01/09/2026
[...] « Allons, ressers-moi un jaune, j'ai la vue qui se trouble », me dit mon ami et voisin. « Tu as vu quelque chose passer très vite sur le mur ? »
Du plus soudainement possible dans l'histoire de la soudaineté, l'ombre est là, aux aguets, tout près du lampadaire communal. C'est le gecko tarente de Maurétanie (Tarentola mauritanica). Le lampadaire attire les insectes, la tarente attend les insectes. Pour la tarente, c'est buffet all inclusive toute la belle saison !
Elle est protégée, comme la quasi-totalité des amphibiens et des reptiles de France. On compte trois espèces de geckos en France métropolitaine. La tarente de Maurétanie, ou tarente commune, la plus grande, reconnaissable aux gros tubercules « épineux » de sa peau, et de coloration jaunâtre. L'hémidactyle verruqueux, ou gecko turc (Hemidactylus turcicus), plus petit, gris rosé un peu violacé. Et le phyllodactyle d'Europe (Euleptes europaea), présent en Corse et sur ses îlots, dans les îles de Marseille, les îles d'Hyères et les îles de Lérins, avec quelques rares populations continentales dans les Alpes-Maritimes.
Cette dernière espèce est la plus petite, la plus discrète et la plus difficile à observer. Elle fréquente rarement les abords des habitations, où elle entrerait en compétition avec les deux autres, et préfère les milieux rocheux sauvages.
À noter que notre tarente a tendance à remonter le pays, profitant du réchauffement, des transports de marchandises et de l’implantation et acclimatation d'oliviers de plus en plus vers le nord.
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La chronique naturaliste signe la rentrée des rubriques dans Cévennes Inside, édition du 1er septembre. Texte et image : -Yves Vaucher, photographies de mes passions.