10/12/2025
🇹🇩 | Le secrétaire général de la Présidence fait enlever un jeune ingénieur après lui avoir spolié son projet
Le bras de fer entre l’Association des Jeunes Leaders pour la Promotion de l’Espace Numérique au Tchad (AJLPENT) et le Secrétariat Général de la Présidence a basculé dans une affaire d’État. Après des semaines de menaces voilées, d’intimidations et de démentis officiels, le ministre secrétaire général de la présidence, Mahamat Ahmat Alhabo, a fait enlever hier dans la journée par la police le jeune ingénieur Adoum Tiney Barkaï, concepteur du Centre d’Innovation Technologique de N’Djaména (CIT-N’Dj). Selon plusieurs sources concordantes, ce dernier avait soumis son projet à la présidence le 9 mai 2025 avant de constater que son idée avait été reprise, lancée et valorisée sans lui, ni même une mention de son travail. Pour avoir dénoncé publiquement cette spoliation intellectuelle, il a subi des pressions continues jusqu’à son enlèvement.
Cette dérive autoritaire survient dans un climat déjà empoisonné. Alors que le SGPR réfute tout détournement et menace l’AJLPENT de poursuites judiciaires, l’association affirme que le projet dévoilé par la présidence reprend fidèlement l’ossature et les grandes lignes du travail conçu par Adoum Tiney Barkaï. La tentative du SGPR de convoquer l’AJLPENT à une réunion — qualifiée de « manœuvre sans sens » par l’association — n’a fait qu’accentuer la méfiance. L’enlèvement du jeune ingénieur illustre désormais, de manière brutale, le climat d’insécurité intellectuelle et personnelle vécu par les jeunes porteurs d’initiatives au Tchad. Un signal glaçant, qui explique pourquoi des milliers de jeunes talents fuient le pays, convaincus qu’ici, ni la créativité ni l’innovation ne sont protégées, et encore moins respectées.
Correspondance particulière TchadOne à N’Djamena