18/09/2026
Le jour oĂč jâai enfin encaisser 50 MILLIONS !
Je pense que je nâoublierai jamais cette journĂ©e.
AprĂšs des mois de travail, de recherches, de dossiers, de rendez-vous et de stressâŠ
JâAVAIS ENFIN ĂTĂ RETENUE. â€ïž
Le financement était de 50 millions de francs CFA.
CINQUANTE MILLIONS. đđđ
Quand jâai reçu la confirmation, je suis restĂ©e quelques secondes devant mon tĂ©lĂ©phone sans mĂȘme savoir quoi dire.
Jâai relu le message.
Une fois.
Deux fois.
Trois fois.
CâĂ©tait bien mon nom.
Mon projet avait été retenu.
Et lĂ , tout sâest accĂ©lĂ©rĂ©.
Parce que ce projet, je ne lâavais pas improvisĂ©.
Je lâavais travaillĂ©.
Peaufiné.
Corrigé.
Repris encore et encore.
Jâavais fait mes prĂ©visions.
Mes calculs.
Mes estimations.
Jâavais mĂȘme dĂ©jĂ commencĂ© Ă contacter des fournisseurs.
Et maintenant que le financement Ă©tait confirmĂ©, je pouvais enfin passer Ă lâaction.
Les premiÚres commandes ont été lancées.
Les marchandises ont commencé à arriver.
Certaines livraisons avaient mĂȘme dĂ©jĂ Ă©tĂ© effectuĂ©es.
Mes partenaires étaient contents.
Les clients attendaient.
Et moi, jâĂ©tais dans cette pĂ©riode oĂč tu as lâimpression que ta vie est littĂ©ralement en train de changer. đ„č
Mais il y avait un petit problĂšmeâŠ
Il fallait payer les partenaires. đđ
Parce que oui, quand tu commences Ă faire de grandes choses, les factures aussi commencent Ă devenir grandes. đ
Jâavais donc une liste de paiements Ă effectuer.
Untel attendait son argent.
Untel devait ĂȘtre rĂ©glĂ© aprĂšs la livraison.
Un autre partenaire mâavait mĂȘme appelĂ© la veille pour me dire :
« Lize, dĂšs que le financement est dĂ©bloquĂ©, tu me fais le transfert hein. » đ
Et moi, trĂšs sereine :
« Ne tâinquiĂšte pas. Câest bon. »
Parce que cette fois-ciâŠ
LâARGENT ĂTAIT LĂ.
Le grand jour est enfin arrivé.
Jâavais rendez-vous pour procĂ©der Ă la signature et Ă lâencaissement.
Je me suis préparée.
Tenue correcte.
Dossier bien rangé.
Téléphone chargé.
Et surtoutâŠ
le cĆur qui battait Ă 1 000 Ă lâheure. đđ
Je suis arrivée sur place.
On vérifie mes documents.
Tout est en ordre.
On me fait patienter quelques minutes.
Puis quelquâun vient me chercher.
« Madame OuĂ©draogo, câest Ă vous. »
đđđ
Ă ce moment-lĂ , je crois que mon cĆur voulait sortir de ma poitrine.
Je me lĂšve.
Je prends mon sac.
Je prends mes documents.
Et je me dirige vers la salle.
Dans ma tĂȘte, je fais dĂ©jĂ mes calculs :
50 millions.
Je paie les fournisseurs.
Je rĂšgle les partenaires.
Je lance les prochaines commandes.
Jâinvestis dans le matĂ©riel.
Je dĂ©veloppe lâactivitĂ©.
Je crée des emplois.
Je respire enfin un peu.
Cette fois, câĂ©tait parti.
Jâarrive devant la porte.
Je pose ma main sur la poignée.
Je vais entrerâŠ
Quand soudain, jâentends :
« LIZEEEEEE ! »
Je ne réagis pas.
Jâentends encore :
« GRANDE SĆUR ! LIZE ! »
Je me retourne.
Mon petit frĂšre est debout devant moi.
Je le regarde, complĂštement perdue.
Il mâappelle encore.
Puis il sâapproche de moiâŠ
et me secoue.
« Lize ! Réveille-toi ! »
Je regarde autour de moi.
La salle a disparu.
Les 50 millions ont disparu.
Les fournisseurs ont disparu.
Les commandes ont disparu.
Les partenaires qui attendaient leur argentâŠ
DISPARUS. đđđ
JâĂ©tais dans mon lit.
Mon petit frÚre était réellement devant moi.
Et lĂ âŠ
JâAI COMPRIS.
Tout ce que je venais de vivreâŠ
Tout ce financementâŠ
Toutes ces commandesâŠ
Toutes ces livraisonsâŠ
Tous ces paiementsâŠ
JE VENais DE RĂVER DE TOUT ĂA. đđđđđđ
JâĂ©tais tellement dĂ©goĂ»tĂ©e que je suis restĂ©e silencieuse quelques secondes.
Parce que dans mon rĂȘveâŠ
JâAVAIS DĂJĂ LES 50 MILLIONS ! đđđ
Et franchementâŠ
AprĂšs avoir ri de moi-mĂȘme, je me suis posĂ© une vraie question :
Pourquoi est-ce que ce rĂȘve me semblait aussi rĂ©el ?
Parce que mon projet existe rĂ©ellement dans ma tĂȘte.
Lâenvie dâentreprendre existe.
Les idées existent.
Les ambitions existent.
Mais entre avoir un projet et le rĂ©aliserâŠ
il faut du capital.
Et parfois, attendre un concours ou un financement extérieur peut prendre du temps.
Alors jâai compris une chose :
Il ne faut pas seulement rĂȘver de son financement.ïżœIl faut aussi apprendre Ă construire son propre capital.
Petit Ă petit.
Avec de la discipline.
Avec de lâĂ©pargne.
Avec une bonne organisation.
Et surtout, avec une stratégie.
Parce que les 50 millions de mon rĂȘve nâĂ©taient peut-ĂȘtre pas encore dans mon compteâŠ
mais mon projet, lui, est bien rĂ©el. đ
Et maintenant que je suis rĂ©veillĂ©eâŠ
il faut bien que quelquâun trouve les 50 millions. đđ