15/05/2022
LES MÉMOIRES DE LA VILLE DE BOUAKÉ.
FEU EL HADJ TIÉMOKO DIARRA, EX- GRAND IMAM DE LA MOSQUÉE DE DAR ES SALAM 2 MANGOROTOU À BOUAKÉ.
Feu El Hadj Tiémoko Diarra a été le 2ème Grand Imam de la Mosquée de Dar Es Salam 2 Mangorotou à Bouaké. L'Imam Tiémoko Diarra était un érudit musulman exceptionnel et un intellectuel accompli. Parlant plusieurs langues, dont l'Arabe, le Français et l'Anglais. L'Imam Diarra était aussi un fin spécialiste du Tafsir, traduction, explication et interprétation du Saint - Coran.
Pour l'histoire, l'Imam Tiémoko Diarra est né vers 1929 dans la Sous-préfecture de Kouto (Boundiali) dans le Nord de la Côte d'Ivoire. C'est un Employé de Poste de Tiémélékro qui lui a donné cette date de naissance pour lui permettre d'établir ses documents d'identité, parce qu'il voulait s'offrir à l'époque une machine à écrire de marque "Triumph" car il voulait absolument travailler dans l'Administration Publique.
Il avait longtemps fréquenté son Maître "Bakoroba" qui lui avait enseigné les rudiments de base du SAINT CORAN et des HADITHS. Pour compléter sa formation, il s'est inscrit aux cours du soir pour apprendre à lire, écrire et calculer en français. Ensuite, il s'est inscrit à l'auto-école où il obtient le Permis de Conduire. Il travaille d'abord comme apprenti de gros camion à Tiémélékro puis comme dactylographe avec sa machine à écrire au Bureau de Poste de Tiémélékro.
Avec ses économies et sa machine à écrire, il part pour Niono au Mali, son oncle CHAMAGAN DIARRA à Sokoura Fandekinin (Paix à son âme en savait quelque chose). C'est à Niono, qu'il a épousé sa première épouse alors qu'il continuait ses études coraniques. Mais il était trop ambitieux pour s'arrêter en si bon chemin. Il a appris des nouvelles d'un érudit qui vivait à Oulata en Mauritanie. Il s'est déplacé à la recherche de cet érudit qui s'appelait Cheick Sill Amadou Bakaye pour parfaire sa formation en Théologie Islamique. Et c'est à Oualata en Mauritanie que naissent ses premiers enfants.
Lorsqu'il revient à Bouaké en 1965, avec son épouse et ses deux premiers enfants, il réside au Djambourou chez le doyen Salifou Berthé. Après, la démolition du village allogène de Dougouba en 1967, les populations sont relogées dans les quartiers de Dar-Es-Salam et de Belleville. Au début des années 1980, le nouveau quartier de Dar Es Salam 2 construit sa Mosquée et l'imam Tiémoko Diarra est coopté pour devenir l'adjoint du premier imam puis le 2ème imam de l'histoire de la Grande Mosquée de Dar Es Salam 2 Mangorotou.
L'Imam Tiémoko Diarra va ensuite devenir un grand et célèbre érudit dans la ville de Bouaké des années 1988 jusqu'à son décès en 2006. Il impressionnait par son niveau de culture générale, son éloquence en français, en arabe et en anglais. Il était surtout, un fin connaisseur du Saint-Coran. Ses prêches et surtout ses cours de Tafsir (lecture, traduction, explication et interprétation du SAINT-CORAN lors du mois béni du Ramadan était énormément prisés par les Imams, élèves coraniques et fidèles musulmans.
Enfin, décédé le 1er novembre 2006 à Abidjan, la dépouille de l'Imam Tiémoko Diarra a été ramené à Bouaké, où des milliers de fidèles musulmans ont participé à ses obsèques. Qu'ALLAH lui fasse miséricorde ainsi qu'à tous nos défunts. Que le Paradis Al Firdaws soit sa dernière demeure. Amine yarabi.
By :
COULIBALY Moumoune
Coordonnateur Général de la Fondation
LES MÉMOIRES DE LA VILLE DE BOUAKÉ.