art-chignaned

art-chignaned C'est une petite flaque crée au départ pour la Grenouille, un peu en sommeil aujourd'hui mais le

La page de la grenouille qui sommeille et que veille à entretenir le dit Serge Mathurin THEBAULT en attendant son réveil

21 juin 2026Il y a de l’infini dans tout ce que je touche. Ce n’est pas d’aujourd’hui. Petiot, sur le chantier de mon pè...
21/06/2026

21 juin 2026

Il y a de l’infini dans tout ce que je touche. Ce n’est pas d’aujourd’hui. Petiot, sur le chantier de mon père, à la recherche du clou égaré sur la planche, la caresse de sa matière illuminait mes mirettes, des merveilles que, moi seul, voyait.

Il en était de même lorsque je frottais mes menines contre la mousse des talus, que je les confrontais au rugueux contact du granit. Naissaient, alors, en ma tête, des émotions rares, des sensations subtiles, que moi, seul, je répète, percevait.

Tout était prétexte à enchantement du végétal au minéral. Tout amenait à s’envoler vers l’ailleurs, le véritable, celui que les piafs indiquaient, planant au-dessus de ma tête, la collée au sol par le corps..

Je me préparais, sans le savoir, à emprunter la route par laquelle ma chétive carcasse connaîtrait des expériences heureuses ou malheureuses, toutes inoubliables, hors d’un quelconque clan, côtoyant l’universel. Je choisirai la poétique à la politique. J’affûterai mon non contre le faux de l’intellectualisme. Il engendre le pouvoir. Je la vivrai à fond, l’aventure.

Je m’illusionnais. Je m’illusionne encore, lucide. Je connais l’homme et son affreuse machinerie. Je connais aussi sa rare capacité à s’inscrire dans le tout désordonné, d’y graver sa beauté dans le mouvement universel..

Pourraient, peut-être, me disais-je, exprimer par les mots, cette résolution de respirer intensément, si je parvenais à les glisser dans la gangue du merveilleux, que je les en ressortais tout imbibés de l’authenticité, pour conter une autre possibilité de vivre que dans le mirage du matérialisme.

Ce dernier exulte les tares, abreuve la rivière ineptie, n’offre aucun espoir d’élévation. Il nourrit la bauge du médiocre, du plaisir immédiat, qui n’est qu’une illustration de l’égoïsme.

Ce fut la base de la motivation, vivre en poésie. Je m’échine à polir les mots, sans rien attendre en retour. J’écris avec la couleur de ma palette sensible, le haut, ici bas, acagnardé.

Je demeure fidèle au choix de la vibration, ayant répondu aux nécessités du matériel, toit et manger.

Je tapote de mes doigts gauches, ma main droite. Je réfléchis. Je me prends un temps avant de m’y remettre dans le bruissement des phrases.. Ai-je été sincère ? Ai-je rapporté exactement ce que je ressens ?

Peu me chaut. J’illustre mon destin par le poème. J’en ai rien à fo**re de l’époque, de la mode, du système, du moment que je perpétue dans mes veines le flux incessant d’une vie refusant de se soumettre aux diktats du troupeau, couple et possession, mes marottes, notamment.

Je revendique mes défauts, du moins, pour cette société organisée, corsetée, injuste. Les saligots m’ont permis d’entreprendre ce voyage intérieur.

Je suis en forme. Je pète le feu, du moins cerveau. Je l’alimente du soleil interne jusqu’à la pellicule qui l’enserre. Je continue à faire dimanche, vivant. J’envoie sur vos murs, les derniers capturés, prose et poèmes, cette semaine, alors qu’ils se promenaient, badins, sur le quadrillé des pages vierges, sœurs de mes délires.

*******************

ENCORE LA ROSE

Je tends jusqu’au parfum de la rose toute ma concentration. Je détends mes mains ne sentant plus ses épines et toute chose, qu’elle soit intellectuelle ou manuelle, me semble si facile à appréhender, car je n’ai aucune explication à donner parasitant les effets de ma fée, inspiration.

