25/04/2024
Jadis enfant battu, vous voilà devenu parent à craindre de fracasser, à votre tour, votre gosse... Un héritage qu'on ne peut refuser ?
L'association STOP VEO Enfance sans violences - La page a répondu à cette question avec l'aide de Publicis Media et d'un spot coup de poing (ah ah).
TW Violences familiales, vous serez prévenus.
Pendant 2 minutes 47, Publicis nous parle d'une "main héritée de son père et de son père avant lui". Une sorte de difformité grotesque qui fait peur, qui semble maladroite, qui semble lourde et dangereuse. Oppressante.
La question de l'héritage est plus que pertinente, car oui, il y a bien un effet de transmission des violences. Et, comme le dit parfaitement le spot : on peut refuser un héritage.
L'idée de proposer une main difforme est excellente narrativement. On comprend immédiatement l'aspect contre-nature, dangereux, la notion "d'excroissance cancérigène" (avec toute la sémantique de la maladie, de la déformation anormale, etc.).
Cependant, je déplore, vraiment, que ce spot se concentre sur les hommes.
Il s'agit d'un père qui a été battu par son père, qui craint de battre son enfant à son tour.
Pour le coup, j'ignore vraiment quels sont les chiffres à ce sujet, mais je sais que pour ma part, non seulement les deux me frappaient, mais ma mère y mettait une application quotidienne... Ce qui m'a conduit, lorsque mon fils est né, à me retrouver dans la situation montrée dans le spot : à avoir peur de moi-même.
Le spot m'a personnellement touchée. Je n'ai pas besoin que ça soit spécifiquement une femme pour que je puisse m'identifier. Cependant, j'insiste : il serait de bon ton de rappeler que les violences familiales faites aux enfants ne sont pas si genrées que ça... Surtout lorsqu'on considère le nombre de mères seules ou délaissées au quotidien.
Quoi qu'il en soit, je pense que c'est un spot efficace, mais qui aurait mérité d'aller plus loin.
Nul doute que si on nous avait montré une mère giflant son enfant ça aurait davantage choqué, mais... n'est-ce pas le but ?
7/10 pour ma part.
L’une des principales raisons de la difficile remise en cause de la violence faite aux enfants, dans le cadre de l’éducation, est la transmission de celle-ci...