Mahussé Barnabé AÏSSI Officiel

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20/12/2025

Bon week-end 🙏

Sommet Trump-Poutine en Alaska : aujourd’hui, c’est l’Ukraine qui découvre ce que des continents entiers ont vécu des dé...
15/08/2025

Sommet Trump-Poutine en Alaska : aujourd’hui, c’est l’Ukraine qui découvre ce que des continents entiers ont vécu des décennies durant

Ce vendredi quinze août 2025, l'Alaska, vaste territoire gelé aux confins des États-Unis et de la , devient pour un jour le centre du monde. C’est là que les Présidents Donald Trump et Vladimir Poutine se retrouvent pour un bilatéral qualifié d’« historique » par leurs entourages respectifs. Au menu : la guerre en . Oui, encore. Mais surtout, sans l’Ukraine. Et c’est bien là que le bât blesse.

C’est Donald Trump, revenu aux affaires, qui est à l’origine de cette initiative. L’homme, fidèle à lui-même, avance à contre-courant de la diplomatie traditionnelle, drapé dans sa posture d’artisan de la paix. Une image qu’il cultive, envers et contre tout. S’il faut lui reconnaître une chose, c’est qu’il tente ( maladroitement ou sincèrement, l’Histoire le dira) d’ouvrir une issue à un conflit qui a plongé l’Europe dans une instabilité chronique depuis plusieurs années...

Mais voilà; comment prétendre discuter sérieusement de la en Ukraine sans... l’Ukraine ? Kyiv n’a pas été conviée. Ni officiellement, ni officieusement. Pas même une chaise vide symbolique.

Et c’est ici que beaucoup, en surtout, s’indignent. À raison ? À moitié. Car le monde , depuis toujours, s’est construit sur des exclusions. On l’oublie parfois, mais l’Afrique fut divisée à la conférence de en 1884 sans qu’un seul Africain ne soit autour de la table. Les grandes décisions sont souvent prises entre , les « concernés » étant souvent relégués au rang d’observateurs.

Aujourd’hui, c’est l’Ukraine qui découvre ce que des continents entiers ont vécu des décennies durant. Certains crient au , mais c’est surtout un rappel brutal des règles réelles du jeu géopolitique; les plus forts discutent entre eux, les autres attendent les résultats.

Faut-il alors condamner ce Sommet ? Pas forcément. S’il peut aboutir à une désescalade, à un cessez-le-feu, à des couloirs humanitaires, à un début de sortie de guerre, alors il aura déjà servi à quelque chose. Car au-delà des égos, des cartes diplomatiques, des stratégies et des discours de façade, ce sont des familles ukrainiennes qui meurent encore sous les bombes. C’est cela qu’il ne faut pas oublier.

Deux « dieux » sur TERRE ?

On les appelle parfois ainsi, dans une formule exagérée mais révélatrice : les « dieux » de ce monde. Trump et Poutine ont le destin de millions de personnes entre leurs mains. Que l’on adhère ou non à leurs méthodes, leurs visions, leur rhétorique... ce sont eux qui parlent. Et parfois, parler, même à huis clos, vaut mieux que se taire et continuer à tirer.

Le Sommet d’Alaska n’est pas parfait. Il est même incomplet. Mais s’il aboutit à une annonce claire, même partielle, d’une sortie de guerre, alors il ne sera pas vain.

Pour les victimes. Pour les familles. Pour la paix, même imparfaite. C’est tout ce que l’on peut espérer.

MBA

Quand le CNIN sonne la fin de la récréation sur TikTok au BéninDepuis quelques jours, une opération salutaire est en cou...
14/08/2025

Quand le CNIN sonne la fin de la récréation sur TikTok au Bénin

Depuis quelques jours, une opération salutaire est en cours au Bénin, menée par le Centre National d’Investigation Numérique ( ). Cette structure de l’État, souvent discrète mais redoutablement efficace, est passée à l’action pour interpeller des créateurs de contenu TikTok dont les dérives sont devenues trop visibles et trop graves pour être ignorées.

Il ne s’agit plus simplement de vidéos maladroites ou provocatrices. Il est question ici d’indécence manifeste, d’atteinte aux bonnes mœurs, et plus encore. Certains tiktokeurs semblent avoir confondu la liberté d’expression avec un laisser-aller sans bornes, où toutes les limites sociales, culturelles et juridiques peuvent être franchies au nom du "buzz".

