07/05/2019
LETTRE OUVERTE DE LA LIGUE DES FORCES ENGAGEES POUR LA PATRIE (LIFE PATRIE) A SON EXCELLENCE LE PRESIDENT PATRICE TALON
Claude DAGBA et les siens montrent la voie idéale au Président Patrice TALON.
Excellence et Bien-aimé Monsieur le Président,
Il n’est pas évident que cette lettre vous parvienne ou retienne votre attention. Des personnes plus illustres les unes que les autres nous ont précédé, et tout, ou presque, aura sûrement été déjà écrit. Pourtant, nous écrivons. Nous laissons pourtant cette lettre-ci s’écrire, non par des sommités politiques ou intellectuelles, mais par de simples gens, des gens ordinaires qui sont là, dans le peuple, et qui ont en partage le bon sens universel. Nous sommes ces gens là que vous n’écouteriez pas en temps normal, qui ne réussiraient jamais à vous prendre une seconde de votre précieux temps, mais qui vous donneraient toute leur vie. Nous sommes celles et ceux qui vous aiment sans calcul, qui se sont laissé persuader que par vos actions à la tête de la république, de notre république, vous bâtissez pour des décennies. C’est au long de ces décennies, et non seulement à la fin de votre quinquennat, que nous nous voyons vous porter en triomphe. Nous voulons continuer à nous préparer au triomphe. Continuez, Bien-aimé Monsieur le Président, à nous donner des raisons d’y croire. Nos voix dissonent avec celles qui ont votre oreille, mais elles proviennent de cœurs qui vous aiment et vous veulent du bien. Après avoir écouté nos cœurs aimants vous crier ces phrases d’espoir et d’amour, nous vous prions, Monsieur le Président, de ne plus écouter personne, ni nous ni ceux qui vous entourent, mais de n’écouter que vous-même. Vous-même, seul plus que jamais face à l’histoire. Vous êtes un homme de pouvoir, et tenez le pouvoir depuis trois décennies. Mieux que nous, vous savez que gravitent autour du pouvoir des ‘’Jacques DUTRONC’’ qui sont à la fois pour le communisme, pour le socialisme et pour le capitalisme. Ils savent retourner leur veste toujours du bon côté. En 1990, nous avons entendu ici au Bénin un bon révolutionnaire dire qu’il était dans le système pour le faire imploser. Il a gouverné avec SOGLO et a su traverser tous les régimes qui lui ont succédé. Vous-même travaillez aujourd’hui avec une multitude de personnes qui ont adulé votre prédécesseur, et qui auront des mots pour noircir votre bilan, quand cela leur sera nécessaire pour trouver place au soleil dont le lever suivra votre crépuscule. L’expression couramment utilisée ici est : « Il est fini ». Vous le savez, ils l’ont dit en 1991. Ils l’ont répété en 1996, puis en 2006, et encore en 2016. C’est toujours là, tapi sous leur langue, et ils le diront encore quand ils sentiront le moment propice avec vous. C’est une question de flair, et le leur est infaillible, Monsieur le Président.
