06/12/2025
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Le communiquรฉ publiรฉ le 2 dรฉcembre 2025, rappelant lโinterdiction de circulation des motos et tricycles sur plusieurs grandes voies dโAbidjan, mรฉrite rรฉflexion.
Bien que la volontรฉ dโassurer la sรฉcuritรฉ routiรจre soit lรฉgitime, la portรฉe de cette interdiction pose un vรฉritable problรจme socio-รฉconomique.
En effet, les motos et tricycles ne sont pas seulement des moyens de dรฉplacement : ils constituent aujourdโhui lโun des piliers de lโรฉconomie urbaine ivoirienne.
Des milliers de livreurs, de PME de livraison, de commerรงants, dโartisans et de petites entreprises dรฉpendent directement de ces vรฉhicules pour travailler, se dรฉplacer et servir leurs clients.
Restreindre presque toutes les grandes voies de circulation, puis annoncer la saisie et destruction des engins sans autre formalitรฉ, revient ร compromettre les moyens de subsistance de milliers de familles.
Cela aura des consรฉquences prรฉjudiciables : hausse du chรดmage, ralentissement du commerce, augmentation du coรปt de la vie et perte de compรฉtitivitรฉ pour de nombreuses entreprises locales.
Mรชme les grandes nations industrialisรฉes comme la Chine, le Vietnam et lโIndonรฉsie โ reconnues pour la densitรฉ de leur urbanisation โ ne sont pas passรฉes par une interdiction massive des motos.
Elles ont plutรดt choisi une approche moderne : rรฉgulation, professionnalisation, formation, assurance obligatoire...
Il serait donc plus productif dโenvisager une rรฉgulation intelligente, plutรดt quโune interdiction totale qui freine lโactivitรฉ รฉconomique et touche en premier les populations les plus modestes.
Une ville moderne ne se construit pas en supprimant les outils de mobilitรฉ, mais en les organisant.