Ces dernières années, TikTok a connu une ascension fulgurante au Bénin comme dans le reste du Monde. Cette plateforme, née, il n'y a pas trop longtemps, a permis à de nombreux jeunes talents de s’exprimer, de s’épanouir et parfois même de se professionnaliser dans le domaine du divertissement et de la création numérique. Mais à côté de cette dynamique positive, une autre réalité plus sombre s’est imposée, celle de la course au outrancier, de l’humiliation publique, de la vulgarité, et de la .

La société béninoise, dans sa large majorité, observe avec inquiétude cette dérive. Parents, éducateurs, sociologues, et même certains influenceurs responsables ont plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme. Le est donc intervenu là où l’autorégulation n’a pas suffi.

L’interpellation de certains ces derniers jours ne doit pas être vue comme une chasse aux sorcières, encore moins comme une atteinte à la liberté d’expression. Elle constitue au contraire une réponse nécessaire, proportionnée et républicaine à des qui menacent le tissu social et les valeurs communes.

Les personnes interpellées seront, bien entendu, présentées à la , seule compétente pour statuer sur leurs actes dans le strict respect de leurs droits. Mais le signal est clair, le n’est pas une zone de non-droit. Internet n’est pas une jungle où l'on peut tout dire, tout montrer, tout faire, sans en répondre.

L’opération du CNIN pourrait bien marquer un tournant dans l’usage des réseaux sociaux au Bénin. Elle appelle à une prise de conscience collective; créateurs de contenu, suiveurs, plateformes numériques, institutions, tous ont un rôle à jouer.

Si cette se poursuit de manière équitable, transparente et éducative, elle contribuera à assainir l’espace numérique béninois et à en faire un outil de développement, de créativité et de cohésion.

🎙️ Mahussé Barnabé AISSI, Journaliste

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14/06/2025

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Sécheresse et inondations au Bénin : les enfants, premières victimes des défis climatiques régionaux
Dans un monde où le climat se fait de plus en plus imprévisible, les enfants béninois subissent de plein fouet les conséquences différenciées du changement climatique selon les régions. Entre sécheresse dans le nord, inondations récurrentes dans le sud et maladies sensibles au climat, leur quotidien est bouleversé, mettant en lumière une vulnérabilité alarmante.

Par Mahussé Barnabé AÏSSI

Sécheresse prolongée, précarité des familles rurales, baisse drastique des récoltes, insécurité alimentaire, malnutrition chez les enfants, recrudescence de maladies comme la méningite liée aux conditions sèches et chaudes ! Telles sont les réalités que vivent les populations du Borgou et de l’Atacora en République du Bénin. « La méningite touche surtout les enfants dans ces zones où la sécheresse affaiblit leur système immunitaire », précise un médecin-chef à Parakou. Mieux, « la crise climatique est une crise des droits des enfants qui impacte négativement la vie des enfants, surtout leurs droits à la santé, à l’épanouissement, à l’éducation et à la protection », affirme d’emblée Djanabou Mahonde, cadre de l’UNICEF. La double menace sanitaire et nutritionnelle complique la scolarité des enfants, souvent contraints d’abandonner l’école pour aider leurs familles ou pour des raisons de santé avoue, sans langue de bois, Loris M. instituteur à l'EPP de Manta dans l'Atacora. Entre 2016 et 2018, par exemple, une étude a révélé que l'incidence de la méningite bactérienne variait de 71 à 619 cas pour 100 000 habitants dans ces régions, avec un taux de létalité de 3,1 %. Plus récemment, en 2024, plusieurs localités ont franchi le seuil d'alerte épidémique, notamment Abomey dans le Zou, Cotonou I dans le Littoral, Glazoué dans les Collines, Kandi dans l’Alibori, et Tanguiéta dans l’Atacora, avec des taux d’attaque oscillant entre 3,2 et 12 cas pour 100 000 habitants selon les semaines.

Dans le sud, à l’opposé, notamment dans les communes riveraines du lac Nokoué et du fleuve Ouémé, les inondations sont devenues un fléau annuel. Ces crues provoquent des déplacements de populations et rendent l’accès à l’école difficile, voire re**rdée. « Chaque année, nous devons débuter les cours parfois en re**rd à cause des eaux qui envahissent les salles de classe », confie un Directeur d’école de la place. Les enfants exposés aux eaux stagnantes sont aussi victimes d’un accroissement des maladies hydriques, telles que la diarrhée et le paludisme, qui restent des causes majeures de mortalité infantile. Les familles les plus pauvres, souvent logées dans des quartiers précaires, sont les plus touchées, explique Luc V. Adjabo, médecin.