Bien-aimé Monsieur le Président,
c’est une évidence, vous êtes l’otage des Raspoutine et des Machiavel clonés, plus futés encore que les ‘’originaux’’. Et vous êtes vous-même l’unique commando qui peut vous libérer. Vous en avez les ressources. Vous en avez l’intelligence. Vous êtes si intelligent que vous avez perçu et reconnu, bien plus que l’intelligentsia béninoise, que nos cadres manquent de compétence. Nous sommes certains que votre intelligence a déjà décelé combien le bon sens et la raison ont fui les raisonnements menés ces jours-ci par des personnes qui se battent pour leurs intérêts, et pensent pouvoir vous faire croire qu’ils servent votre mandat. Nous ne voulons leur opposer qu’une seule analyse et laissons la rue désintéressée, et donc plus clairvoyante, continuer à tourner leur immense ‘savoir’ en dérision. Ils se sont succédé pour ‘’analyser’’ les causes de la faible participation des électeurs béninois aux dernières élections législatives. Selon eux, qui, nous l’espérons pour eux, ne peuvent croire en ce qu’ils disent eux-mêmes, les électeurs ne sont pas sortis parce qu’ils craignaient pour leur sécurité. Point final. Les petites gens qui n’ont que leur cœur pour penser, sont, comme nous, parvenus à voir en ce faible taux de participation, ce que votre brillante intelligence a sûrement déjà compris, Monsieur le Président. Certains électeurs ont eu peur, et ne sont pas allés voter. C’est vrai, mais ce n’est pas tout. En dehors des arrondissements minoritaires où il y a eu de réelles violences, tout était calme partout ailleurs, comme à Cotonou, à Allada, où pourtant les taux de participation étaient parmi les plus faibles. Ceux qui voulaient voter sont bien allés voter, dès qu’ils ont réalisé qu’aucune violence ne s’exerçait dans leur ville, quand bien même ils avaient peur au début de la journée. Insister avec les arguments avancés consisterait à mépriser notre police républicaine et notre vaillante armée dont vous-même êtes le Chef suprême. Cela reviendrait à insinuer que le citoyen béninois ne se sent pas sécurisé contre une violence inexistante face à un impressionnant dispositif dissuasif. Monsieur le Président, nous allons vous dire la vérité ; beaucoup, vraiment beaucoup parmi nous qui vous aimons, qui vous soutenons et voulons vous porter en triomphe, n’ont pas voté le 28 avril, non par peur, mais parce qu’ils ont librement décidé de ne pas voter. Savez-vous pourquoi, Bien-aimé Monsieur le Président ? Certains électeurs n’étaient pas motivés, les budgets des partis en lice étant logiquement à la taille de l’enjeu. Et la catégorie d’électeurs – parmi les plus nombreux – dont il s’agit ici, font généralement bien ce pour quoi ils sont bien motivés. D’autres électeurs, parmi ceux acquis à la Rupture, sont restés chez eux simplement parce qu’ils étaient convaincus que, de toute façon, la Rupture avait déjà gagné les élections. Mais il y a Monsieur le Président, une dernière catégorie de citoyens qui sont vos partisans, mais qui étaient convaincus que vous n’aviez pas besoin de ce parlement entièrement ‘’rupturiste’’, que des indiscrétions de votre entourage clamaient déjà à leurs oreilles bien avant le processus électoral. Ces partisans là ont eu le sentiment qu’une certaine injustice se commettait, et votre peuple n’aime pas l’injustice, Monsieur le Président. Tout cela, ceux qui montent au créneau pour préserver leurs intérêts le savent bien. Mais, ils ne savent pas que vous l’avez compris aussi. Ceux dont vous connaissez bien l’incompétence et dont vous êtes aujourd’hui l’otage, ne peuvent pas continuer à mettre sous éteignoir la brillante intelligence que nous nous accordons à vous reconnaître. Ils flattent votre puissance ‘’agbon’’, ils louent vos talents de compétiteur, et taisent sciemment votre intelligence qui seule peut vous extraire à leur emprise. Cette même intelligence qui a caractérisé le sens de l’anticipation dont le Général Mathieu KEREKOU a fait preuve en s’extrayant à l’influence de ceux là qu’il appelait déjà des ‘’intellectuels tarés usés et fatigués’’. Cette même intelligence qui a fait dire au Général que la Conférence était souveraine, au moment où plusieurs de ses lieutenants voulaient et lui conseillaient le contraire. Et soudain, 17 années de fautes et d’erreurs lui ont été