝗮𝘁𝗻𝗮 en Algérie 🇩🇿.
En Espagne 🇪🇸, avec 𝗩𝗲𝗴𝗮 𝗟𝗮𝗴𝘂𝗻𝗲𝗿𝗮 𝗔𝗱𝗮𝗿𝗲𝘃𝗮 𝗧𝗲𝗻𝗲𝗿𝗶𝗳𝗲, elle remporte le championnat de LF2.
Puis vient la France, où elle évolue avec 𝗕𝗮𝘀𝗸𝗲𝘁 𝗖𝗹𝘂𝗯 𝗡𝗼𝗿𝗱 𝗔𝗹𝘀𝗮𝗰𝗲 en 2024 et obtient notamment des distinctions individuelles, dont une place dans le cinq majeur, le titre de meilleure pivot et celui de MVP selon les éléments de son parcours.
Aussi la Côte-d’Ivoire avec 𝗦𝗢𝗔 𝗕𝗮𝘀𝗸𝗲𝘁-𝗯𝗮𝗹𝗹 où elle a signée son premier contrat pro.
Mais l’histoire continue de s’écrire.
Aujourd’hui, Fatoumata évolue à Dubaï, avec 𝗞𝗵𝗼𝗿𝗳𝗮𝗸𝗸𝗮𝗻 𝗪𝗼𝗺𝗲𝗻 𝗦𝗽𝗼𝗿𝘁 𝗖𝗹𝘂𝗯.
Avec son équipe, elle remporte une compétition de 3×3, dans un tournoi réunissant notamment des équipes de Tunisie et de Jordanie, et termine meilleure marqueuse.
Elle se rend également en Serbie avec son équipe pour une préparation.
De Bamako à Dubaï, le décor a changé. Mais le travail reste au centre de son parcours.
𝗟𝗘𝗦 𝗣𝗜𝗟𝗜𝗘𝗥𝗦
Certaines personnes marquent une carrière par leur présence.
Pour Fatoumata, les coachs du Djoliba font partie de ces personnes.
Ils ont accompagné son évolution et lui ont surtout transmis une exigence qui ne l’a jamais quittée.
Ils la faisaient courir à 13 heures, sous un soleil accablant.
Et leur message était clair :
« 𝗦𝗶 𝘁𝘂 𝘃𝗲𝘂𝘅 𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲́𝘀𝗲𝗻𝘁𝗲𝗿 𝗹𝗲 𝗠𝗮𝗹𝗶, 𝗶𝗹 𝗳𝗮𝘂𝘁 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝗿 𝟮 𝗳𝗼𝗶𝘀 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗾𝘂𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀. »
Cette phrase est restée.
Mais lorsqu’il a fallu affronter les moments les plus difficiles, notamment loin de son pays, sa famille a également joué un rôle essentiel.
Sa mère et son mari font partie de ceux qui l’ont empêchée d’abandonner.
Car vivre dans un autre pays sans ses proches, et surtout sans sa mère, reste l’une des périodes les plus difficiles émotionnellement de son parcours.
𝗜𝗗𝗘𝗡𝗧𝗜𝗧É 𝗘𝗧 𝗠𝗘𝗡𝗧𝗔𝗟
Sur le terrain, Fatoumata est une combattante, une leader. Elle aime défendre et faire gagner son équipe.
Elle a appris que le basketball ne se joue jamais seul :
« 𝗔𝘂 𝗯𝗮𝘀𝗸𝗲𝘁 𝘀𝗶 𝘁𝘂 𝘁𝗶𝗿𝗲𝘀 𝘀𝗲𝘂𝗹𝗲 𝘁𝘂 𝗽𝗲𝗿𝗱𝘀. 𝗗𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝗲 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝗿𝗲𝗶𝗹. »
Discipline, respect et travail d’équipe sont devenus des valeurs essentielles dans sa carrière.
Mais même avec cette force, le doute a parfois existé.
Lorsqu’elle arrive dans le basketball professionnel, une question lui traverse l’esprit :
« 𝗘𝘀𝘁-𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗷’𝗮𝗶 𝗹𝗲 𝗻𝗶𝘃𝗲𝗮𝘂 ?
𝗠𝗮𝗶𝘀, 𝗹𝗮 𝗱𝗶𝘀𝗰𝗶𝗽𝗹𝗶𝗻𝗲 𝗮 𝗽𝗿𝗶𝘀 𝗹𝗮 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲 𝗱𝘂 𝗱𝗼𝘂𝘁𝗲.»
Aujourd’hui encore, elle possède un planning et s’y tient.
Même lorsqu’elle n’a pas envie d’aller à l’entraînement, elle y va. Pour elle, c’est cela être professionnelle.
En dehors du terrain, elle se décrit comme calme et simple.
Elle voyage, découvre de nouveaux championnats, mais garde toujours une chose avec elle :
le souvenir de ses origines.
𝗥𝗘𝗣𝗥É𝗦𝗘𝗡𝗧𝗘𝗥 𝗟𝗘 𝗠𝗔𝗟𝗜 🇲🇱
Porter les couleurs du Mali représente pour Fatoumata une immense fierté.
