13/03/2024
Quartier libre
Alors voilà , il y a quelques temps, je me suis dit que je pourrai écrire sur les réseaux, partager mes carnets que je noircis pour échanger avec vous. Pour tout avouer, cela me trottait dans la tête depuis longtemps. Après tout, rien ni personne ne m’en empêche : je suis libre. Libre de raconter ce que je veux, quand je veux, à qui je veux.
Nous avons cette chance, dans notre pays, une chance que j’oublie trop souvent en la prenant pour acquise : celle de pouvoir nous exprimer librement.
C’est une drôle de chose que cette liberté. Elle nous est offerte, s’étend à l’infini face à nous, en nous, tel un champ vierge qui ne demande qu’à prendre vie, un champ libre qui procure autant de joie que de vertige. Car à peine surgit-il, qu’aussitôt des barrières s’érigent et viennent l’entacher. Des freins, ancrés en nous et propres à chacun, que nous trainons depuis l’enfance, l’adolescence.
La peur de mal faire, celle jugement d’autrui, ou celle de ne pas être légitime.
À bien y réfléchir, on s’en fout un peu, sur les réseaux sociaux, de cette légitimité. Tout le monde se l’octroie, donne son avis sur n’importe quoi et devient spécialiste de tout.
Le regard des autres, à mon âge, on parvient à le dépasser, ou à peu près.
Mais il en reste un qui subsiste, plus tenace, plus puissant : le nôtre. Cet œil qui nous juge et nous empêche, il ne s’agit pas de l’autre mais bien du nôtre.
Alors à nous de nous autoriser à , à nous de tomber nos barrières et de lâcher nos freins pour nous laisser goûter, enfin, à notre quartier libre.