11/08/2026
🇨🇲🔵Cameroun : Faux décret présidentiel : Johann Sitchom placé sous les verrous à Kondengui.............
L’affaire des faux décrets présidentiels connaît un nouveau rebond judiciaire. Johann Sitchom, accusé d’avoir tenté d’introduire à la CRTV des documents apocryphes attribués au chef de l’État, a été transféré à la prison centrale de Kondengui, à Yaoundé. Une incarcération qui intervient au terme de plusieurs semaines d’investigations menées par les services de sécurité.
Le 12 juin dernier, le jeune homme s’était présenté au siège de la télévision publique avec une enveloppe scellée contenant deux prétendus décrets signés Paul Biya. Le premier actait sa propre nomination à la vice-présidence de la République, le second annonçait la formation d’un nouveau gouvernement. Mais les documents, examinés avec attention par la direction de la CRTV, n’ont jamais franchi le seuil de l’antenne : des incohérences dans la forme et le fond ont rapidement éveillé les soupçons.
Interpellé peu après, Johann Sitchom a été longuement entendu par les enquêteurs. Son déferrement à Kondengui marque une étape clé dans une procédure qui ne se limite plus à un simple acte isolé. Les autorités cherchent désormais à identifier d’éventuels commanditaires, ainsi que le ou les circuits ayant permis l’élaboration et la circulation de ces faux documents officiels.
Si le suspect, selon certaines sources proches du dossier, aurait évoqué des motifs d’ordre spirituel pour justifier son geste, les enquêteurs privilégient une lecture plus politique de l’affaire. L’hypothèse d’une manœuvre visant à déstabiliser l’appareil d’État, ou à tester les réactions au sein des institutions, est aujourd’hui sérieusement envisagée.
Par ailleurs, le nom d’un haut responsable de la présidence aurait été mentionné dans l’une des versions du faux décret, sans que son implication ne soit à ce stade établie. L’intéressé dément toute participation et dénonce une instrumentalisation dans un contexte de fortes rivalités autour de la succession présidentielle.
Cette affaire, au-delà de son aspect judiciaire, révèle les fragilités d’un système politique camerounais en proie à des tensions latentes. Elle interroge également sur la porosité des circuits administratifs et la capacité des institutions à résister à des tentatives de subversion interne.
En attendant la suite des investigations, Johann Sitchom devra répondre de ses actes devant la justice, depuis une prison centrale de Kondengui régulièrement pointée du doigt pour ses conditions de détention précaires. Le dossier, lui, pourrait encore réserver des surprises, tant les zones d’ombre demeurent nombreuses.
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