« 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲𝗿 𝗹’𝗵𝗶𝘀𝘁𝗼𝗶𝗿𝗲, 𝗹𝗲𝘀 𝗴𝗿𝗶𝗼𝘁𝘀, 𝗹𝗲𝘀 𝗺𝗮𝗺𝗮𝗻𝘀 𝗱𝘂 𝗺𝗮𝗿𝗰𝗵𝗲́, 𝘁𝗼𝘂𝘀 𝗰𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗶 𝗻’𝗼𝗻𝘁 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗲𝘂 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗻𝗰𝗲. »
Cette responsabilité s’accompagne forcément d’une pression.
Rester performante demande des sacrifices importants.
Aux jeunes qui rêvent eux aussi d’aller loin, elle adresse un message :
« 𝗡𝗲 𝗿𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲𝘇 𝗽𝗮𝘀 𝗱’𝗼𝘂̀ 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝘃𝗲𝗻𝗲𝘇. 𝗥𝗲𝗴𝗮𝗿𝗱𝗲𝘇 𝗼𝘂̀ 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝘃𝗼𝘂𝗹𝗲𝘇 𝗮𝗹𝗹𝗲𝗿. 𝗧𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝘇 𝗲𝗻 𝘀𝗶𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲. 𝗟𝗲 𝘁𝗲𝗿𝗿𝗮𝗶𝗻 𝗽𝗮𝗿𝗹𝗲 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝘃𝗼𝘂𝘀. 𝗘𝘁 𝗻’𝗼𝘂𝗯𝗹𝗶𝗲𝘇 𝗷𝗮𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗹𝗲 𝗠𝗮𝗹𝗶. »
𝗩𝗜𝗦𝗜𝗢𝗡
Aujourd’hui, Fatoumata regarde déjà vers la suite.
À court terme, elle veut gagner un titre avec son club cette saison.
À moyen terme, elle veut continuer à devenir meilleure.
Mais son grand rêve reste lié aux Aigles Dames :
🎯 Jouer une Coupe du Monde avec le Mali.
Et lorsqu’elle pense à ce qu’elle aimerait laisser derrière elle, elle pense aux jeunes filles de Bamako.
Elle rêve d’ouvrir une académie de basketball gratuite pour les filles.
Elle veut créer une possibilité pour celles qui viendront après elle.
Lorsqu’elle imagine la manière dont elle aimerait être retenue, elle répond :
« 𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗳𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲́ 𝗱𝘂𝗿, 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲́ 𝗵𝗮𝘂𝘁 𝘀𝗲𝘀 𝗮𝗺𝗯𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗲𝘁 𝗾𝘂𝗶 𝗮 𝗼𝘂𝘃𝗲𝗿𝘁 𝗹𝗮 𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲 𝗮𝘂𝘅 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀. »
𝗕𝗥𝗜𝗟𝗟𝗘𝗥 𝗘𝗡 𝗦𝗜𝗟𝗘𝗡𝗖𝗘
Pour Fatoumata Fofana, Briller en Silence, c’est travailler dur sans faire de bruit.
« 𝗧𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝗿 𝗱𝘂𝗿 𝘀𝗮𝗻𝘀 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗯𝗿𝘂𝗶𝘁. 𝗟𝗮𝗶𝘀𝘀𝗲𝗿 𝘁𝗲𝘀 𝗿𝗲́𝘀𝘂𝗹𝘁𝗮𝘁𝘀 𝗽𝗮𝗿𝗹𝗲𝗿. 𝗔𝘂 𝗠𝗮𝗹𝗶 𝗼𝗻 𝗻’𝗮 𝗽𝗮𝘀 𝘁𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗼𝗷𝗲𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿𝘀, 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝗼𝗻 𝗮 𝗹𝗲 𝗰œ𝘂𝗿 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹. »
À ceux qui travaillent aujourd’hui sans être encore visibles, elle adresse un conseil qui ressemble finalement beaucoup à son propre parcours :
« 𝗖𝗼𝗻𝘁𝗶𝗻𝘂𝗲. 𝗗𝗶𝗲𝘂 𝗲𝘁 𝗹𝗲 𝘁𝗿𝗮𝘃𝗮𝗶𝗹 𝗻𝗲 𝘁𝗿𝗮𝗵𝗶𝘀𝘀𝗲𝗻𝘁 𝗽𝗮𝘀. 𝗟𝗲 𝗷𝗼𝘂𝗿 𝗼𝘂̀ 𝗹𝗮 𝗹𝘂𝗺𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝘃𝗶𝗲𝗻𝗱𝗿𝗮, 𝘁𝘂 𝘀𝗲𝗿𝗮𝘀 𝗽𝗿𝗲̂𝘁𝗲. 𝗡𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗽𝗮𝘀 𝗮𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝗹𝗮 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗯𝗶𝗹𝗶𝘁𝗲́, 𝗰𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗮𝗽𝗿𝗲̀𝘀 𝗹’𝗲𝘅𝗰𝗲𝗹𝗹𝗲𝗻𝗰𝗲. »
Puis elle résume sa leçon de vie en quatre mots :
« 𝗥𝗮𝗰𝗶𝗻𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗹𝗶𝗱𝗲𝘀, 𝗿𝗲̂𝘃𝗲𝘀 𝗴𝗿𝗮𝗻𝗱𝘀. »
Des racines à Bamako :
Au Sénégal, au Maroc, en Algérie, en Espagne, en France et aujourd’hui à Dubaï.
Et c’est ça Briller en silence, c’est continuer à avancer même quand personne ne regarde !
✍️ Alpha Mukulu
Journaliste & CEO de Briller en Silence - Média