Une vulnérabilité multidimensionnelle exacerbée par le climat

Au-delà des impacts directs, le changement climatique aggrave des facteurs socio-économiques déjà fragiles comme l’explique Dr Joel Houngue, environnementaliste. La pauvreté, les logements insalubres, l’accès limité à l’éducation et aux soins amplifient la vulnérabilité des enfants. Selon une étude publiée dans Nature Climate Change, les enfants africains paieront l’un des plus lourds tributs du changement climatique, avec une augmentation prévue des maladies, de la malnutrition et des perturbations scolaires. « Environ 820 millions d’enfants sont exposés à des vagues de chaleur extrêmes, 570 millions à des inondations, et 600 millions à des maladies comme le paludisme », rappelle Luc Adjabo. Face à ces défis, plusieurs initiatives émergent au Bénin pour renforcer la résilience des enfants. Des ONG locales et internationales développent des programmes de sensibilisation et des outils pédagogiques adaptés pour informer les enfants sur le changement climatique et ses effets. Certaines, comme BEES (Benin Environment and Education Society) et Planète Urgence, se concentrent sur l'éducation environnementale, la conservation et la gestion durable des ressources naturelles. D'autres, comme Save Our Planet et JVE-Bénin, favorisent l'engagement des jeunes dans la lutte contre le changement climatique et la promotion de l'éducation à la citoyenneté mondiale. Des efforts sont aussi faits pour améliorer les infrastructures scolaires et sanitaires afin qu’elles soient plus résistantes aux aléas climatiques.

Le Plan national d’adaptation du Bénin, lui, insiste sur la nécessité d’intégrer les besoins spécifiques des enfants dans les politiques climatiques, notamment en renforçant les systèmes éducatifs et de santé. Et malgré leur vulnérabilité, les enfants béninois montrent une prise de conscience remarquable. Grâce, 12 ans, originaire du nord, témoigne : « la sécheresse a rendu notre village difficile à vivre, mais à l’école, on apprend comment protéger la nature pour que ça change. » Dans le sud, Rodrigue, 10 ans, ajoute : « Quand il y a des inondations, on ne peut pas parfois, aller à l’école. Je veux que les grandes personnes fassent quelque chose pour que ça s’arrête. »

Chiffres alarmants de l’UNICEF

Selon l’UNICEF, le Bénin est classé parmi les 33 pays à haut risque où le changement climatique affecte le plus les enfants, avec un indice de risque climatique pour les enfants (CCRI) de 7,6, indiquant une exposition croissante aux chocs climatiques. En 2024, près de 1,9 million d’enfants du nord ont été confrontés aux risques liés à la crise du Sahel, aux épidémies et aux inondations. Ces événements, selon l'institution internationale, ont provoqué le déplacement de plus de 33 000 personnes, dont plus de 8 000 enfants déplacés internes. Par ailleurs, les inondations ont perturbé la scolarité de plus de 6 000 élèves. La Troisième communication nationale sur les changements climatiques souligne que les conséquences sanitaires sont dramatiques : baisse de l’immunité chez la femme enceinte, troubles du comportement et régression de la croissance chez les enfants de moins de 5 ans, ainsi qu’une mortalité infantile très élevée. La méningite, particulièrement prévalente dans le nord, provoque des séquelles graves comme la cécité et des re**rds mentaux, voire des décès rapides.

Face à l’ampleur des défis climatiques, les enfants béninois se retrouvent en première ligne, exposés à une double peine : la détérioration de leur environnement naturel et l’aggravation de leur vulnérabilité sanitaire et sociale. « La sécheresse dans le nord, les inondations dans le sud, et les maladies liées au climat ne sont pas seulement des phénomènes abstraits, mais des réalités quotidiennes qui brisent des vies et compromettent l’avenir de toute une génération », explique Dr Joel Hounguè, environnementaliste. Pourtant, poursuit-il, des initiatives locales et internationales émergent, portées par des acteurs engagés qui, avec les enfants eux-mêmes, construisent peu à peu des solutions durables. Mais, propose-t-il, ces efforts doivent être renforcés et soutenus par des politiques publiques adaptées, intégrant prioritairement les besoins spécifiques des plus jeunes. Le défi est immense, mais l’avenir du Bénin dépend de « notre capacité collective à protéger ses enfants, en leur offrant des conditions de vie plus sûres, une éducation adaptée et un environnement résilient. Parce que la lutte contre le changement climatique est aussi une lutte pour la vie des enfants, il est urgent d’agir, ensemble, pour que chaque enfant béninois puisse grandir, apprendre et rêver dans un pays où le climat ne sera plus un ennemi, mais une force préservée », propose l'expert. Réalité oblige, après la COP 27, l’exécutif béninois a approuvé une déclaration baptisée « Déclaration des enfants, des jeunes pour l’action climatique », portée par les enfants en faveur de l’action climatique. Cette décision n’appelle-t-elle pas, elle aussi, à une action rapide et adaptée, d’autant plus que le rapport sur les perspectives économiques de la Banque mondiale publié en mai 2024 classe le Bénin au 152e rang mondial en matière de vulnérabilité face au changement climatique ?

