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Entre mémoire, modernité et mise en scène... On est là. Dans le noir. Encore. La coupure quotidienne nous rappelle qu’on...
29/03/2026

Entre mémoire, modernité et mise en scène...

On est là. Dans le noir. Encore. La coupure quotidienne nous rappelle qu’on vit au présent… mais aussi dans un passé qui ne passe pas. Et pendant ce temps, à New York, on vote des résolutions historiques. Le 25 mars, l’ONU découvre enfin que la traite négrière est le plus grand crime contre l’humanité. Mieux vaut t**d que jamais, dit-on. Mais quand même. Ce qui intrigue, ce ne sont pas les 123 voix pour. Non. Ce sont les trois contre. Argentine, États-Unis, Israël. Quelle surprise… Et puis cette idée étrange : ce sont les héritiers des systèmes qui jugent les systèmes. Comme si le jury et l’accusé partageaient la même table. On parle de mémoire, de réconciliation, d’avenir. Et surtout, on insiste : ce n’est pas une vengeance. Ce n’est pas une hiérarchie des crimes. Ce n’est pas un procès t**dif. C’est une reconnaissance. Une mise à plat. Une manière de compléter l’histoire sans la maquiller. Mais justement. Si ce n’est pas une vengeance, pourquoi certains ont-ils encore peur de regarder l’histoire en face ? Parce que reconnaître, ce n’est pas punir. C’est admettre. Et ça, visiblement, c’est encore trop demandé.

Pendant ce temps-là, chez nous, on digitalise. Le permis de conduire devient intelligent. QR code. Puce NFC. Technologie de pointe. Le futur est là. Enfin presque. Parce que le futur a un prix. 10 000 FCFA pour conduire une voiture. 20 000 pour le reste. Et là, bizarrement, la modernité devient un peu moins séduisante. On nous dit que c’est pour lutter contre la fraude. Très bien. Mais qui lutte contre le portefeuille du citoyen ? Toujours le même scénario. L’État innove, le citoyen paie. Et en plus, il doit se dépêcher. Six mois. Pas un de plus. Sinon quoi ? Ce n’est plus une réforme, c’est une course contre la montre… avec ticket d’entrée obligatoire.

Et puis il y a le théâtre. Le grand théâtre politique. Journée de l’enseignant. Décor solennel. Discours appuyé. Et soudain, miracle : les vacations seront payées. Les bourses aussi. Comme ça. D’un coup. Presque par magie. “J’irai même plus loin”, dit le président. Comme dans une série bien écrite. Suspense. Rebondissement. Applaudissements attendus. Sauf que personne n’est dupe. Ce n’est pas une improvisation. C’est un calendrier. Un timing. Une mise en scène. On transforme des obligations en cadeaux. On emballe des ret**ds comme des surprises. Et après, on s’étonne que les gens grincent des dents. Mais bon. Apparemment, ici, être lucide, c’est déjà être ingrat.

Avec tout ce qui se passe dans le monde, les rapports internationaux se redessinent sous nos yeux. Nous vivons une époque qui se veut progressiste, une époque de grands discours et de nouveaux combats idéologiques. Mais pour espérer jouer un rôle dans le concert des nations, il faut d’abord se regarder en face. Se corriger. Se moderniser vraiment, pas seulement en façade. Parce que si chaque avancée se transforme en facture pour le citoyen, si chaque ret**d devient une occasion de lui faire payer l’addition, alors on tourne en rond. Et si, en plus, on se laisse emporter par le théâtre politique, par les effets d’annonce et les calculs bien huilés, on finit par confondre progrès et mise en scène. Il est temps d’élever le niveau. D’exiger mieux. Et surtout de penser par nous-mêmes. Parce qu’au fond, un peuple qui ne questionne pas ce qui est fait en son nom finit toujours par en subir les conséquences sans jamais en comprendre le sens, et comme le disait Hannah Arendt, « penser, c’est déjà résister ».

Ce que la chute des jeunes dit de nous...Je vous ai manqué, je sais. La vie m’a retenu ailleurs. Elle a cette fâcheuse h...
22/03/2026

Ce que la chute des jeunes dit de nous...

