19/03/2026
À seulement 27 ans, père de deux enfants, Nestor Akawa avait encore toute la vie devant lui. Originaire du village de Laokopé, dans la préfecture de Haho, il ne rentrera pourtant jamais chez lui. Le jeune homme est décédé alors qu’il se trouvait en garde à vue à la brigade de gendarmerie d’Agbati, située à une dizaine de kilomètres au nord de Notsé. Le mardi 17 mars 2026, sa famille, ses proches ainsi que le chef du village ont décidé de sortir du silence en livrant un témoignage bouleversant lors d’une émission diffusée en direct sur une radio locale. Leurs récits ont profondément choqué l’opinion.
L’origine de cette affaire remonte à environ cinq ans. À cette époque, un expatrié avait financé une exploitation de soja dans le village, dont Nestor assurait la gestion. Un jour, il avait collecté une somme de 700 000 francs CFA destinée à la caisse du projet. Malheureusement, la nuit précédant le dépôt, son logement avait été cambriolé et l’argent volé. L’incident semblait clos après le départ de l’expatrié. Mais plus t**d, un homme nommé Jacques, chargé de superviser les activités après ce départ, a décidé de rouvrir le dossier, allant jusqu’à solliciter l’intervention des gendarmes pour interpeller Nestor, selon ses proches.
Le jour de son arrestation, tout aurait été soigneusement orchestré. Des individus en civil, arrivés à moto, se sont présentés au village en proposant à Nestor de les accompagner dans le cadre d’un projet agricole lié à la culture du soja. En confiance et ne se reprochant rien, il accepte de les suivre malgré les hésitations de ses amis. Ceux-ci, rassurés par les visiteurs, le laissent partir. Ce sera la dernière fois qu’ils le verront libre. Inquiets de son absence prolongée, ses proches se lancent à sa recherche. C’est finalement Nestor lui-même qui parvient à prévenir un proche, indiquant qu’il a été arrêté et conduit à la brigade, déjà menotté et immobilisé.
À leur arrivée à la brigade, les membres de sa famille découvrent une situation alarmante. Selon les témoignages, Nestor subissait des violences physiques infligées par les responsables sur place. Malgré une tentative de négociation, accompagnée d’une somme d’argent et de documents, les proches affirment avoir été violemment repoussés. Ils décrivent des scènes de brutalité extrême, évoquant notamment l’usage de fils électriques pour le frapper. Même dans cet état, Nestor aurait été privé de ses maigres ressources, destinées à lui procurer de l’eau ou de la nourriture, accentuant davantage sa souffrance.
Avant leur départ, le jeune homme aurait supplié sa famille de ne pas le laisser seul, craignant pour sa vie. Ses paroles résonnent aujourd’hui comme un terrible pressentiment. Quelques heures plus t**d, aux environs de 3 heures du matin, un appel leur annonce sa mort. Selon les informations reçues, son corps avait déjà été transporté à la morgue de Notsé, sans que la famille n’en soit informée au préalable. Cette disparition tragique suscite aujourd’hui une vive émotion et soulève de nombreuses interrogations.