19/02/2026
Au moins 1 417 Africains ont été enrôlés dans les rangs de l’armée russe dans le cadre du conflit en Ukraine et plus de 300 y sont morts, selon un rapport publié mercredi 11 février par le collectif All Eyes on Wagner (AEOW), qui dévoile pour la première fois une liste de noms.
Cette liste, obtenue par le groupe d’enquête AEOW via le programme ukrainien « Je veux vivre », qui recense les combattants tombés au combat côté russe et encourage à la reddition, donne une idée de l’ampleur des recrutements sur le continent africain.
Elle contient les noms de 1 417 personnes issues de 35 pays du continent, enrôlées dans l’armée russe entre janvier 2023 et septembre 2025, et de 316 décédées sur le front, mais n’est probablement pas exhaustive et les chiffres réels pourraient être bien supérieurs, selon le collectif. Deux Tchadiens figureraient parmi ces combattants recrutés.
« Le phénomène de recrutement de ressortissants africains ne constitue pas un épiphénomène isolé, mais bien l’ossature d’une stratégie délibérée et organisée », alors que la guerre se prolonge et que Moscou doit « faire face à une pénurie d’hommes », affirme le rapport.
La publication de la liste vise à « permettre aux familles sans nouvelles de connaître le sort de leurs proches et de s’organiser pour demander le retour des dépouilles ou des personnes bloquées ».
Les contingents les plus importants proviennent d’Égypte (361 hommes), du Cameroun (335) – pays qui paie le plus lourd tribut en termes de pertes – et du Ghana (234), selon le rapport, et sont recrutés via « des réseaux transnationaux qui exploitent des vulnérabilités socio-économiques persistantes » sur ce continent.
Au moins 45 Kényans sont également morts sur le front côté russe. Nairobi a jugé mardi « inacceptable » que ses ressortissants soient ainsi trompés pour être ensuite utilisés comme « chair à canon » par l’armée russe et a annoncé une visite à Moscou en mars du ministère kényan des Affaires étrangères.