Je vous ai manqué, je sais. La vie m’a retenu ailleurs. Elle a cette fâcheuse habitude de rappeler à chacun qu’on n’est pas le personnage principal. Mais pendant que je réglais mes petits chaos personnels, le pays, lui, en vivait un bien plus grand. Depuis la tragédie du Esther Miracle, je ne me souviens pas d’un événement qui ait autant secoué les consciences. Et pourtant, ce drame est venu nous rappeler la fragilité de tout ça. Un élève qui se jette d’une passerelle. Je ne vais pas revenir sur les faits. Ce qui m’intéresse, c’est ce qui suit toujours : le grand défilé des opinions.

D’un côté, les empathiques. Ceux qui murmurent “paix à son âme” et qui préfèrent se taire, parce que juger, c’est facile, comprendre, beaucoup moins. De l’autre, les cartésiens autoproclamés. Ceux qui expliquent, avec assurance, que ce geste est absurde, presque offensant pour les vivants. Et au milieu, une troisième catégorie, plus moderne : les humoristes numériques, capables de transformer une tragédie en contenu partageable. Au fond, peu importe le camp qu’on choisit, ça dit quelque chose de nous. De notre rapport à la douleur, à l’autre, à nous-mêmes. Et parfois, ce reflet n’est pas très flatteur.

Puis arrivent les anciens. Toujours ponctuels quand il s’agit de distribuer des leçons. “La jeunesse se perd”, “les jeunes sont faibles”, “de notre temps…”. Leur spécialité, c’est la nostalgie sélective. Ils oublient juste de préciser que cette jeunesse, c’est eux qui l’ont encadrée. Ou plutôt, qui ne l’ont pas encadrée. Mais c’est plus simple d’accuser que de se remettre en question. Dix jours plus t**d, un autre jeune tente le même geste. Cette fois, il est sauvé. Mais le message est le même : ce n’est pas un accident isolé, c’est un symptôme. Celui d’un malaise profond, entre infrastructures défaillantes et détresse silencieuse.

Et puis arrive le classement du bonheur. Le World Happiness Report, publié tranquillement le 20 mars. Le Gabon, 96e mondial, mais quand même 6e en Afrique. Donc tout va bien, on est dans la moyenne du bonheur disponible. Le classement prend en compte plein de choses sérieuses : revenu, soutien social, liberté, corruption. Mais visiblement, il y a aussi un indicateur invisible : notre capacité à sourire malgré tout. Peut-être grâce à la Ntcham, peut-être grâce à “Entre nous Bar”. On peut prendre ce classement au sérieux, ou pas. Mais il nous rappelle une chose simple : il y a des pays plus heureux que nous, et d’autres moins. Reste à savoir si nous, on veut vraiment aller vers le bonheur… ou juste apprendre à vivre avec son absence.

La tragédie du 9 mars 2026 résonne étrangement avec celle d’Esther Miracle, survenue un même 9 mars, trois ans plus tôt. Comme si certaines dates s’acharnaient à nous rappeler ce que l’on refuse de regarder en face. Les études le disent clairement : les jeunes d’aujourd’hui sont plus anxieux, plus stressés, pour des raisons multiples. Et pourtant, ceux qui pourraient les accompagner sont presque inexistants dans notre pays. Aucun pédopsychiatre au Gabon, très peu de psychiatres, encore moins de psychologues. Dans un pays où la santé mentale reste une idée floue, presque une invention. Mais au lieu de s’interroger sérieusement sur comment aider cette jeunesse, on a préféré s’enfermer dans des logiques de pouvoir, dans une gérontocratie qui se croit éternelle. Comme si le temps ne passait pas. Comme si les conséquences n’existaient pas. Pourtant, ignorer une génération n’a jamais empêché son malaise d’exister. Car au fond, une société ne meurt pas le jour où ses jeunes chutent, mais le jour où elle cesse de vouloir les relever.

Poussée d’Archimède au pays des maquettes... La semaine passée j’étais absent. J’étais malade, je ne vous cache pas. Mêm...
08/03/2026

Poussée d’Archimède au pays des maquettes...

