07/09/2022
RÉDACTION
Bientôt, si l’intéressée nous y autorise 🤞, nous vous montrerons la page À PROPOS que nous avons rédigée pour son site.
D’ici là, et même si ça n’a rien à voir, vous trouverez ci-dessous un petit truc écrit avec LES MAINS SUR LA TABLE et destiné à vous donner envie de lire le livre dont il est question à la fin de ce texte…
🌼En 84 j’avais 16 ans.
Le Sida était déjà là mais il était loin, à New York, à Paris ou à la télé mais pas à Nice. Et puis un soir, une copine après m’avoir fait jurer que je ne le répèterais à personne, m’a confié qu’une de ses amies était séropositive.
Elle m’a balancé ça comme on refile une patate chaude.
Fin de la récréation.
Je me souviens de tous ces trucs débiles qui nous passaient par la tête quand on parlait du SIDA entre nous.
Une copine bien meilleure que moi en sciences (il n’en fallait pas beaucoup), m’avait convaincue qu’on pouvait le choper en moins de deux.
« Par exemple, au restaurant, si le cuistot est séropositif, qu’il se tranche un doigt au dessus de ton assiette et que toi t’as un aphte, t’es foutue. Ou alors, imagine qu’un « sidéen » (terme employé par la copine érudite) te fasse une bise un peu baveuse sur la joue, pile là où t’as un bouton, ben tu peux le choper aussi».
En revanche, toujours selon notre spécialiste locale, la bonne nouvelle était que le virus ne survivait pas plus de deux heures à l’air libre. Bien sûr, dans le scénario de la bise, ça ne changeait rien mais en revanche, dans le cas du resto il suffisait d’attendre deux heures avant de commencer son plat.
Dans ma famille aussi, chacun y allait de sa petite analyse pertinente sur le sujet.
Certains, pourtant ni croyants, ni fidèles, affirmaient solenellement que le SIDA était une sanction divine parce qu’on avait « trop déconné avec le sexe ». D’autres, moins nerveux, regrettaient l’époque où on se mariait vierge. J’avoue n’avoir jamais compris le rapport…
C’est dingue la quantité de conneries qu’on peut dire, faire ou croire quand on a peur.
Il me reste encore quelques pages avant de terminer LES ENFANTS ENDORMIS mais rien ne presse. Au contraire, je prends mon temps. C’est dur, factuel, sincère, touchant, pudique et minutieux. Un livre d’Histoire.
La première fois que j’ai entendu parler d’Anthony Passeron, c’était sur France Inter. J’avais compris qu’avec son livre il nous replongeait dans cette époque mais j’avais surtout retenu que l’histoire se passait ici, chez nous, dans l’arrière pays niçois.
C’est ça qui m’a donné envie de le lire, cette certitude que j’y retrouverais des bouts de mon histoire.
Parce quil faut bien l’avouer, rien ne nous parle plus que ce qui nous parle de nous🌼