13/06/2025

Sécheresse et inondations au Bénin : les enfants, premières victimes des défis climatiques régionaux
Dans un monde où le climat se fait de plus en plus imprévisible, les enfants béninois subissent de plein fouet les conséquences différenciées du changement climatique selon les régions. Entre sécheresse dans le nord, inondations récurrentes dans le sud et maladies sensibles au climat, leur quotidien est bouleversé, mettant en lumière une vulnérabilité alarmante.

Par Mahussé Barnabé AÏSSI

Sécheresse prolongée, précarité des familles rurales, baisse drastique des récoltes, insécurité alimentaire, malnutrition chez les enfants, recrudescence de maladies comme la méningite liée aux conditions sèches et chaudes ! Telles sont les réalités que vivent les populations du Borgou et de l’Atacora en République du Bénin. « La méningite touche surtout les enfants dans ces zones où la sécheresse affaiblit leur système immunitaire », précise un médecin-chef à Parakou. Mieux, « la crise climatique est une crise des droits des enfants qui impacte négativement la vie des enfants, surtout leurs droits à la santé, à l’épanouissement, à l’éducation et à la protection », affirme d’emblée Djanabou Mahonde, cadre de l’UNICEF. La double menace sanitaire et nutritionnelle complique la scolarité des enfants, souvent contraints d’abandonner l’école pour aider leurs familles ou pour des raisons de santé avoue, sans langue de bois, Loris M. instituteur à l'EPP de Manta dans l'Atacora. Entre 2016 et 2018, par exemple, une étude a révélé que l'incidence de la méningite bactérienne variait de 71 à 619 cas pour 100 000 habitants dans ces régions, avec un taux de létalité de 3,1 %. Plus récemment, en 2024, plusieurs localités ont franchi le seuil d'alerte épidémique, notamment Abomey dans le Zou, Cotonou I dans le Littoral, Glazoué dans les Collines, Kandi dans l’Alibori, et Tanguiéta dans l’Atacora, avec des taux d’attaque oscillant entre 3,2 et 12 cas pour 100 000 habitants selon les semaines.

Dans le sud, à l’opposé, notamment dans les communes riveraines du lac Nokoué et du fleuve Ouémé, les inondations sont devenues un fléau annuel. Ces crues provoquent des déplacements de populations et rendent l’accès à l’école difficile, voire re**rdée. « Chaque année, nous devons débuter les cours parfois en re**rd à cause des eaux qui envahissent les salles de classe », confie un Directeur d’école de la place. Les enfants exposés aux eaux stagnantes sont aussi victimes d’un accroissement des maladies hydriques, telles que la diarrhée et le paludisme, qui restent des causes majeures de mortalité infantile. Les familles les plus pauvres, souvent logées dans des quartiers précaires, sont les plus touchées, explique Luc V. Adjabo, médecin.

Une vulnérabilité multidimensionnelle exacerbée par le climat

Au-delà des impacts directs, le changement climatique aggrave des facteurs socio-économiques déjà fragiles comme l’explique Dr Joel Houngue, environnementaliste. La pauvreté, les logements insalubres, l’accès limité à l’éducation et aux soins amplifient la vulnérabilité des enfants. Selon une étude publiée dans Nature Climate Change, les enfants africains paieront l’un des plus lourds tributs du changement climatique, avec une augmentation prévue des maladies, de la malnutrition et des perturbations scolaires. « Environ 820 millions d’enfants sont exposés à des vagues de chaleur extrêmes, 570 millions à des inondations, et 600 millions à des maladies comme le paludisme », rappelle Luc Adjabo. Face à ces défis, plusieurs initiatives émergent au Bénin pour renforcer la résilience des enfants. Des ONG locales et internationales développent des programmes de sensibilisation et des outils pédagogiques adaptés pour informer les enfants sur le changement climatique et ses effets. Certaines, comme BEES (Benin Environment and Education Society) et Planète Urgence, se concentrent sur l'éducation environnementale, la conservation et la gestion durable des ressources naturelles. D'autres, comme Save Our Planet et JVE-Bénin, favorisent l'engagement des jeunes dans la lutte contre le changement climatique et la promotion de l'éducation à la citoyenneté mondiale. Des efforts sont aussi faits pour améliorer les infrastructures scolaires et sanitaires afin qu’elles soient plus résistantes aux aléas climatiques.