La semaine passée j’étais absent. J’étais malade, je ne vous cache pas. Même les meilleurs tombent. Je me suis donc reposé. Après tout, même le Seigneur lui-même s’est reposé le 7ème jour. Bref, c’est la Journée internationale des droits des femmes. Je ne sais jamais trop ce qu’il faut dire. Les femmes se souhaitent “bonne fête” entre elles, donc je suppose que c’est la formule officielle. Bonne fête mesdames. Et comme disait le poète : “Vous êtes nos mères, vous êtes nos sœurs, vous êtes caissières, vous êtes docteurs. Vous êtes nos filles et puis nos femmes, nous, on vacille pour votre flamme”.

Cela étant dit, le prési a débloqué une nouvelle réf : la poussée d’Archimède. Franchement, je pense que c’est déjà une grande classique nationale. J’hésite entre ça et l’explication selon laquelle il n’y a pas de réseau parce que les Gabonais ont deux téléphones. En tout cas le prési était fâché. Il a encore crié sur les dirigeants de la SEEG et ceux de SUEZ. Je ne sais pas si c’était pour les caméras, mais j’espère que non. Parce que si le président vous demande pourquoi il n’y a pas d’eau et que vous répondez “la poussée d’Archimède”, c’est qu’il y a un problème. À mon avis, certaines personnes devraient méditer sur la physique… depuis une cellule. Mais au fond, cette boutade confirme ce que tout le monde sait déjà : l’incompétence notoire de la SEEG.

Mais assez parlé de la SEEG. Parlons musique. Saviez-vous que le Gabon possède une école de musique de renommée internationale ? L’African Music Institute, construit à la Sablière. Sur le papier, c’est magnifique. Dans la vraie vie, c’était surtout pour les enfants des riches. Tu me vois moi, Makaya, aller au cours de violoncelle le mardi et piscine le mercredi ? Sia. L’école devait être un tremplin pour les amoureux du son. Un projet pionnier pour toute la sous-région. Sauf qu’il y a un détail : l’école devait ouvrir en 2018. Elle n’a jamais ouvert. Aujourd’hui les bâtiments sont à l’abandon. Cela rappelle un peu l’université d’Oyem. On a vu la maquette, la cérémonie, les discours… mais jamais l’université. Comme quoi, au pays des maquettes, la première pierre est souvent la dernière.

Et puisqu’on parle d’école, il y a quand même une bonne nouvelle. Les étudiants gabonais sont désormais éligibles aux bourses BCDI 2030. Le programme canadien a confirmé que le Gabon fait partie des 26 pays bénéficiaires. Un projet ambitieux, doté de 80 millions de dollars canadiens pour la formation aux standards internationaux. Le problème, c’est qu’on ne peut pas candidater directement. Non. Les candidatures individuelles ne sont pas admises. Il faut passer par des partenariats entre universités gabonaises et canadiennes. Donc les étudiants doivent aller voir leurs facultés et espérer qu’un accord existe. Mais bon, on ne va pas se plaindre. Au Gabon, quand une bourse existe vraiment, c’est déjà une performance. Et disons que ça fait au moins une alternative aux aventures administratives de l’ANBG.

Au fond, le problème de la SEEG nous demandera encore des années de courage. Mais après tout, les Gabonais ont toujours su tenir bon. Soyons donc forts et résilients, comme à notre habitude. Le courage ne sert pas seulement à attendre que l’eau revienne au robinet. Il sert aussi à transformer ce qui ne fonctionne plus. Dans l’eau et l’énergie, dans l’éducation, dans les droits civiques. C’est à ce prix que nous sortirons enfin de la sclérose séculaire qui nous mine. Car au bout du compte, les nations ne changent pas en un jour : elles changent le jour où leurs citoyens refusent de rester immobiles...

109 cerveaux et zéro réseau : l’absurdité en chiffres...Aujourd’hui j’ai envie de parler de moi, ou plutôt d’une de ces ...
22/02/2026

109 cerveaux et zéro réseau : l’absurdité en chiffres...

