31/03/2026
𝐋𝐚 𝐩𝐡𝐨𝐭𝐨 𝐝𝐞 𝐑𝐢𝐡𝐚𝐧𝐧𝐚 𝐚̀ 𝐄́𝐩𝐢𝐧𝐚𝐥 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐛𝐞𝐚𝐮𝐜𝐨𝐮𝐩 𝐩𝐚𝐫𝐥𝐞𝐫. 𝐄𝐭 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐡𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐭𝐨𝐮𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐥𝐞𝐧𝐜𝐡𝐞 𝐚𝐮𝐭𝐨𝐮𝐫 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐬𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐚̀ 𝐦𝐞 𝐟𝐚𝐭𝐢𝐠𝐮𝐞𝐫.
J’en ai assez de voir une photo et trois lignes d’info sur une personne reprises partout, amplifiées à toute vitesse, puis installées comme une vérité sans que l’on sache vraiment ce qui a été vérifié.
Et au fond, cette histoire pose une question plus large.
C’est quoi, aujourd’hui, communiquer ?
Est-ce simplement réagir le plus vite possible à ce qui buzze ?
Saisir un sujet parce qu’il fait parler, même s’il n’a aucun lien réel avec sa marque, son métier ou sa ligne éditoriale ?
Détourner une image virale juste pour exister dans la conversation du moment ?
À partir du moment où une photo devient virale, certains agissent comme si elle devenait automatiquement disponible, réutilisable, détournable. Comme si la notoriété de la personne photographiée suffisait à effacer toute question de droit, de respect ou simplement de cohérence éditoriale.
Le plus frappant, c’est de voir des marques ou des comptes saisir ce type de sujet juste pour exister dans la conversation du moment.
Pour moi, ce n’est pas une bonne idée de la communication.
Ce n’est pas de la créativité.
C’est du réflexe.
Mais cela pose aussi une autre question, encore plus inquiétante : c’est quoi, aujourd’hui, informer ?
Dans une époque saturée d’images, de rumeurs, d’outils d’IA, de contenus plausibles, de récits qui circulent plus vite que les vérifications, est-ce qu’on peut encore se contenter de reprendre ce qui tourne déjà ?
Est-ce qu’une photo, quelques lignes et une rumeur suffisent désormais à fabriquer une information crédible ?
Est-ce qu’on vérifie encore, ou est-ce qu’on se contente de republier ce qui a déjà été vu ailleurs en espérant que l’effet de masse lui donne une apparence de vérité ?
Je suis d’ailleurs l’un des premiers à utiliser l’IA dans mon travail, et je ne la rejette absolument pas. Mais ce n’est pas incompatible avec la prudence, le recul et l’exigence. Au contraire.
C’est peut-être cela qui me fatigue le plus.
Cette impression que, dans le bruit ambiant, tout peut très vite sembler vrai.
Et que plus une information circule, plus certains la traitent comme si elle était forcément solide.
Alors oui, cette histoire autour de la photo de Rihanna à la gare d’Épinal dit quelque chose de notre époque.
Pas seulement de notre rapport au buzz.
Mais aussi de notre rapport à l’image, à la vérification, à la crédibilité.
Communiquer, ce n’est pas simplement rebondir.
Informer, ce n’est pas simplement reprendre.
À l’heure où l’IA rend les contenus toujours plus faciles à produire, à détourner et à rendre crédibles, on devrait peut-être remettre un peu de valeur dans ce qui devrait rester la base :
le recul, la cohérence, la vérification.