Je suis alouette, exprimant son vol sur une toile bleue et claire. Je virevolte pinson au dessus de l’arête des rêves. Je suis ce que je tentais d’être, une impossible expression de la liberté..

***

PREMIER FRÉMISSEMENT

L’envie de s’endormir, sous l’effet acidulé d’un verbe entraînant dans sa gymnastique des attributs réticents à ne plus être ce qu’ils sont. Coller sa chair et l’invisible qu’elle retient dans une escouade de voyelles épousant des consonnes.

Ne plus contraindre sa langue, aux usages éculés du plaire. Arpenter, à sa façon, les lazarets qu’aînés ont empruntés, hors des affects idiots, méprisant l’enclume par leur plume.

Évoquer, un sacré, en toutes périodes, universel. Y entrer dedans !

Boire un litre de whisky péter un rot dans une neige de soie. Se dire qu’être incompris va de soi, lorsque sur l’arête d’un toit, titube un moineau, sous l’ivresse du soleil et que naît dans la tête, le premier frémissement d’une extase..

***

UNE DISEUSE

Tintement d’une cuillère
dans une tasse de café

Doigts de femme
gesticulent pour
illustrer une conversation

Tout à coup
vrombissement
de la machine
à laver la vaisselle

Le son de la voix
ne baisse pas

Aucun bruit ne perturbe
une diseuse

***

COCU POÈTE

Grâce à quémander
celle d’écouter
à son insu
un concert

Par la fenêtre
échappant du cercle
du courtil
monte
la mélopée des flûtes
jouée par des élèves
de l’école de musique

Applaudissements brefs
ajoute chair à la prestation.

Cocu poète !

****

FLASH

Deux êtres jamais vus
un silence sur lequel
se pose le furtif d’une pensée

Je m’approche de la pluie
Je vais à la rencontre du soleil

Serge Mathurin THÉBAULT

14 juin 2026Je vous attendais. Avez-vous passé une bonne semaine ? Moi, à l’habitude, malgré santé chancelante et obliga...
14/06/2026

14 juin 2026

Je vous attendais. Avez-vous passé une bonne semaine ? Moi, à l’habitude, malgré santé chancelante et obligations qui vont avec, j’ai continué peinard, à cheminer, canard, sur ma mare poétique.

Donc, malgré soucis inhérents à chaque existence, je me porte pas trop mal, presque à merveille. Je persévère mes acrobaties de zouave. Je lisse, jusqu’à ce que je ressente l’émotion ultime, la peau de mes copains, les mots.

« Il n’y a qu’une langue à traduire, la sienne », écrivait le Georges Perros, le poète de Douarnenez. Je suis raccord. Je l’adopte l’aphorisme. Il explique mieux que toute dissertation ma recherche profonde.

On a tort. On se donne des raisons. Nous voulons exister, pieds posés, sur les cases de l’échiquier. On se trompe. L’aventure n’aime pas la sécurité. L’ensorceleuse chérit le déséquilibre. Moi, qui comprends rien à rien, l’ai pourtant saisie, cette nécessité d’échapper aux normes du plomb pour le vivre pleinement l’expérience intérieure.

Je ne suis pas clair, comme d’hab. Je ne suis pas là pour administrer cours, étaler mes idées, décrire prison où meurt l’âme, ni disserter sur la matière de ses barreaux.

Je fais le con. J’agis pareil. Je suis filleul des abrutis. Je ne m’en lasse pas de dire « non », aux arrangements avec le médiocre, même si, parfois, je fais ménage, moi aussi, avec ce dernier.

Pas d’histoire à conter, aujourd’hui, enfin, je crois. J’en suis pas sûr. Une fée habite le couillon. Elle pourrait le contredire dans les lignes qui suivent.