Aujourd’hui j’ai envie de parler de moi, ou plutôt d’une de ces réflexions qui germent dans ma tête quand je lis les journaux comme d’habitude, vous savez, ce rituel sacré où l’on s’informe pour ne surtout pas finir plus intelligent. Le 16 février, tranquille, café à la main, je tombe sur une statistique fabuleuse : selon l’International IQ Test 2026, le Gabon se hisse fièrement à la 132e place sur 137 pays, avec un QI moyen de 88,35. On pourrait penser que c’est honteux, mais non, car figurez-vous que seuls 109 personnes ont participé, c’est tout sauf représentatif. Le lendemain coup de tonnerre numérique, la Haute Autorité de la Communication (HAC) annonce la suspension jusqu’à nouvel ordre des réseaux sociaux sur tout le territoire national. Je ne dis pas que ceux qui ont passé le test de QI sont aussi ceux qui ont décidé à la HAC de suspendre les réseaux sociaux, mais le fait est qu’on ne les a jamais vu au même endroit au même moment…

On nous vante cette mesure comme si c’était une solution miracle contre le désordre social, sans jamais expliquer clairement pourquoi ni sur quelle base juridique elle repose, ni même préciser quels réseaux sont visés. Officiellement, on évoque des contenus « inappropriés » ou potentiellement conflictogènes, une formule aussi précise qu’un horoscope. Et pourtant, quand la porte-parole de la présidence vient à la télé, elle nous dit que ce ne serait que Meta qui est concerné parce qu’il aurait ignoré des « signalements ». Sauf que dans la réalité imprécise du blackout, Facebook, Instagram, WhatsApp, TikTok et YouTube étaient tous inaccessibles, transformant des millions de vies en quête désespérée de VPN.

Je ne vais même pas parler du discours d’annonce, il n’y a rien dedans, il est vide, c’est le désert communicationnel. Mais ce qui est vraiment croustillant, c’est que l’on nous parle de suspension généralisée sans jamais évoquer de cadre légal clair : pas de RGPD gabonais, pas de Digital Services Act, rien qui nous donne une vraie base pour comprendre ce qui a motivé cette décision. On dirait une pièce de théâtre sans scénariste, où chaque intervenant improvise en espérant que quelqu’un d’autre s’y retrouve. Et ça montre surtout une incapacité manifeste à réguler le numérique au Gabon, on brandit la régulation comme un sabre, mais sans jamais préciser de quoi est faite la lame.

Et parlons-en, de la logique appliquée : pourquoi donc seulement Meta ? Si la stratégie était vraiment de faire appliquer des règles, alors TikTok souvent accusé d’être le plus destructeur de la jeunesse aurait déjà eu droit à sa mise en scène réglementaire. Et X (l’ex-Twitter), eldorado des trolls et de la haine ? Non ? Parce que, manifestement, si d’autres réseaux avaient répondu à des « signalements », on l’aurait su depuis longtemps. Or ce n’est pas le cas et les usagers, eux, ont vite compris qu’ils étaient tous pris dans une suspension générale, qui prouve soit l’incompétence technique des autorités, soit leur habileté à minimiser une décision totalement saugrenue. Résultat : les VPN explosent, les données de NetBlocks montrent une envolée spectaculaire des usages pour contourner la censure et rester connectés, on parle d’une hausse de 25000%.

Et puis il y a cette intervention, ô combien mémorable, de Mélodie Samba, où elle a manié la condescendance comme d’autres manient un sabre de cérémonie : en mode paternaliste envers les Gabonais, avec une pincée de langue de bois et un soupçon de prise de hauteur. Certains ont critiqué son intervention comme étant nulle ; moi je dis non, elle a parlé comme une politicienne. Elle n’a pas expliqué, elle a obscurci ; elle n’a pas informé, elle a enseigné l’art du flou. Quand elle appelle à « sortir du cadre émotionnel », on se demande : de qui parle-t-elle ? De nous, ou de ce discours vide de sens qu’elle tente de défendre ? Et surtout, au nom de qui s’exprime-t-elle ? Car en théorie, la HAC est une autorité administrative indépendante. Dans les faits, cette ingérence exécutive met en lumière une relation si intime entre régulateur et exécutif qu’on pourrait la qualifier… d’“incestueuse”. Et c’est peut-être cela, le véritable drame dans toute cette histoire.

