17/08/2026
La peau noire a longtemps été marginalisée, perçue comme sale, inférieure ou indigne. Dans certaines sociétés, plus une personne est claire, plus elle est associée à la beauté, au prestige et à une meilleure considération sociale. Le colorisme est aussi présent dans certaines communautés, où être très foncée peut être perçu comme un désavantage. Si aujourd’hui certaines femmes vont jusqu’à risquer leur santé en se dépigmentant la peau pour être mieux acceptées, ce n’est pas sans lien avec cette histoire et avec les normes de beauté qui en ont découlé. Cette pression a également nourri une véritable industrie cosmétique autour du désir de devenir plus claire. Je suis née riche en mélanine, plus foncée que certaines de mes sœurs, et j’ai grandi avec des représentations de femmes noires magnifiques comme Naomi Campbell, Alek Wek, Lupita Nyong’o, Nyakim Gatwech et Khoudia Diop. Mais avec la maturité, j’ai surtout compris quelque chose : lorsqu’on me dit « tu es belle malgré ta peau très foncée », ce qui est présenté comme un compliment peut, pour moi, être une insulte. Parce que derrière ce « malgré » se cache l’idée que ma couleur aurait dû être un obstacle à ma beauté. « Elle est très noire, mais elle est belle. » Pourquoi faudrait-il être moins belle parce qu’on est plus riche en mélanine ? Pourquoi notre peau devrait-elle être considérée comme un désavantage ? Je n’aime pas toujours aborder ce sujet, parce qu’il me met profondément en colère. Mais je pense qu’il faut en parler. Le jour où quelqu’un valorise une personne davantage simplement parce qu’elle est plus claire, je comprends immédiatement que je suis face à une personne influencée par le colorisme et par ses propres complexes. Je suis foncée. Je l’ai toujours été, et c’est l’une des choses dont je suis le plus fière. Pas parce que je me sens supérieure aux femmes à la peau claire, mais parce que cette peau fait partie de mon identité. J’ai toujours été fière d’être « la fille noire, celle qui est foncée ». Et pour moi, cette fierté n’est pas une hiérarchie : c’est simplement la fierté de savoir qui je suis.
Avant de communiquer avec une personne, je pense qu’il faut chercher à comprendre ses luttes, son histoire et ce qui a façonné sa perception des choses. Moi, je me trouvais belle dans ma peau. Pour être honnête, je pensais même que ma peau ajoutait quelque chose à ma beauté, notamment parce que j’étais régulièrement sollicitée pour des castings. Puis j’ai vu les filles de ma génération commencer à vouloir se dépigmenter la peau, et au début, je ne comprenais pas pourquoi elles faisaient cela. J’ai alors cherché à comprendre notre histoire, notre passé et les origines de ces complexes. C’est ainsi que j’ai compris que ce n’était pas simplement une question de goût, mais aussi le résultat de normes de beauté profondément ancrées dans notre histoire. C’est devenu une lutte personnelle pour moi : faire comprendre à nos sœurs qu’elles n’ont pas besoin de changer leur couleur pour être belles, et que notre peau, quelle que soit sa profondeur, peut aussi briller, rayonner et même « bronzer » 😁.