Mémoire revient. Mémoire est revolver à plusieurs coups. C’était en décembre, ma dernière soirée alcoolisée (voir le dernier dominical). Je m’en suis souvenu parce que l’adolescente écoutait, chose saugrenue pour son âge, des chansons des années soixante-dix. Celles de Brigitte Bardot alimentaient le pot-pourri. La star mourut quelques jours plus t**d.

Étais-ce un signe du départ de la diva ? Moi, je suppute que oui. Moi, il faut que je les sente dans mon existence, les fameux signes, qu’évoquaient les aînés pour m’entretenir de la poésie. Leur présence indique que je demeure encore sur la route lumineuse. Je la prends, ainsi, l’anecdote.

Vous constaterez. Fée a repris les rênes du carrosse. La gredine s’avère maîtresse de ma boussole. J’ai rien contre. Je suis pour, vu qu’elle me fît vivre l’authenticité des enchantements jusqu’au paroxysme.

Y a du bruit dans ma tête. Une flûte émet sa mélodie. Je suis hypnotisé, serpent. Je gratte fond de voyelles, m’échine dans la consonne, à trouver le son correspondant.

Je suis hilare de vivre ainsi. Car, moi, je n’ai rien à fo**re des cotillons de la fête commerciale. Je recherche le vibrant, le collement à l’essence, la véritable existence dénudée de ses empêchements du plaire à tout prix. Je n’appartiens plus tout à fait au monde où j’ai échu.

Seule concession, je fais dimanche, quinze ans déjà, pour vous, pour moi. C’est mon unique contribution au vivre ensemble. J’expédie sur votre mur , en ce nouveau jour du seigneur, les galets proses et poèmes, ramassés le long de la semaine sur la route choisie..

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PERMISSION

Avant que je devienne aveugle, tout sourd aux grands enchantements, permettez que ligne d’un peuplier croise ma pupille, que la route se fasse serpent et que se crée absolument, inouïe, la couleur écarlate d’un ciel crépusculaire.

****

CHARRUE

Volets clos, j’ai noyé dans une tache d’ombre, le coin où je rédige, sans y croire en sa pertinence, mon lien avec le monde. Canicule avale juin. Chaleur étouffante, coule de l’épaule au bas du dos, une rigole d’eau, sudoripare.

Pourtant, malgré le désagrément, je m’entête à vouloir fleurir les phrases, J’écris sous la poussée unifiant l’âme et le corps fatigué, glissant jusqu’à la lunule de l’ongle, une recherche de profonde authenticité, embrasant le tout que je ne saurai définir.

Soudain, retentit un cri d’enfant dans le courtil du couvent. Je prends conscience de n’être nulle part, ni ici, ni ailleurs. Je note. J’acquiesce. Je ne fais que survivre mais lucide. Je pousse ma charrue pour récolter par son soc, une pluie incroyable d’étoiles et de constellations.

***

POÈME PARFAIT

Moi qui fût plus charnel que sexuel, plus enivré par la rotondité des courbes que la pulsion de la possession physique, je vois, dans le nu féminin des peintres, le poème parfait.

***

NANA

Elle s’enchante
du cliquetis que font
les métaux blancs
de ses boucles d’oreilles

Elle est comme çà Nana
une petite fille
femme..

***

EXPLIQUER ! JAMAIS !

Entré par le chas du jour, en jardin mirifique, un soleil adoube la corneille par une miette de ses feux. C’est une fulgurance immédiate, une toile accomplie qu’aucun maître de l’art pictural ne saurait réaliser, sans y mette sa raison en danger

L’oiseau reste immobile, laissant glisser sur ses plumes noires quelques reflets d’or.
La féerie opère jusqu’au coulis d’ardoises sur lequel le piaf a posé ses pattes effilées.

Expliquer ! Jamais ! Morne d’un Dieu créé uniquement pour le profit du triste matérialisme ! Non, présent de l’aube, savoir s’écouler dans le chant et peu à peu, à son insu, y prendre part et fondre en lui.

***

DIT !