Au fond, vouloir réguler ce qui fait désormais partie intégrante de nos vies, ces plateformes numériques qui structurent nos échanges, nos débats et nos imaginaires, c’est tout à fait normal, et ces géants gagneraient à se conformer à nos sociétés comme ils le font ailleurs, avec des cadres clairs qui protègent à la fois nos libertés et notre cohésion sociale, mais encore faudrait-il qu’un tel cadre juridique existe chez nous, ce dont je doute fortement ; le problème vient bien de chez nous, et nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude, surtout quand on brandit des arrêtés vagues pour justifier des décisions aussi radicales que la suspension générale des réseaux sociaux par une autorité qui invoque la menace de conflits sociaux sans citer de base légale tangible et sans calendrier de rétablissement. Et qu’on ne se méprenne pas, l’enjeu de cette mascarade n’est pas la souveraineté numérique : que ce soit Mélodie Samba, Théophane Nzame-Nze Biyoghe ou le dernier technocrate en vogue, ils démontrent tous la toute-puissance d’un pouvoir qui était censé être limité et qui, derrière le vernis de la protection sociale, dévoile surtout sa peur de perdre le contrôle d’un récit qu’il n’a jamais su encadrer. Car au bout du compte, réguler sans règles, c’est gouverner avec des ombres, et comme disait un vieux philosophe dont j’ai oublié le nom : “Celui qui veut éteindre l’incendie avec des mains liées finit par brûler sa propre maison.”

Source: Germain Ngoyo Moussavou, président de la HAC et deux des porte-paroles de la présidence de la République en médaillon © Montage GMT

UA, SOGATRA : la souveraineté commence à l’arrêt de busCes derniers temps, l’actualité est relativement calme. Enfin… “c...
15/02/2026

UA, SOGATRA : la souveraineté commence à l’arrêt de bus

Ces derniers temps, l’actualité est relativement calme. Enfin… “calme”, façon de parler. Les mêmes problèmes, les mêmes galères, les mêmes promesses recyclées avec un nouvel emballage. Mais sur le papier, tout va bien. Le prési était à Addis-Abeba pour la 39ᵉ session ordinaire du Sommet de l’Union Africaine. Et là, accrochez-vous, bonne nouvelle : élu le 11 février 2026 lors de la 48ᵉ session du Conseil exécutif, le Gabon rejoint le Conseil de paix et de sécurité. Rien que le nom, ça sonne comme un film à gros budget. Conseil. Paix. Sécurité. On imagine déjà les grandes décisions, les arbitrages historiques, les réunions à huis clos avec des mines graves et des discours enflammés sur la souveraineté des États, la solidarité régionale et le règlement pacifique des différends. Le prési a même martelé que « l’Afrique ne peut plus être absente des centres de décision mondiale ; elle doit parler d’une seule voix et affirmer sa place dans la gouvernance internationale ». Martelé. Donc normalement, ça doit être solide.

Alors loin de moi l’idée de dire que l’Union Africaine est l’institution la plus inutile du monde. Je parle avec respect, toujours. Mais soyons sérieux deux minutes : vous avez déjà vu l’Union Africaine régler un conflit majeur en Afrique sans que ça finisse en mission d’observation, en communiqué ferme et en “vive préoccupation” ? On nous parle de souveraineté, d’indépendance stratégique, de voix commune… mais avec quel argent ? Une institution financée à plus de 60 % par des “partenaires internationaux”, l’UE, l’ONU et compagnie, qui veut nous expliquer comment affirmer son autonomie. Vous cotisez à peine un tiers du budget et vous voulez convaincre qu’on tient le volant ? On sait très bien comment ça marche : celui qui paie l’orchestre choisit la musique. C’est comme le grand philanthrope mondial qui décide quelles maladies méritent d’être combattues. Il peut financer des recherches ultra-pointues sur des pathologies rarissimes, pendant que le paludisme continue de tuer massivement sous nos latitudes. On peut lui dire quoi ? Rien. C’est son argent. Et l’Union Africaine, pour l’instant, c’est un peu ça : une grande salle de réunion où la souveraineté s’exprime sous condition budgétaire.


Et pendant qu’on parle de grandes orientations géopolitiques, revenons à quelque chose de plus concret : SOGATRA. Symbole de la gestion calamiteuse de l’ancien régime, nous dit-on. Là encore, bonne nouvelle : plus de 100 nouveaux bus pour renforcer la flotte. Restructuration, cartes d’abonnement, bornes de recharge, planification plus rigoureuse des lignes, traçabilité des recettes… Sur le papier, c’est une masterclass. On passe de l’informel au structuré, du bricolage à la rationalisation. On nous vend une révolution silencieuse du transport urbain. Franchement, si tout est appliqué comme annoncé, ça peut changer le quotidien de milliers de personnes. Et pour une fois, on a envie d’y croire. On se dit : voilà, on modernise, on organise, on professionnalise.

