05/08/2026
L’infopreneuriat francophone vend souvent de l’information au prix d’un changement de vie.
Et cette confusion n’est pas pédagogique.
Elle est commerciale.
Quelqu’un paie 2500 à 4000 € pour une formation en ligne.
Dans sa tête, il n’achète pas seulement des vidéos, des modules et des PDF.
Il achète une nouvelle trajectoire professionnelle.
Il achète l’espoir de mieux gagner sa vie.
Il achète l’idée que, dans quelques mois, sa situation aura réellement changé.
Mais six mois plus t**d, il a parfois consommé 20 % du contenu.
Il n’a pas lancé son offre.
Il n’a pas trouvé de clients.
Il n’a pas généré de revenu mesurable.
Et là, l’explication dominante arrive toujours très vite :
“Il n’était pas assez motivé.”
Cette phrase arrange beaucoup de monde.
Parce qu’elle transfère toute la responsabilité du résultat sur l’apprenant.
Mais la réalité est plus inconfortable.
Un apprenant seul devant du contenu, même bien structuré, ne progresse pas comme un apprenant accompagné.
Les travaux de Benjamin Bloom sur l’effet Two Sigma l’ont montré dès 1984 : un apprenant suivi individuellement obtient des résultats très supérieurs à un apprenant en classe collective.
Et depuis l’arrivée massive des MOOC, on retrouve le même problème : sans accompagnement humain structuré, les taux de complétion restent très faibles.
Donc non, le problème n’est pas toujours l’apprenant.
Parfois, le problème est la promesse commerciale.
Il faut remettre les mots à leur place.
Un produit d’information clarifie un savoir.
Un produit orienté résultat aide une personne à obtenir un changement mesurable.
Les deux ont de la valeur.
Mais ils ne devraient pas être vendus au même prix.
Une formation sans cohorte, sans correction individuelle, sans point de contact humain régulier, sans suivi réel, ce n’est pas un accompagnement.
C’est une bibliothèque structurée.
Et une bibliothèque peut être utile.
Mais elle ne doit pas être vendue comme un dispositif de changement profond.
Le problème, c’est que le secteur s’est habitué à vendre les témoignages des 5 % qui réussissent, en oubliant l’expérience des 95 % restants.
On montre ceux qui ont appliqué, vendu, réussi.
Mais on parle rarement de ceux qui ont payé, regardé quelques vidéos, bloqué seuls, puis abandonné en silence.
Pour moi, le vrai critère de qualité d’une formation n’est pas le nombre de modules.
Ce n’est pas la taille du programme.
Ce n’est pas le volume de contenu.
C’est la proportion d’apprenants qui obtiennent un résultat concret dans les 12 mois.
Ont-ils vendu ?
Ont-ils trouvé des clients ?
Ont-ils monétisé la compétence enseignée ?
Ont-ils changé quelque chose de mesurable dans leur activité ?
Une formation devient un actif quand elle produit un changement opérationnel.
Sinon, c’est juste un coût bien présenté.
Donc avant d’acheter une formation chère, posez une question simple au vendeur :
“Quel pourcentage de vos élèves a monétisé cette compétence dans les 12 mois suivant la formation ?”
Puis demandez :
“Comment mesurez-vous ce résultat ?”
L’absence de réponse claire est déjà une réponse.
Et pour les dirigeantes ou les entrepreneurs qui envisagent de former leurs équipes, regardez d’abord la structure d’accompagnement.
Le reste vient après.
Parce qu’au fond, les gens n’achètent pas une formation.
Ils achètent une chance réelle de ne plus rester au même endroit.
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