18/09/2026
60 secondes. C'est tout ce qu'il avait, avant qu'un client hésitant ne referme la conversation pour de bon. Il ne le savait pas encore.
Un vendeur de sacs à main recevait, presque chaque jour, le même type de premier message : "bonjour, c'est disponible ?" Il répondait toujours vite, fier de sa rapidité, avec un simple "oui, disponible."
Le client, dans la majorité des cas, redemandait le prix. Puis la taille, ou la couleur. Puis la livraison. Chaque question ajoutait un aller-retour, chaque aller-retour ajoutait une minute d'attente, une minute pendant laquelle le client, occupé, distrait, pouvait tout simplement passer à autre chose sans y revenir.
Il n'avait jamais mesuré combien de conversations s'arrêtaient précisément après la deuxième ou troisième question, jusqu'à ce qu'un ami lui fasse remarquer une chose simple : les 60 premières secondes d'une conversation décident souvent de tout le reste, avant même que le client ait eu le temps de vraiment réfléchir au produit.
Il a commencé à répondre différemment au tout premier message : disponibilité, prix, et délai de livraison, donnés d'un seul coup, sans attendre qu'on les lui demande un par un. "Bonjour ! Oui, disponible en noir et marron, 12 000 francs, livraison à Douala en 24h, 1500 francs."
Les clients n'avaient plus besoin de lui arracher l'information question après question. Ceux qui avaient encore quelque chose à demander posaient, dès lors, une vraie question — pas "c'est combien", mais "vous avez d'autres modèles" — un signe, souvent, qu'ils étaient déjà bien plus proches d'acheter qu'avant.
La prochaine fois qu'on t'écrit "c'est disponible ?", réponds avec tout d'un coup — disponibilité, prix, livraison — avant même qu'on te le demande. Reviens dire ici si la conversation est allée plus vite.