Sauf que… Forcément, on ne peut pas être intelligents jusqu’au bout. J’ai vu une image des bus stationnés au stade de l’Amitié, et j’espère sincèrement qu’elle a été générée par IA. Parce que quand je regarde ces bus, une question me vient : les parents avec une poussette, ils font comment ? Bon, vous me direz, ils soulèvent l’enfant. Très bien. Mais les personnes à mobilité réduite ? Une personne en fauteuil roulant, elle fait comment pour monter ? Elle ne fait pas. Elle reste en bas. Et c’est là que le progrès s’arrête net. Dans notre pays, les personnes handicapées sont toujours les oubliées de la République. On conçoit les politiques publiques comme si tout le monde marchait, courait, sautait de la même manière. Comme si la nation était un modèle unique, standard, sans diversité de corps ni de réalités. Et si je me trompe sur ces bus, qu’on me corrige. Mais si c’est vrai, alors on aura encore raté une occasion de prouver que moderniser, ce n’est pas seulement acheter du neuf, c’est penser à tout le monde.

Au final, les bails de l’UA… désolé, mais tant qu’on n’est pas capables de financer nous-mêmes une telle institution, j’y crois moyen. La souveraineté ne se proclame pas dans des discours martelés, elle se paie, elle s’assume et elle se construit dans l’unité réelle, pas symbolique. Nous ne parviendrons à affirmer notre pleine indépendance qu’à partir du moment où nous sortirons de la sclérose dans laquelle nous nous mouvons, en acceptant d’être véritablement unis et de nous battre les uns pour les autres, comme si le problème du voisin était le nôtre. Et que ce soit à l’UA ou au Gabon, l’inclusion doit prévaloir : on ne peut pas rêver de gouvernance mondiale en oubliant ceux qui ne peuvent même pas monter dans un bus. Chacun a une pierre à apporter à l’édifice, riche, pauvre, grand, petit, fort, faible, car la grandeur d’une nation ne se mesure pas à la puissance de ses discours, mais à sa capacité à n’abandonner personne sur le bord de la route…

Violence ordinaire et génie à l’envers..Vous les avez certainement vues passer cette semaine : des images d’une femme, l...
08/02/2026

Violence ordinaire et génie à l’envers..

Vous les avez certainement vues passer cette semaine : des images d’une femme, le corps couvert de bleus, de marques, de blessures qui racontent une histoire que personne n’a envie d’entendre. Une violence extrême, insoutenable à regarder, encore plus à imaginer. Je le précise d’emblée, parce qu’on vit à l’ère du tribunal populaire numérique : je ne sais pas d’où viennent ces images, qui les a publiées, ni même si elles sont authentiques. Mais si elles le sont, alors on parle d’un drame absolu. Et ce drame nous renvoie à une réalité que nous connaissons trop bien : en 2024 déjà, une enquête de l’ONG Aurore alertait sur l’augmentation inquiétante des violences faites aux femmes dans notre pays. Rien de nouveau sous le soleil, sauf que cette fois encore, l’indignation a été parasitée par le vacarme des commentaires les plus inutiles.

Parce qu’évidemment, face à un sujet aussi grave, certains ont estimé que c’était le moment idéal pour étaler leur bêtise. D’un côté, des hommes soudainement experts en relations toxiques qui demandent : « Mais comment vous faites pour rester avec des hommes qui vous battent ? » Comme si la peur, la dépendance, la manipulation et la violence psychologique se résumaient à un bouton “quitter la relation”. De l’autre, des femmes qui transforment la lutte contre les violences en concours de haine généralisée : « Encore une raison de détester les hommes », « Même s’il est 4h, appelez-moi pour faire du mal à un homme ». Voilà le niveau du débat public. Et attention, tout le monde n’est pas comme ça, heureusement. Mais comme on le sait, les tonneaux vides font toujours plus de bruit. Les intelligents doutent, les stupides assènent. Il serait peut-être temps de rappeler que les violences conjugales sont un sujet sérieux, complexe. Et si elle existe pour les femmes, la réciproque est certainement vraie. Parce que oui, la violence conjugale touche aussi les hommes, même si on préfère ne jamais en parler, toujours est-il que ce n’est pas un exutoire pour régler vos frustrations sentimentales passées: vos goumins.


