22/05/2026
« Il faut analyser son propre style pour progresser »
Bondoukou, aujourd'hui. C'est une déclaration qui risque de faire grincer des dents dans le milieu littéraire. Un auteur ivoirien rencontré à Bondoukou a confié sans détour qu'il est sa propre référence littéraire.
Interrogé sur ses habitudes de lecture, l'écrivain s'est d'abord présenté comme un grand lecteur. Mais lorsque notre journaliste lui a demandé quel auteur il a le plus lu dans sa vie, la réponse est tombée, nette et assumée : « Moi-même. »
« Il faut analyser son propre style pour progresser », explique-t-il, imperturbable. Selon lui, relire ses anciens textes est bien plus formateur que de se perdre dans les œuvres des autres. « je ne lis pas tant que ça ne vient pas de moi. Ce n'est pas seulement un principe, c'est une nécessité. »
Il va même plus loin : ses anciens textes, confie-t-il, « restent très inspirants ». Une phrase qui pourrait passer pour de l'orgueil démesuré, mais que l'auteur défend avec calme. « Quand vous avez écrit quelque chose de réussi, pourquoi chercher ailleurs ce que vous avez déjà chez vous ? La meilleure source d'inspiration, c'est votre propre parcours. »
Une position radicale qui interroge sur les frontières entre confiance en soi et autosuffisance. Lui ne se pose pas la question : « Un écrivain qui ne s'aime pas assez, qui ne se relit pas assez, qui ne s'admire pas un peu… comment veut-il que les autres l'aiment ? »
Un discours qui, pour le moins, ne fera pas l'unanimité. Mais qui a le mérite d'être clair. Et très, très personnel.
T. Abass Koné journaliste littéraire indépendant