09/09/2026
Hier, pour ma première rentrée comme prof à l’IUT, une étudiante m’a posé une question intéressante :
« Madame, vous ne pensez pas que les métiers de la communication vont mourir avec l’IA ? »
Outre le fait que le vouvoiement et le Madame m’ont mis une petite claque et 10 ans en 4 secondes, j’ai trouvé la question très pertinente.
Et ma réponse a été : Oui mais non.
Certains métiers de la communication, tels qu’on les pratique aujourd’hui, vont probablement prendre un sacré coup.
Rédiger des posts, sortir 30 idées de contenu, écrire une newsletter, ou exécuter un brief simple.
Soyons lucide, l’IA sait déjà faire une bonne partie du travail.
Et demain, elle le fera encore mieux. (Et plus vite, sans pause café, et même sans râler des briefs dernière minute)
Mais finalement, le VRAI métier de la communication et du marketing n’a jamais été simplement de produire du contenu. Ça va bien plus loin que ça…
C’est comprendre une entreprise, comprendre ses clients, identifier ce qui la différencie, faire des choix et construire une stratégie.
L’IA ne ressent pas une tension dans une salle.
Elle ne voit pas qu’un dirigeant dit “oui” alors qu’il n’est pas convaincu.
Elle ne comprend pas toujours ce qu’un client n’arrive lui-même pas encore à formuler.
Elle ne crée pas cette synchronisation avec les humains, cette confiance, cette lecture émotionnelle qui fait souvent toute la différence.
Humainement, elle est à côté de la plaque, soyons honnête.
Pour moi, l’IA est un excellent technicien, parfois (souvent) même un technicien exceptionnel.
Mais nous resterons les chefs d’orchestre.
C’est à nous de comprendre le contexte, de choisir la bonne direction, de relier le marketing au business, de challenger une idée, et surtout de sentir quand un message sonne faux.
C’est aussi ce que j’ai envie de transmettre cette année à mes étudiants :
Ne pas seulement apprendre à faire de la communication.
Apprendre à comprendre pourquoi, et pour qui, on la fait.