28/05/2026
Afrique du Sud🇿🇦
La fracture xénophobe pousse des centaines de Ghanéens à rentrer chez eux
Ce mercredi marque le premier rapatriement massif organisé par le Ghana depuis la résurgence des violences xénophobes en Afrique du Sud.
Des familles chargées de valises, des regards fatigués dans les couloirs de l’aéroport de Johannesburg, et un avion affrété par Accra pour ramener chez eux près de 300 Ghanéens. Pourtant, la “nation arc-en-ciel”, longtemps présentée comme un moteur économique africain et une terre d’opportunités, traverse une crise sociale qui transforme progressivement les migrants africains en boucs émissaires.
Devant cette situation, le gouvernement ghanéen prévoit le rapatriement volontaire de près de 800 ressortissants. Un deuxième vol est déjà annoncé. À Accra, les autorités promettent un accompagnement financier et psychologique pour faciliter la réinsertion des personnes évacuées. Mais ce retour ressemble moins à un choix qu’à une fuite.
Pour rappel, ces derniers mois, les manifestations anti-immigrés se sont multipliées en Afrique du Sud, souvent accompagnées d’agressions ciblées contre des étrangers africains. Nigérians, Zimbabwéens, Somaliens ou Ghanéens, tous deviennent les visages visibles d’une colère sociale alimentée par le chômage massif, la pauvreté et les inégalités persistantes.
Face à la pression, Accra a convoqué l’ambassadeur sud-africain avant de déclencher l’opération de rapatriement. Les autorités sud-africaines ont toutefois introduit une autre lecture du dossier. Selon Pretoria, seuls 10 des 300 Ghanéens évacués disposaient de documents de séjour en règle. La majorité aurait dépassé la durée légale de présence sur le territoire. Un argument qui relance la question sensible de l’immigration irrégulière dans le pays.
Le départ de ces centaines de Ghanéens révèle ainsi bien plus qu’une simple opération de rapatriement. Il expose les fissures d’une société sud-africaine sous tension, où la promesse panafricaine semble vaciller face à la colère sociale.