20/08/2026
𝐆𝐫𝐚𝐦𝐦𝐚𝐭𝐢𝐜𝐚𝐥𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐣𝐮𝐬𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐧𝐞𝐱𝐩𝐥𝐨𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞:
𝐋𝐞 𝐓𝐆𝐕 𝐢𝐯𝐨𝐢𝐫𝐢𝐞𝐧 "𝐫𝐨𝐮𝐥𝐞𝐫𝐚" 𝐬𝐮𝐫 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐥𝐚𝐧𝐠𝐮𝐞?
𝐶𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑒 𝑚𝑎𝑛𝑢𝑒𝑙 𝐵𝑎𝑠𝑖𝑐 𝐶𝑖𝑣𝑖𝑙 𝐸𝑛𝑔𝑖𝑛𝑒𝑒𝑟𝑖𝑛𝑔 𝑑𝑒 𝑆.𝑆 𝐵𝐻𝐴𝑉𝐼𝐾𝐴𝑇𝑇𝐼 𝑝𝑢𝑏𝑙𝑖𝑒́ 𝑝𝑎𝑟 𝑁𝑒𝑤 𝐴𝑔𝑒 𝐼𝑛𝑡𝑒𝑟𝑛𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛𝑎𝑙 𝑃𝑢𝑏𝑙𝑖𝑠ℎ𝑒𝑟𝑠 𝑟𝑒́𝑣𝑒̀𝑙𝑒 𝑠𝑢𝑟 𝑢𝑛 𝑚𝑒́𝑡𝑖𝑒𝑟 𝑞𝑢𝑒 𝑙𝑎 𝐶𝑜̂𝑡𝑒 𝑑'𝐼𝑣𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑣𝑎 𝑑𝑒𝑣𝑜𝑖𝑟 𝑖𝑛𝑣𝑒𝑛𝑡𝑒𝑟 𝑎̀ 𝑔𝑟𝑎𝑛𝑑𝑒 𝑒́𝑐ℎ𝑒𝑙𝑙𝑒.
Ce manuel, publié en Inde commence par une phrase presque anodine : «𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐢𝐧𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐞𝐮𝐫, 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐨𝐢𝐭 𝐬𝐚 𝐬𝐩𝐞́𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐭𝐞́, 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢̂𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐮𝐝𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐝𝐮 𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐞 𝐜𝐢𝐯𝐢𝐥, 𝐩𝐚𝐫𝐜𝐞 𝐪𝐮'𝐢𝐥 𝐝𝐞𝐯𝐫𝐚 𝐭𝐨̂𝐭 𝐨𝐮 𝐭𝐚𝐫𝐝 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐚𝐛𝐨𝐫𝐞𝐫 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐜𝐞𝐮𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐥𝐞 𝐩𝐫𝐚𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞𝐧𝐭 ».
Rien de spectaculaire à première vue, un ouvrage pédagogique, des chapitres sur les matériaux, les fondations, les structures, la planification des bâtiments.
Mais à le feuilleter avec l'œil d'un traducteur, on y découvre autre chose : la preuve, page après page, qu'un chantier ne se construit jamais dans une seule langue, ni même dans un seul vocabulaire à l'intérieur d'une même langue.
Un béton armé n'est pas un concept, c'est un empilement de termes précis, dosage, granulats, ferraillage, résistance caractéristique, dont la moindre approximation, une fois traduite de travers dans un cahier des charges, peut coûter une fissure, un re**rd, ou pire.
C'est un vocabulaire différent de celui du contrat commercial ou de la négociation d'affaires, plus proche de la nomenclature que du discours, mais tout aussi redoutable pour qui doit le faire passer d'une langue à l'autre sans en perdre l'exactitude.
On ne traduit pas un plan de fondation comme on traduit une lettre d'intention. On ne traduit pas la résistance d'un ferraillage comme on négocie une clause de pénalité.
Chaque discipline technique a sa propre langue au sein de la langue. Traduire suppose d'en comprendre l'architecture conceptuelle avant d'en transposer les mots, faute de quoi la traduction produit des phrases grammaticalement justes et techniquement inexploitables.
Or la Côte d'Ivoire s'apprête à multiplier, à une échelle inédite, les situations où cette exactitude technique devra franchir la barrière des langues.
Le Plan National de Développement 2026-2030 articule son programme d'infrastructures autour d'un montant d'investissement dépassant 114 000 milliards de francs CFA, avec pour ambition affichée de porter le pays au statut de revenu intermédiaire supérieur.
Derrière ce chiffre, des chantiers concrets et déjà nommés : un métro à Abidjan, un train à grande vitesse reliant Abidjan, Yamoussoukro, Bouaké et le Nord du pays sur plus de six cents kilomètres, deux nouveaux aéroports internationaux, des milliers de kilomètres de routes et d'autoroutes.
Le financement de cette ambition, précise le plan, reposera à plus de soixante-dix pour cent sur le secteur privé. C’est-à-dire sur des bailleurs, des majors du BTP, des cabinets d'ingénierie et des institutions financières internationales dont l'anglais, le mandarin ou d'autres langues seront la langue de travail courante.
Chacun de ces chantiers va générer un volume considérable de documents que le manuel de génie civil, malgré son âge et son origine lointaine, permet de nommer avec précision : cahiers des charges, études géotechniques, rapports d'avant-projet, appels d'offres internationaux, contrats de construction, normes de matériaux.
Autant de textes où l'à-peu-près linguistique n'est pas une maladresse de style mais un risque contractuel, parfois un risque structurel. Un traducteur généraliste, aussi compétent soit-il en langue générale, ne suffit pas à ce travail : il faut connaître la différence entre une fondation superficielle et une fondation profonde, entre un béton précontraint et un béton fibré, pour ne pas produire, dans la langue d'arrivée, un texte qui sonne juste mais qui induit l'ingénieur en erreur.
C'est cette exigence-là, la traduction et l'interprétation techniques dans des domaines de haute spécialisation, du secteur maritime aux dossiers d'infrastructure, que je pratique depuis plus de vingt-six ans, y compris récemment sur un projet de plusieurs centaines de pages destiné à des experts du secteur maritime et portuaire.
Le génie civil et les grands travaux ivoiriens s'annoncent comme le prochain terrain où cette compétence sera moins un service d'appoint qu'une condition de bonne exécution des projets.
Un pays peut lever cent quatorze mille milliards de francs CFA pour ses infrastructures ; si le cahier des charges traduit pour un bailleur international comporte une erreur de terminologie technique, ce n'est pas l'ingénierie qui aura failli. C'est la traduction qu'on aura crue accessoire.
𝐒𝐞́𝐛𝐚𝐬𝐭𝐢𝐞𝐧-𝐇𝐞𝐫𝐯𝐞́ 𝐆𝐔𝐄𝐇𝐈
𝐓𝐫𝐚𝐝𝐮𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐭𝐞𝐜𝐡𝐧𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐬𝐩𝐞́𝐜𝐢𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞́𝐞
𝐈𝐧𝐭𝐞𝐫𝐩𝐫𝐞́𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐢𝐦𝐮𝐥𝐭𝐚𝐧𝐞́𝐞 𝐝𝐞 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐜𝐞
Salon des Infrastructures d'Abidjan Africa Free Trade Zone - Afcfta Gouvernement de Côte d'Ivoire Banque mondiale African Development Bank