13/05/2025
Il y a des gestes si simples qu’ils en deviennent presque ridicules ... Quelques coups de crayon. Deux ou trois mots choisis. Un collage sur une surface lisse. Rien de spectaculaire. Et pourtant, à l’intérieur, un tremblement que je n’avais pas prévu.
Ce n’était pas censé compter autant. Mais ça a remué quelque chose. Comme si, sans bruit, j’étais en train de poser une brique. Une brique dans un mur invisible. Celui que je cherchais depuis longtemps. Pas pour me cacher. Pas pour m’enfermer. Mais pour m’y adosser. Pour respirer un peu. Pour arrêter de reculer.
Je crois qu’on parle trop souvent de la légitimité comme d’un diplôme invisible que les autres seraient chargés de nous remettre. Une validation qu’on attend, un tampon qu’on espère. On croit qu’il faut avoir déjà réussi, tout maîtriser, accumuler les preuves, pour pouvoir simplement dire : « Voilà, c’est ce que je fais. »
Mais la légitimité, pour moi, c’est autre chose. C’est ce moment fragile où l’on décide qu’on ne demandera plus la permission. Où l’on se l’accorde, même en tremblant un peu. C’est pas un badge, c’est pas un titre. C’est un choix. Celui d’arrêter de se plier pour paraître plus grand. Celui d’être soi, même si c’est flou, même si c’est doux, même si c’est pas parfait.
Longtemps, j’ai porté un masque. Pas pour mentir. Juste pour correspondre. J’ai dit que j’étais community manager parce que ça rassurait. Parce que c’était clair, acceptable. Mais au fond, je savais que ce titre-là ne racontait pas ce que je faisais. Il racontait ce qu’on attendait que je dise.
Je ne suis pas une agence. Je ne suis pas une machine. Je suis seul. Et je suis là. Je doute, souvent. J’apprends encore. Mais je cherche. Je m’implique. Je m’aligne. Et ça, personne ne peut me l’enlever.
Alors j’ai posé un acte. Presque anodin. Un geste un peu visible, un peu fragile aussi. J’ai imprimé mes mots. Mon logo. Mon activité. Et je l’ai affiché. Pas sur les réseaux. Sur ma voiture. En grand. En clair. En assumé. C’était comme signer un contrat avec moi-même.
Et là, quelque chose s’est déplacé. Comme si je venais d’installer ce fameux mur derrière moi. Celui qui ne laisse plus reculer. Celui qui ne pousse pas, mais qui soutient doucement. Comme une main dans le dos. Une présence silencieuse qui dit : « Tu peux avancer maintenant. T’as plus besoin de te retourner. »
Ce mur, c’est ma légitimité. Pas celle qu’on m’a donnée. Celle que j’ai construite, petit à petit. Celle qui ne crie pas, mais qui tient. Une base. Un socle. Une façon de dire : je prends ma place. Même si elle est modeste. Même si elle est discrète.
Oui, je ne suis pas le stratège en communication digitale le plus brillant du pays. Et alors ? Mon regard, ma manière d’écouter, de chercher, de prendre le temps — c’est ça que mes client·es viennent chercher. Pas un tableau Excel. Pas un jargon. Une présence. Une vraie.
Ce covering, c’est peut-être rien. Juste un visuel sur une voiture. Mais en moi, c’est comme une porte qui s’est ouverte. Et derrière, il y avait moi. En entier. Prêt.
Depuis ce jour, mon regard sur mon activité a changé. Non parce que j’ai gagné quelque chose. Mais parce que j’ai arrêté de me retenir. J’ai compris que je pouvais être là. Même sans trophée. Même sans permission. J’ai arrêté de me prouver. J’ai commencé à me poser.
Peut-être que toi aussi, tu cherches encore comment t’autoriser. Peut-être que tu l’as déjà fait. Moi, je sais juste que j’ai encore cette petite peur dans le ventre et qu’en parler, ça m’aide à avancer.
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