15/10/2026
Affaire Issouf Manem-Yam : le talent ne dispense pas de la responsabilité
L’annulation du concert d’Issouf Manem-Yam en Côte d’Ivoire, à la suite de la polémique suscitée par des propos qui lui sont attribués, soulève une question essentielle : un artiste peut-il prétendre conquérir des publics tout en négligeant la responsabilité que lui impose sa parole ?
Un artiste est libre d’exprimer ses opinions, mais cette liberté exige discernement et respect. Critiquer une situation est légitime ; dénigrer tout un peuple peut fragiliser une carrière, compromettre des opportunités professionnelles et alimenter des tensions entre communautés.
Le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire partagent des liens humains et culturels précieux. Les artistes qui circulent entre ces deux pays doivent comprendre qu’un concert ne représente pas seulement une prestation commerciale : il repose aussi sur la confiance du public et le respect du pays d’accueil.
La véritable solidarité nationale ne consiste pas à défendre systématiquement un compatriote, mais à savoir reconnaître les erreurs lorsqu’elles sont établies. De même, l’indignation ne doit jamais justifier la haine, les menaces ou les violences.
Aux artistes, managers et communicants : anticipez les conséquences de chaque prise de parole. La communication professionnelle ne consiste pas uniquement à promouvoir une œuvre, mais aussi à protéger une réputation, à prévenir les crises et à préserver les relations humaines.
En définitive, le talent ouvre des portes, mais le comportement contribue à les maintenir ouvertes. On ne peut réclamer le respect à l’étranger tout en banalisant le mépris envers ceux qui nous accueillent.
La musique traverse les frontières ; le respect doit la précéder.
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