Le Plan national d’adaptation du Bénin, lui, insiste sur la nécessité d’intégrer les besoins spécifiques des enfants dans les politiques climatiques, notamment en renforçant les systèmes éducatifs et de santé. Et malgré leur vulnérabilité, les enfants béninois montrent une prise de conscience remarquable. Grâce, 12 ans, originaire du nord, témoigne : « la sécheresse a rendu notre village difficile à vivre, mais à l’école, on apprend comment protéger la nature pour que ça change. » Dans le sud, Rodrigue, 10 ans, ajoute : « Quand il y a des inondations, on ne peut pas parfois, aller à l’école. Je veux que les grandes personnes fassent quelque chose pour que ça s’arrête. »

Chiffres alarmants de l’UNICEF

Selon l’UNICEF, le Bénin est classé parmi les 33 pays à haut risque où le changement climatique affecte le plus les enfants, avec un indice de risque climatique pour les enfants (CCRI) de 7,6, indiquant une exposition croissante aux chocs climatiques. En 2024, près de 1,9 million d’enfants du nord ont été confrontés aux risques liés à la crise du Sahel, aux épidémies et aux inondations. Ces événements, selon l'institution internationale, ont provoqué le déplacement de plus de 33 000 personnes, dont plus de 8 000 enfants déplacés internes. Par ailleurs, les inondations ont perturbé la scolarité de plus de 6 000 élèves. La Troisième communication nationale sur les changements climatiques souligne que les conséquences sanitaires sont dramatiques : baisse de l’immunité chez la femme enceinte, troubles du comportement et régression de la croissance chez les enfants de moins de 5 ans, ainsi qu’une mortalité infantile très élevée. La méningite, particulièrement prévalente dans le nord, provoque des séquelles graves comme la cécité et des re**rds mentaux, voire des décès rapides.

Face à l’ampleur des défis climatiques, les enfants béninois se retrouvent en première ligne, exposés à une double peine : la détérioration de leur environnement naturel et l’aggravation de leur vulnérabilité sanitaire et sociale. « La sécheresse dans le nord, les inondations dans le sud, et les maladies liées au climat ne sont pas seulement des phénomènes abstraits, mais des réalités quotidiennes qui brisent des vies et compromettent l’avenir de toute une génération », explique Dr Joel Hounguè, environnementaliste. Pourtant, poursuit-il, des initiatives locales et internationales émergent, portées par des acteurs engagés qui, avec les enfants eux-mêmes, construisent peu à peu des solutions durables. Mais, propose-t-il, ces efforts doivent être renforcés et soutenus par des politiques publiques adaptées, intégrant prioritairement les besoins spécifiques des plus jeunes. Le défi est immense, mais l’avenir du Bénin dépend de « notre capacité collective à protéger ses enfants, en leur offrant des conditions de vie plus sûres, une éducation adaptée et un environnement résilient. Parce que la lutte contre le changement climatique est aussi une lutte pour la vie des enfants, il est urgent d’agir, ensemble, pour que chaque enfant béninois puisse grandir, apprendre et rêver dans un pays où le climat ne sera plus un ennemi, mais une force préservée », propose l'expert. Réalité oblige, après la COP 27, l’exécutif béninois a approuvé une déclaration baptisée « Déclaration des enfants, des jeunes pour l’action climatique », portée par les enfants en faveur de l’action climatique. Cette décision n’appelle-t-elle pas, elle aussi, à une action rapide et adaptée, d’autant plus que le rapport sur les perspectives économiques de la Banque mondiale publié en mai 2024 classe le Bénin au 152e rang mondial en matière de vulnérabilité face au changement climatique ?

30/04/2025

À force d’attendre, on avait fini par croire que les élections à l’Uneb étaient un vieux souvenir de l’époque coloniale. Tenez, ce n'est pas de l'exagération

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