Et puisqu’on parle de violence, parlons maintenant de la SEEG. Parce que oui, au Gabon, la violence peut aussi être hydraulique et électrique. Vous me connaissez, je ne suis d’aucun parti, d’aucun bord politique. Mais j’ai du mal à reprocher au pouvoir actuel une situation qui est le résultat de plus de soixante ans de mauvaise gestion, d’incompétence et de détournements en série. Après, soyons clairs : si vous gardez les mêmes incompétents que sous l’ancien régime, il ne faut pas s’étonner que rien ne change. Je ne sais pas si c’est le cas pour la SEEG aujourd’hui, mais je sais une chose : ce pays a un talent incroyable pour transformer chaque problème en sketch national.

Souvenez-vous de cette sortie géniale sur les plateaux télé : « Celui qui ne paiera pas la taxe d’habitation, la SEEG lui coupera le courant ». J’ai posé une question toute simple : donc si on paie la taxe, on n’aura jamais de coupure ? Réponse : que nenni. Payer et être dans le noir, c’est ça l’innovation gabonaise. Un foutage de gu**le étatique d’une constance admirable. Cela dit, il faut le reconnaître quand même : la Banque mondiale vient de décaisser 85 milliards de FCFA pour moderniser les services d’eau et d’électricité. Le projet PASBAP promet des infrastructures résilientes, une meilleure gouvernance, un accès élargi à l’eau et à l’électricité pour plus de 500 000 personnes, le tout avec une touche de développement durable et de faible émission carbone. Sur le papier, c’est magnifique. Dans la réalité gabonaise, on attend de voir si l’eau coulera avant la communication.


Je ne pouvais vraiment pas terminer cette chronique sans parler du ministère de l’Éducation nationale. Franchement, cette institution me fait honte. Je n’ose même pas dire qu’elle est ridicule, parce que votre pays est bizarre, mais je n’ai jamais vu ça de ma vie. Des photos et vidéos Facebook pour nous prouver que l’école a repris, des lives où l’on demande aux élèves la date du jour comme preuve de sérieux, des commentaires sur la page du Badecon en chef… Seigneur. Qui est le chargé de communication ? Un stagiaire en punition ? C’est une masterclass de ce qu’il ne faut jamais faire, un cas d’école qui devrait être enseigné dans toutes les écoles de cirque. Et pendant que le ministère joue à la bataille de l’information, on ne sait même pas contre qui, ce sont encore les enfants de Makaya qui paieront l’addition. Parce que leurs enfants à eux sont déjà bien au chaud, dans les lycées français ou à l’étranger.

Au fond, personne n’est à l’abri de la violence, qu’elle soit conjugale, étatique, politique ou sous toute autre forme, parce qu’elle traverse les époques et les statuts sans jamais demander la permission. Face à cela, il serait peut-être temps, ni coach, ni gourou, ni thérapeute, de commencer par montrer notre humanité avant d’exposer notre génie à l’envers sur les réseaux sociaux. Ce choix-là ne nous rendra que plus grands et ne pourra être que bénéfique pour les victimes. Car face à la violence, on ne peut espérer gagner qu’en s’unissant, puisque le fort d’aujourd’hui pourrait très bien devenir le faible de demain…

Robocop, les bénévoles et les gâteaux bédoumes...Franchement, je ne sais pas vous, mais moi je suis fatigué. Pas la fati...
01/02/2026

Robocop, les bénévoles et les gâteaux bédoumes...

Franchement, je ne sais pas vous, mais moi je suis fatigué. Pas la fatigue romantique du poète incompris, non : la vraie fatigue gabonaise, celle qui te tombe dessus dès que tu ouvres Facebook et que tu vois “communiqué officiel”, “commission”, “décision historique”, “tournant majeur”. Mais bon, je n’avais même pas envie d’écrire aujourd’hui… sauf que j’ai déjà mes fans qui attendent leur dose. Alors on va encore parler d’éducation, de grève, de dossiers, de gens qui travaillent mais qui vivent comme s’ils étaient en stage non rémunéré depuis l’époque des dinosaures.