pardonnées. Et il a été porté en triomphe de son vivant et pour la postérité. Excellence et Bien-aimé Monsieur le Président, certains autour de vous disent que nos deux anciens présidents sont mus par leurs propres intérêts et n’agissent pas pour le peuple. Nous, qui pourtant vous soutenons, qui croyons en votre mandat et voulons vous porter en triomphe, voyons avec sincérité que l’énergie, la conviction, la passion de nos octogénaires ‘’finis’’ sont mues bien plus que par des intérêts personnels. Nous croyons que les foules qu’ils drainent spontanément ont dû percevoir en eux cette sincérité patriotique qui ne trompe pas. Nous avons peur, Monsieur le Président. Nous avons peur de voir des personnes hâtivement déclarées ‘’finies’’ reprises en main et requinquées par des mains expertes qui craindraient de se dégraisser avec les mesures hardies que vous prenez pour conforter notre indépendance et imposer le respect aux puissances étrangères. Nous avons vu des personnes ‘’finies’’ se muer en cobras au centre du continent, pour revenir aux affaires. Et vous savez, Monsieur le Président, qu’elles n’ont pas agi seules. Nous ne pouvons vous conseiller. Nous pouvons juste oser faire entendre par amour, de la voix à peine audible de l’agent d’entretien ou du domestique qui se sent pourtant membre de la famille, ce que nous pensons sincèrement. Plus les jours passeront, plus le courage s’installera dans le camp des manifestants, et plus la passion sourde à la raison prendra possession des esprits. Et dans cette ambiance, les forces de sécurité seront diminuées parce que, vous le savez, Monsieur le Président, elles doivent mettre de la mesure dans la répression. Un débordement, une bavure pourraient servir de prétexte à une ingérence à la bonne foi douteuse, qui, Dieu nous en garde, nuirait à la rupture et à la république. Nous ne le voulons pas, Bien-aimé Monsieur le Président. Le sommet du savoir, la connaissance des connaissances, c’est la sagesse. Et la quête constante de la sagesse en laquelle nous devons être pousse le psalmiste à dire de l’homme que, « quand il croit tout savoir, il ne fait que commencer ». Et L’histoire déborde d’exemples de conclusions de recherches faites à coups de milliers de milliards de dollars, mais que le temps remet simplement en cause. Ceci parce que l’homme est toujours en quête de la vérité, et remet perpétuellement en cause celles du moment. Il ne peut en être autrement de l’histoire de notre pays, quoique petit. Il ne doit en être autrement de la décision politique. Tout est relatif, et vous saurez, nous n’en doutons pas, puiser dans votre intelligence les ressources qu’il vous faut pour ne plus écouter personne sinon vous-même, sinon votre cœur. Vous aimez le Bénin, Monsieur le Président, et le démontrez si bien par votre admirable gestion économique, quoiqu’on en dise. Nous ne doutons pas non plus qu’au-delà des intérêts férocement défendus, toutes nos chapelles politiques aiment ce pays. Ce que nous avons tous en commun, c’est l’amour, c’est l’amour pour notre pays. De célèbres auteurs nous parlent ici de l’amour. Nous les intégrons à notre adresse, sans discrimination, et vous prions, Bien-aimé Monsieur le Président, de les écouter avec patience. Antoine de Saint-Exupéry écrit : « L’amour véritable : un réseau de liens qui fait devenir ». Pour que ce réseau de liens fasse devenir notre peuple, nous devons tous comprendre avec Paul Valéry que « l’amour consiste à être bête ensemble ». Personne n’est bête quand ensemble nous sommes bêtes. Nous attisons juste l’amour qui nous lie afin qu’il ne s’éteigne faute d’augmenter.
Excellence Monsieur le Président, nous voulons vous porter en triomphe avant l’heure. C’est maintenant l’heure du triomphe ! Nous attendons juste de vous, qu’en vos propres thèmes, vous nous disiez, suite à Cécile SOREL : « Mes amours, je me suis épris, je me suis mépris, je me suis repris ». Nous entendons monter de votre peuple des clameurs, car des phrases comme celle-là ennoblissent les puissants. Elles font perdre leur assurance au margouillat qui déjà hoche la tête à l’idée de glisser dans la fente qu’il aperçoit dans notre mur. Et, comme nous y recommande le sage chinois Lao-Tseu, nous serons attentifs à la fin comme au commencement, et alors nous n’échouerons jamais.
LIFE PATRIE