31/05/2026
𝗙𝗦𝗖 : 𝗹’𝗮𝗳𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗥𝗮𝘀𝗰𝗼𝗺 𝗮̀ 𝗹’𝗼𝗿𝗶𝗴𝗶𝗻𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗱𝗲́𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗱𝗲 𝗗𝗲́𝘀𝗶𝗿𝗲́ 𝗩𝗲𝗻𝗰𝗮𝘁𝗮𝗰𝗵𝗲𝗹𝗹𝘂𝗺 ?
𝙋𝙖𝙧 𝙉𝙖𝙧𝙖𝙞𝙣 𝙅𝙖𝙨𝙤𝙙𝙖𝙣𝙖𝙣𝙙
Officiellement, Désiré Vencatachellum a démissionné du poste de 𝘊𝘩𝘪𝘦𝘧 𝘌𝘹𝘦𝘤𝘶𝘵𝘪𝘷𝘦 𝘖𝘧𝘧𝘪𝘤𝘦𝘳 (CEO) de la Financial Services Commission (FSC) pour raisons familiales. Cependant, plusieurs pensent que ce dernier a été forcé à soumettre sa démission. Pourquoi ?
Certains employés veulent croire que le 𝘣𝘰𝘢𝘳𝘥 de la FSC a tranché en leur faveur à la suite des conflits opposant Vencatachellum à plusieurs employés ainsi qu’au syndicat.
D’autres se plaisent à penser que l’ex-CEO n’était pas à la hauteur de ses responsabilités. Ou alors qu’il t**dait trop à prendre des décisions. D’autres encore se disent que c’est parce qu’il obéissait trop aux ordres du Gang des Cinq. On nous cite le cas d’une 𝘔𝘢𝘯𝘢𝘨𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘊𝘰𝘮𝘱𝘢𝘯𝘺 (MC) qui, face à la lenteur de la FSC et de son CEO, a dû recourir à la justice. Une démarche inouïe.
Ou, au contraire, d’autres pensent qu’il désobéissait au Gang des Cinq et aux ministres et agissait trop en toute indépendance. On parle à ce propos du dossier d’une MC appartenant à un proche d’un junior minister et pour lequel il n’a pas voulu céder aux pressions d’une ministre pour rencontrer le directeur de cette compagnie. C’est à ce sujet que la ministre avait été réprimandée à l’époque par l’ex-𝘋𝘦𝘱𝘶𝘵𝘺 𝘗𝘳𝘪𝘮𝘦 𝘔𝘪𝘯𝘪𝘴𝘵𝘦𝘳 Paul Bérenger.
Justement, certains n’hésitent pas à parler de la proximité de Vencatachellum avec… Paul Bérenger. Et qui aurait causé son malheur.
𝗣𝗿𝗼 𝗼𝘂 𝗮𝗻𝘁𝗶-𝗠𝗦𝗠 ?
Est évoquée aussi l’affaire de CV trafiqué d’un haut-cadre de la
FSC : Désiré Vencatachellum n’aurait pas voulu lancer une enquête et encore moins sanctionner ce haut-cadre. Cela, alors que le dossier a déjà atterri à la Financial Crimes Commission (FCC).
Certains nous font savoir que l’ex-CEO a été puni pour n’avoir pas sévi contre une employée en particulier, l’ex d’un ex-ministre. Mais il aurait, au contraire, entretenu des relations jugées trop étroites avec cette dernière.
Serait aussi reproché à Vencatachellum d’avoir permis que deux ex-ministres MSM rachètent les parts d’une MC alors qu’au moins un de ces ex-ministres allait être inquiété par la FCC, même si l’enquête t**dait à commencer.
Il y a aussi les voyages de l’ex-CEO qui sont sans commune mesure avec ceux de Lovania Pertab, directrice de la Financial Intelligence Unit (FIU), qui a dû subir l’humiliation d’une question parlementaire, plantée, dit-on : Rs 10 millions rien que pour les 𝘱𝘦𝘳 𝘥𝘪𝘦𝘮 pour Vencatachellum et Rs 1,5 million en tout pour la directrice de la FIU. On se souvient comment Jyoti Jeetun avait pris un malin plaisir pour en donner les détails.
