22/08/2026
Le mouvement
En faisant du tri dans mes vieilles photos de famille, j'ai découvert à quel point mon rapport au mouvement avait changé à l'adolescence.
Quand j'étais enfant (image 1 & 2 — à 14 et 7 ans), je courrais pieds nus sur les graviers, je grimpais aux arbres, je jouais au gendarme & au voleur, à Un, deux, trois, soleil — j’étais fine, musclée, vive, sportive, souple, rieuse et joyeuse.
A l'adolescence (image 3 — à 17 ans) mon visage s’est figé— & même mes gestes. J’étais physiquement pétrifiée. Et, alors que je me tenais très droite avant, ma nuque s’est courbée, comme si me mettre en boule allait me protéger du monde. J’ai eu soudain honte de mon corps — & pas seulement à cause de l’arrivée tardive de la puberté. Ce nouveau corps de jeune fille m’embarrassait. Il s’était différencié de celui de mes frères. J’aurais voulu que rien ne change et que l’enfance dure l’éternité.