25/05/2026
Sur le terrain, le chantier refuse de mourir. Malgré le non-paiement de plusieurs décomptes financiers, l'entreprise Xinjiang Communications Construction Group maintient une activité minimale. À la base technique de Maga, la centrale est installée, le stockage des granulats se poursuit et les ouvriers s'activent à la préfabrication des caniveaux et des dallettes pour piétons. Techniquement, le projet affiche de belles promesses : les terrassements sont exécutés à 58,05 % et les travaux de chaussée engagés frôlent les 50 %. Mais sur l'axe principal, le manque d'argent paralyse la construction des ouvrages hydrauliques indispensables. La volonté technique est là, mais le moteur financier est bridé.
Ce coup de frein brutal n'est pas dû à une défaillance technique, mais à un imbroglio financier international. Le projet subit de plein fouet les conséquences de la clôture de l'accord de prêt du Projet d’appui au secteur des transports-2. Pour sortir de cette impasse qui asphyxie l'entreprise, des concertations de haut niveau sont actuellement menées avec les bailleurs de fonds. L'objectif est clair : restructurer les lignes de crédit pour débloquer en urgence les paiements en souffrance et relancer pleinement les machines.
L'enjeu dépasse de loin le simple bitume. Ce tronçon fait partie intégrante d'un vaste programme de 63,16 km visant à désenclaver les départements du Diamaré et du Mayo Danay. Il s'articule autour de deux lots : le premier reliant Bogo à Guirvidig (32,86 km avec l'aménagement des voiries de Bogo et Maroua) et le second reliant Guirvidig à Pouss (30,86 km avec les voiries de Maga et Guirvidig). La zone de Pouss est un bassin économique hautement stratégique pour le commerce du riz et de la pêche. Finaliser cet itinéraire est une urgence absolue pour l'économie de toute la région de l'Extrême-Nord.
Les négociations en cours parviendront-elles à injecter l'argent à temps avant que la grande saison des pluies ne vienne définitivement embourber le chantier ? L'avenir économique de milliers de commerçants et de transporteurs de la région en dépend.
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