Moi qui n’aime pas moi
ne fut jamais un compétitif

Moi qui apprécie cet autre moi
celui qui joue avec les mots
niche dans les étoiles
et laisse s’assécher
les lauriers
dans les narines
de la gloire

Moi, donc
je me fous
du tintamarre
de la reconnaissance

Je fore mon trou.

Serge Mathurin THÉBAULT

7 juin 2026J’apprends mes doigts à déformer la ligne. Je suis comme çà. J’invente sur une courbe, d’autres courbes. Les ...
07/06/2026

7 juin 2026

J’apprends mes doigts à déformer la ligne. Je suis comme çà. J’invente sur une courbe, d’autres courbes. Les fastueuses enivrent ma cafetière de sensations infimes.

C’est à dessein que j’agis ainsi. Je glisse, liège sur l’eau, poussé par une force vive, sans mission spéciale à remplir. Je ne me tournicote pas le cerveau de questions compliquées. J’évite le pesant des affects et les attraits de la possession. J’essaie, lièvre d’échapper au clapier, de gambader dans les hautes herbes spirituelles, en zigzagant entre les fourrés pour le décontenancer, le chasseur.

J’ai affiné la méthode. Je ne me mêle plus au jeu babouin. Je sors du couvent que pour ramasser par l’immobile ou le vivant, la matière dont j’ai besoin pour élaborer et entretenir le dialogue entre moi et ce qui me dépasse. Moine, j’épure ma robe de bure..

Bon, soit-dit passant, les pieds sur le sol, je les ai toujours. La phobie du grégaire n’empêche pas au sociable asocial de se mêler à l’autre. C’est opération indispensable s’il veut mêler à son ciment le sable mouvant du temps qui passe.

Je torche paragraphes. Je les rédige sous une pulsion ayant digéré les clous de son crucifié. J’insiste sur le verbe « torcher ». Le bizarre n’est pas choisi par hasard . Il sert de liaison avec qui va suivre.

C’est un comble ! Il paraît que le dit Mathurin fuma la cigarette qui fait rire . Pire, l’énergumène, abusa de la sainte liqueur, Çà s’est passé au creux de l’hiver. Adolescente fut témoin oculaire..

Je ne contredis pas.. Pourquoi le ferai-je ? J’assume toutes les extravagances de ma vie branquignole. Mieux, je les revendique.. Elles démontrent que je ne quitte pas le chemin, celui qui serpente les blés foisonnants de l’imaginaire.

Je narre l’anecdote. Novembre ou décembre, je ne sais plus. Je partage le convivial avec deux larrons au café littéraire de la ville... J’ai sympathie pour les bougres.

Exceptionnellement, je sirote du blanc de vin.. L’établissement ferme. La poésie bruisse son bien-être dans le clair de mes os. L’aîné des compagnons propose d’achever la soirée chez lui. Je suis..

Je grimpe sans peine les escaliers menant au troisième étage d’un immeuble où niche l’appartement. La fille du copain, quinze ans, toujours éveillée, nous accueille. Elle participera au délire.

Lequel ? Après discussion animée, surgit proposition, comme ça, spontanée. Créer une flaque de libre expression. Je minaude Je ne dis pas non.

Je mets une condition à ma participation. Gratuit est le drapeau de la manœuvre. L’hôte surenchérit. Aucune signature ne paraphera un article, pour éviter l’effet melon dans le panier. Nous la voulons anar, la mare.

Les gus écriront et la jeunette illustrera.. « Torchon » est titre choisi. Deux numéros sont déjà parus, un troisième est en route. Il vit sa vie l’Ovni, sans buzz, ni tambours, généreux avec ses défauts et ses qualités..

C’est pour çà, qu’aujourd’hui dominical devient torchon. Au menu, textes que fée y fît paraître, composent le menu. Ils jouent avec le nom du canard. J’ajoute un lien pour le découvrir en entier ce petit coquelicot né sur le fumier des apparences.