Donc oui, le gouvernement a annoncé la régularisation de plus de 6 900 dossiers dès février 2026, avec la Commission tripartite et tout le folklore administratif : 328 sortants ENS/ENSET mis en solde, 692 sortants ENIL/ENIF en présalaire, 108 enseignants scientifiques intégrés, et surtout 1 810 “bénévoles” régularisés, comme si on parlait d’une association humanitaire et pas de l’Éducation nationale. Et là forcément sur le meta, ça s’est transformé en finale de CAN : les uns disent “vous exagérez, le président n’est pas un magicien, il ne peut pas tout régler en queques jours”, les autres répondent “vous êtes des kounabelistes”. Moi je suis d’accord avec les premiers : il n’est pas un dieu. Par contre, j’ai juste une question : si c’est “historique”, pourquoi on a l’impression que c’est juste… normal ? Genre payer les gens et régler leurs carrières, c’est devenu un exploit olympique ?

Et parce qu’il y a toujours un “mais”, vous me connaissez. Comment tu veux qu’on fasse des concessions quand, à chaque remaniement, on te reconduit la même personne au ministère de l’Éducation comme si c’était une chaise héritée dans la famille ? Ça fait des années, on n’a pas vu de miracle, pas vu de révolution, pas vu de “printemps des enseignants” en dehors des discours. Et maintenant on voit madame s’illustrer dans le partage des gâteaux bédoumes pendant que les enseignants, eux, partagent surtout les dettes, les ret**ds et la patience. Elle brille tellement dans le carriérisme politique, on l’a même surnommée Robocop… et franchement au Gabon, quand on te donne un surnom comme ça, c’est rarement parce que tu fais des câlins.

Et le plus fort dans tout ça, c’est le paradoxe national : le Gabon est classé 5e pays africain en niveau d’éducation selon l’Index d’Éducation du PNUD, avec un score de 0,600, devant l’Algérie, la Tunisie ou l’Egypte. Oui, vous avez bien lu. On est en crise, mais on est 5e. C’est comme être dans un bus en panne, mais recevoir une médaille parce que ton bus a une belle peinture. On te parle d’années de scolarité, d’accès, d’équité, de progrès entre 2020 et 2025… mais sur le terrain, tu as des grèves, des statuts flous, des bénévoles, et des carrières bloquées. Donc on est “bien classés”, mais on est épuisés. C’est ça notre génie : on souffre avec élégance statistique.


Bon, pause. Parlons culture, ça va nous détendre. L’Institut français rebaptise sa salle de spectacle Salle Pierre Claver Akendengué. Respect total au monument, six décennies de carrière, ovation, émotion, héritage, transmission… rien à dire sur l’artiste, c’est mérité. Mais sur le symbole, permettez-moi de rire doucement : donc pour honorer une légende gabonaise chez elle, il fallait que ce soit la France qui prenne l’initiative ? Voilà, c’est ça le Gabon : on a des géants, mais on attend toujours que quelqu’un d’autre vienne nous rappeler qu’ils existent. Bref. Allez, je retourne à l’éducation : au moins là-bas, on ne fait pas semblant… on souffre en direct, en HD, et sans sous-titres.

Bref, si on résume : on régularise des milliers de dossiers comme si on venait d’inventer la roue, on se dispute sur le meta comme si l’éducation était un match retour, on garde les mêmes têtes aux mêmes postes comme si le changement était un mythe urbain, et pendant qu’on se félicite d’être 5e en Afrique sur le papier, sur le terrain les enseignants continuent de serrer la ceinture jusqu’à manquer de souffle. Alors oui, bravo pour les annonces, bravo pour les chiffres, bravo pour les salles rebaptisées et les grandes ovations… mais maintenant il faut que tout ça se traduise en réalité, en salaires, en carrières, en écoles qui fonctionnent, parce qu’un pays ne se construit pas avec des communiqués mais avec du concret.
Et comme disait l’autre : la vérité d’une nation, ce n’est pas ce qu’elle promet, c’est ce qu’elle est capable de tenir...

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