04/02/2026
Dans un communiqué publié le 30 janvier dernier, le ministère des Finances a annoncé la réussite d’une levée de fonds sur les marchés financiers internationaux d’un montant de 750 millions de FCFA. Cette enveloppe devrait permettre à l’État camerounais, entre autres, d’atténuer les tensions de trésorerie et de couvrir certains besoins de financement.
Si la sursouscription à cet Eurobond a été présentée comme un succès par certains observateurs, traduisant la confiance des marchés financiers, les conditions de l’opération ont néanmoins suscité une relative controverse au sein de la communauté économique et financière.
En effet, le coupon de 10,125 % (7,79 % après swap) est jugé élevé, en dépit du recours à un swap de devises, produit dérivé ayant permis de couvrir le risque de change, en tirant avantage de la parité fixe entre le XAF (FCFA) et l’EUR (euro). Pour certains experts, cette situation mettrait en lumière la perception du risque associé à la signature camerounaise, affectée par un niveau de risque pays élevé et par les difficultés persistantes dans la mise en œuvre de diverses réformes structurelles.
Le cas camerounais semble toutefois ne pas être une singularité. L’historique récent des émissions d’obligations internationales des pays d’Afrique subsaharienne fait état de rendements élevés, généralement supérieurs à 5 %.
En 2024, le Nigeria avait ainsi levé environ 2,2 milliards de dollars, assortis de rendements de 10,125 % et 10,675 %, avant de mobiliser plus récemment, en novembre 2025, 2,35 milliards de dollars à des rendements de 8,63 % et 9,13 %.
Dans la zone franc CFA, la Côte d’Ivoire avait levé, en janvier 2024, 2,61 milliards de dollars à un taux de 6,61 %, puis 1,75 milliard de dollars à 8,4 % en 2025 (6,45 % après swap).