PS : malgré explications, pas réussi à mettre le lien. J’essaierai lus t**d.

https://www.bdtrf.bzh/torchon/

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TOUT TORCHON

Je remonte un rêve. Un éphèbe, suivi d’un zèbre, braille les nouvelles d’un torchon.
Casquette couvre son front. En dessous, un drap l’enveloppe des épaules jusqu’aux pieds. Il n’est pas mal, le gars. Bien des filles en ferait leur quatre heure, des mecs aussi, si la nature les incite au plaisir sodomite.

Là, n’hulule pas l’essentiel du songe. A trois mètres, assis sur un trône, se tortillant pour se torcher le cul, un zouave cesse, d’un coup, la manœuvre délicate.

Le rustre, attentif, écoute le crieur au visage chérubin.. La voix l’ensorcelle. Du démoniaque s’infiltre dans le velouté de son débit. « Ce n’est pas de l’information ».se dit le rustaud, puis trépidant du sabot, il hurle « c’est l’appel à l’insurrection ».

Le héleur en appelle à la révolution des âmes par la voie intérieure.

Tout torchon, digne de ce nom, encourage le lavage des vers et s’oppose à celui des cerveaux.

***

SE TORCHER LA GU**LE

Image qui verroterie
allège le gros cou
de ses rides disgracieuses
n’apporte pas pour autant
au porteur de tête
l’altier de la simplicité

Agir compliqué lesté
du plomb des melons
prive de
l’aérien du geste

Je ne possède rien
Je n’ambitionne à rien

Je me torche la gu**le
à l’alambic anonyme
des sniffeurs de comètes

***

TORCHON COQUIN

Jardin fleuri que couvre un ciel blanc teinté de bleu. Un banc, vide, vermoulu et moussu. Aucun verbe n’anime le tableau.

Cependant, dans ce parc tranquille, sur un fil, suspendus par deux grossiers poteaux de bois et retenus par des épingles à linge, frétillent dans l’air, sous le souffle d’un vent taquin, une robe d’été bleue, une culotte et un soutif jaunes un torchon blanc.

Que fait-il là le copain entre deux symboles de la féminité, le coquin ou le confident ?

***

CLIN D’ŒIL

« Tiens toi ? As-tu vu l’infini ? Moi si ». Torchon secoue serviette, aux oreilles sourdes. « Aux ablutions, tu prônes la caresse, la servilité exquise. Moi, non , je fouette, je nettoie, je traque la tâche immonde. »..La précieuse n’apprécia guère la remarque du viril. Elle se fâcha et évite le malotrus depuis.

C’est ainsi que naquit l’expression : « On ne mélange pas les serviettes et les torchons ».

***

Le torchon ne pense pas
du moins au mal

II nettoie c’est tout

Cela lui suffit comme
sens à la vie.

Serge Mathurin THÉBAULT

31 mai 2026    On prend le chemin du rêve, par instinct. Les milles magnificences viennent, après.C’est qu’il en faut de...
31/05/2026

31 mai 2026

On prend le chemin du rêve, par instinct. Les milles magnificences viennent, après.

C’est qu’il en faut de l’abnégation pour parvenir jusqu’à elles, les transes. D’abord, creuser fossé entre soi et le lourdingue, celui du clan où destin vous a posé. Ensuite si chance autorise, se balader dans toutes les cases sociales, sans s’y att**der.Y capter le parfum du cerfeuil, en embaumer son jardin. S’y tenir à la solitude soleilleuse.

Concomitamment, science du prodige, se protéger de l’affect destructeur, prôner autre façon de respirer que celle des anesthésiés au confort de la sécurité. Mépriser le mesquin des honneurs et des compétitions. Crocher le tricot d’un point de panache !

Je ne joue pas, le fanfaron.. J’ai mis sous cloche mon ego.. Je m’en suis pas mal tiré à l’exercice périlleux. Je revendique la prouesse. Alléluia ! Je volette, ailée libellule, au-dessus du glauque marigot, curieux, aussi innocent qu’au premier jour, malgré les épreuves. J’explore mon don, poète.