Il y aurait d’autres reproches faits à Désiré Vencatachellum, eux aussi tout aussi contradictoires les uns que les autres : trop aux ordres ou trop indépendant.
𝗔𝗻𝘁𝗶-𝗼𝘂 𝗽𝗿𝗼-𝗔𝗳𝗿𝗶𝗾𝘂𝗲 ?
En fait, l’ordre serait venu d’ailleurs, à l’international. La FSC sous Vencatachellum aurait menacé de révoquer la licence de RascomStar-QAF, une organisation interafricaine ayant comme mandat de développer et d'exploiter une infrastructure stratégique de télécommunications par satellite pour le continent africain.
Le directeur régional de Rascom, Timothy Adi Ashong, a même adressé une lettre de protestation au Premier ministre, Navin Ramgoolam, le 30 avril dernier. Il écrit notamment que « 𝘪𝘵 𝘪𝘴 𝘪𝘯𝘤𝘰𝘯𝘤𝘦𝘪𝘷𝘢𝘣𝘭𝘦 𝘵𝘩𝘢𝘵 𝘢 𝘳𝘦𝘨𝘶𝘭𝘢𝘵𝘰𝘳 𝘰𝘱𝘦𝘳𝘢𝘵𝘪𝘯𝘨 𝘸𝘪𝘵𝘩𝘪𝘯 𝘢 𝘔𝘦𝘮𝘣𝘦𝘳 𝘚𝘵𝘢𝘵𝘦 𝘰𝘧 𝘵𝘩𝘦 𝘈𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘯 𝘜𝘯𝘪𝘰𝘯 𝘸𝘰𝘶𝘭𝘥 𝘱𝘶𝘳𝘴𝘶𝘦 𝘢 𝘤𝘰𝘶𝘳𝘴𝘦 𝘵𝘩𝘢𝘵 𝘩𝘢𝘴 𝘵𝘩𝘦 𝘱𝘰𝘵𝘦𝘯𝘵𝘪𝘢𝘭 𝘵𝘰 𝘰𝘱𝘦𝘳𝘢𝘵𝘦 𝘪𝘯 𝘥𝘪𝘳𝘦𝘤𝘵 𝘤𝘰𝘯𝘵𝘳𝘢𝘥𝘪𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘸𝘪𝘵𝘩 𝘵𝘩𝘦 𝘪𝘯𝘵𝘦𝘳𝘦𝘴𝘵𝘴 𝘰𝘧 𝘢 𝘤𝘰𝘯𝘵𝘪𝘯𝘦𝘯𝘵𝘢𝘭 𝘪𝘯𝘴𝘵𝘪𝘵𝘶𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘤𝘳𝘦𝘢𝘵𝘦𝘥 𝘣𝘺 𝘈𝘧𝘳𝘪𝘤𝘢𝘯 𝘚𝘵𝘢𝘵𝘦𝘴 𝘵𝘩𝘦𝘮𝘴𝘦𝘭𝘷𝘦𝘴 ».
Il semble que cette affaire ait même été évoquée avec Navin Ramgoolam lors de son récent déplacement au Kenya. Et comme on le sait, notre Premier ministre, qui veut passer pour un
« Africain » et qui compte plusieurs amis personnels parmi les dirigeants du continent, aurait prêté une oreille attentive à ces doléances. Et agi en conséquence. Et puis, on n’a pas voulu d’une deuxième affaire Afrinic, de triste mémoire.
Mais pourquoi Désiré Vencatachellum aurait-il agi de la sorte avec Rascom, qui pourtant n’est pas une 𝘎𝘭𝘰𝘣𝘢𝘭 𝘉𝘶𝘴𝘪𝘯𝘦𝘴𝘴 𝘊𝘰𝘮𝘱𝘢𝘯𝘺 comme les autres ‒ elle n’est pas à but lucratif et est une organisation intergouvernementale ? A-t-il agi avec légèreté et négligence ou au contraire avec professionnalisme, même si l’affaire concernait une telle organisation ? A-t-il subi des
pressions ? Si oui, de qui ?
Seule une enquête nous renseignera. Ou, pourquoi pas, une question parlementaire ?
https://www.scoop.mu/actualite/fsc-laffaire-rascom-a-lorigine-de-la-demission-de-desire-vencatachellum/