10/06/2026
𝗟𝗬𝗛𝗔𝗡𝗡𝗔 : 𝗥𝗔𝗦𝗦𝗘𝗠𝗕𝗟𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗗𝗘𝗩𝗔𝗡𝗧 𝗟𝗘 𝗧𝗥𝗜𝗕𝗨𝗡𝗔𝗟 𝗗'𝗔𝗨𝗖𝗛 (𝗚𝗘𝗥𝗦)
Suite à l’assassinat de la petite Lyhanna, et à la marche blanche qui s’est déroulée en sa mémoire dimanche à Fleurance, un rassemblement avait lieu hier soir devant le tribunal d’Auch, répondant à un appel national et à un appel local du syndicat Sud-Solidaires, très actif sur la défense des droits des femmes et des enfants, contre les violences sexuelles. Près d’un millier de personnes étaient présentes, avec de nombreuses pancartes. Les visages reflètent beaucoup d'émotion, à la pensée de cette fillette qui n'aurait pas dû mourir.
Au cours d’une prise de parole d’une militante de Sud, après un propos de solidarité avec la famille de l’enfant tuée, il a été rappelé que le suspect étant une connaissance de la victime, on avait là une confirmation du fait que dans 91 % des cas de violences sexistes et sexuelles les victimes connaissent leur agresseur [contrairement à une certaine propagande qui laisse entendre que le danger c'est un individu de passage]. Rappel a été fait des plaintes contre le mis en cause qui n’ont pas eu de suites ou n’ont pas abouti à son audition. Là encore cela confirme la statistique insupportable selon laquelle 9 plaintes sur 10 n’aboutissent pas. Le ministre de la justice Darmanin est accusé de ce fiasco : « nous dénonçons un système dans lequel le traitement des violences sexuelles à l'égard des enfants et des femmes garantit bien souvent une impunité aux agresseurs. De nombreux exemples récents le montrent. Et même lorsqu'ils sont reconnus coupables, les agresseurs ont pignon sur rue comme le montre l'affaire Morandini, condamné pour agressions sexuelles sur mineurs et longtemps resté à l'antenne. »
Macron s’était engagé, pour son premier quinquennat, à faire de la lutte contre les violences faites aux femmes une Grande cause et aujourd’hui, après ce terrible constat d’une faillite (la mort de Lyhanna aurait pu être évitée), il ose dire que ce n’est pas une question de moyens. L’Espagne est citée en exemple qui a mis en place des mesures qui se sont avérées efficaces. En France, on évalue à 160 000 le nombre d’enfants victimes de violences sexuelles chaque année et un enfant meurt sous les coups tous les 5 jours : la protection de l’enfance doit disposer de moyens à la hauteur du problème, et les enquêtes doivent être menées dans des délais raisonnables. « Nous exigeons la création d’un parquet spécifique comme pour lutter contre le terrorisme et les moyens nécessaires à son fonctionnement Les féminicides représentent autant de morts que le Bataclan, mais tous les ans ». L’intervention se termine par l’exigence d’une loi intégrale sur les violences faites aux femmes et aux enfants, financée, qui comprenne la prévention, la justice et la réparation, et que la liste des recommandations de la CIIVISE (Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants) soient mises en œuvre.
Un certain nombre de slogans sont lancés comme "Écoutons les victimes, écoutons les enfants", "Darmanin démission", "Où sont les élus ?" [à noter que l'élue des Alters à la mairie d'Auch a été cependant repérée dans la foule]. Un des manifestants prend la parole et dresse un réquisitoire nommément à l’encontre de la procureure de la République d’Auch, ce qui est moyennement apprécié dans la mesure où c’est le pouvoir politique qui doit être mis en cause et non une magistrate locale, qui fait par ailleurs l’objet de menaces de mort. Après sa déclaration, il essaye d’entraîner la foule et lui demande de tendre le bras main ouverte, ce qui provoque un tollé, tandis qu’il fait mine de s’étonner jurant qu’il n’a nullement voulu inciter à un salut n**i.
Plus t**d, des cris seront lancés appelant à la peine de mort, là aussi couverts par des réactions de manifestants désavouant ce dérapage. Un manifestant au premier rang appelle à « cramer les violeurs », une autre revendique pour eux « la castration chimique », une autre crie sa colère traitant la procureure de « pourriture » et hurlant et répétant face caméras « y en a marre ». La presse nationale a dépêché des envoyés spéciaux (RTL, BFM, France Info, CNews…). Un manifestant grimpe sur la statue de Thémis, déesse de la justice, et lui met un bandeau sur les yeux. Il s’agit du leader local de la Coordination Rurale qui fait peut-être d’une pierre deux coups puisque son syndicat est poursuivi en ce moment-même suite aux manifestations des agriculteurs du début de l’année et aux dégâts commis, poursuites qualifiées par la CR d’« acharnement judiciaire ».
Puis le rassemblement s’apaise avant de se disperser. Auparavant, Sud-Solidaires avait appelé à revenir lundi prochain, à la même heure (19h), au même endroit. YF [texte, photos et vidéo]
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Je rappelle l'article que j'ai publié sur 𝙎𝙤𝙘𝙞𝙖𝙡 𝙚𝙣 𝙦𝙪𝙚𝙨𝙩𝙞𝙤𝙣 sur Mediapart hier, en marge du drame de Fleurance :
𝗘𝗻𝗳𝗮𝗻𝗰𝗲 : 𝗹𝗲 𝗱𝗲́𝗻𝗶 𝗱𝘂 𝗳𝗼𝗿𝘁 𝗮𝗰𝗰𝗿𝗼𝗶𝘀𝘀𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝘀𝗶𝘁𝘂𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝗽𝗿𝗲́𝗼𝗰𝗰𝘂𝗽𝗮𝗻𝘁𝗲𝘀
Après la mort de Lyhanna, je ne me prononce pas sur les tergiversations des services enquêteurs mais, me fondant sur mon expérience professionnelle, je rappelle qu’il y a des intervenants sociaux confrontés à de graves situations familiales de plus en plus nombreuses. Ils résistent alors même qu'ils sont régulièrement mis en cause, servant de boucs émissaires face aux drames vécus par des enfants.
https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/080626/enfance-le-deni-du-fort-accroissement-des-situations-preoccupantes