20/10/2025
𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐨𝐭𝐬 𝐝𝐞𝐯𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐦𝐮𝐫𝐬
J’observe avec tristesse que ce qui déchire le plus notre pays, ce ne sont ni les armes ni les frontières, mais les mots. Des mots devenus des projectiles, des injures qui blessent plus profondément que les balles. Nous avons transformé le débat d’idées en champ de bataille des égos, et le mépris de l’autre en preuve d’intelligence.
Pourtant, il suffirait d’un souffle de sagesse pour comprendre que la grandeur d’une nation ne se bâtit pas sur les ruines du respect. Si nos débats politiques et sociaux se limitaient à une guerre d’idées pertinentes, alors l’unité nationale — ce vieux rêve que tant de générations ont invoqué — pourrait enfin devenir réalité.
Mais hélas, les enfants d’un même sol s’accusent, s’insultent et s’humilient. Certains groupes profèrent des menaces contre les Bamiléké, parfois insultés comme "sales porcs" ; les Bamilékés à leur tour qualifient d’autres ethnies du sud de "Nkoua", terme souvent péjoratif. l’Anglophone est traité de bête, le Nordiste de mouton… et chacun, aveuglé par son orgueil, s’imagine supérieur à l’autre. Ces divisions, issues de tensions historiques et coloniales, minent la cohésion nationale du Cameroun, menaçant l’unité d’un peuple riche de sa diversité.
Le Cameroun n’a pas besoin de nouveaux discours : il a besoin d’un nouveau regard. D’un peuple qui choisit la dignité du dialogue plutôt que la violence du verbe. Si seulement nous apprenions à respecter l’humain avant de défendre nos intérêts égoïstes, alors, oui, ce pays se relèvera.
Et ce jour-là, le Cameroun ne sera plus un territoire déchiré par les mots, mais un peuple debout, conscient que l’unité n’est pas un slogan — c’est une œuvre de l’esprit.
Mimbé N.T