26/01/2026
2/3 – De l’ADN de Gillen aux premières pistes graphiques
Créer l’identité visuelle d’un apiculteur, ce n’est pas seulement dessiner un logo ou choisir une typographie.
C’est avant tout traduire une relation intime au vivant, à un territoire, à un métier exercé avec patience, observation et humilité.
Après nos premiers échanges, j’ai ressenti le besoin de ralentir. De prendre le temps de comprendre ce qui relie profondément Gillen à son métier. Son rapport à la nature, aux paysages basques, aux plantes, aux saisons… mais aussi à son histoire familiale.
Gillen m’a parlé de son père et de l’hydromel. De cette boisson ancienne où se mêlent le miel, le temps long et la fermentation. De gestes observés, transmis, parfois mis de côté puis retrouvés. Chez lui, l’apiculture n’est pas une simple production. C’est une continuité. Une manière d’habiter un territoire.
De mon côté, j’ai entamé un vrai travail de recherche documentaire. J’ai exploré l’univers des motifs basques, leur symbolique et leur construction graphique. Rosaces, stèles discoïdales, formes végétales stylisées, arabesques… Ces motifs racontent une relation ancienne entre l’homme, la nature et le sacré. Pour nourrir cette réflexion, je me suis notamment appuyé sur le livre Motifs basques de David Bexindeïa, une ressource précieuse pour comprendre la richesse et la rigueur de ce langage visuel.
J’ai également travaillé sur les typographies basques. Leur structure, leur rapport à la pierre, à l’écriture lapidaire, à la transmission. Des lettres construites, équilibrées, souvent ancrées dans une géométrie simple mais puissante. Cette recherche a joué un rôle central dans les premières pistes graphiques visibles dans le moodboard.
En parallèle, j’ai observé ce qui se faisait dans l’univers graphique de l’apiculture. Beaucoup de codes reviennent, parfois trop. Cela m’a conforté dans l’idée d’éviter une imagerie attendue, tout en ouvrant une autre voie : celle d’une abeille plus expressive, presque comme une mascotte. Une figure vivante, capable d’accompagner le discours pédagogique de Gillen, lui qui aime transmettre, expliquer et partager.
C’est ainsi qu’est né ce premier moodboard. Non pas comme une réponse figée, mais comme un espace de dialogue. Un terrain d’exploration entre tradition et interprétation contemporaine. Entre sensibilité, observation du vivant et formes graphiques.
Quand Gillen a découvert ces premières pistes, il s’y est reconnu immédiatement. Non pas dans un style imposé, mais dans une intention. Une manière de raconter son histoire sans la dénaturer.
À suivre — 3/3 : du moodboard à l’identité visuelle d’Eztimaya