La chaleur ankylose l’inspiration. La fée se meut, avec difficulté, dans le labyrinthe des neurones. La canicule do**he l’enthousiasme de la drôlesse. Toutefois, malgré les sueurs, l’essoufflée dépose une image sur le grimoire de l’imaginaire. Je restitue.

Soir de taverne grise, je conte fleurette à une blondinette, via acrostiche. Une jeune femme entre dans l’établissement. Il y a de la chaloupe dans sa démarche. Hanches violoncelles accompagnent le tortillement des fesses. Élancée, traits fins, cheveux bruns, longs, caressant les épaules, la beauté vient s’asseoir à notre table pour savoir comment le taureau captive la fleur. Il est vrai que bouton d’or, la convoitée, est sa copine.

Je remarque ses seins fermes, ses yeux d’un noir profond, son nez aquilin, un grain de beauté posé juste au-dessus des lèvres. Cette mouche agrémente son visage angulaire. L’esthète apprécie. L’esthète, chez moi, toujours, est en éveil.

J’apprends qu’elle est d’origine italienne. Elle et son amie étudient l’architecture à Paris. Elle réclame le sien, de poème. Je m’exécute. La muse facilité sa rédaction Valentina se nomme l’intruse.

Après lecture de la bafouille, à ma grande surprise, spontanée, l’ingénue dépose une bise humide sur la joue du troubadour. J’en fus ému. « Tu écris l’âme des filles », s’exclame-t-elle.. J’eus, à l’occasion, quelques critiques littéraires. Aucune ne valait celle-ci car elle s’exprimait dans le nu sincère d’une voix juvénile.

Vient à passer reflet sur la vitre de la fenêtre, une silhouette ravivant la sienne, la rendant présente à l’intérieur de la cellule du couvent au moment même où je rédige ses lignes

Il y a de la magie à s’escrimer à être un interstice entre le réel supposé et l’espace qui le dévore. Je m’y applique. Je tends le restant de mes muscles à demeurer dans la tension extrême pour échapper à ce qui rabaisse l’âme au niveau du corps et des soucis quotidiens.

J’aplatis toutes les difficultés gênant l’envol. Enfin, je crois... Cela n’a pas d’importance puisque je maintiens la promesse d’être là, tous les dimanches, à égrener, contre vents et marées, les murmures du marin engagé sur un navire étrange. Voici les derniers textes que le matelot pêcha lors de son fricotage avec les étoiles.

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PREMIER FRÉMISSEMENT

L’envie de s’endormir, sous l’effet acidulé d’un verbe entraînant dans sa gymnastique des attributs réticents à ne plus être ce qu’ils sont, Coller sa chair et l’invisible qu’elle retient dans une escouade de voyelles épousant des consonnes.

Ne plus contraindre sa langue, aux usages éculés du plaire. Arpenter, à sa façon, les lazarets qu’aînés ont empruntés, hors des affects idiots, méprisant l’enclume par la plume. Évoquer, un Sacré, en toutes périodes, universel ! Y entrer dedans !

Boire un litre de whisky péter un rot dans une neige de soie. Se dire qu’être incompris va de soi, lorsque sur l’arête d’un toit, titube un moineau, sous l’ivresse du soleil et que naît dans la tête, le premier frémissement d’une extase..

***

SCÈNE DE ROUES

Scène de roues crissant sur le gravier. Jeunes mot**ds s’amusent à imiter les champions. Et vole la poussière et s’envolent les piafs affolés par le bruit.

Ne serait-ce qu’une fraction de secondes, les perturbateurs accèdent-ils à une forme de transe ? J’ignore et n’avance aucun ressenti sur l’affaire. Je ne fus pas un adepte du divertissement bruyant.

L’illusion mélange le faux et le vrai. Le premier dévore le second, impose sa vision esclave. Écrire sans vouloir, à tout prix être lu, mais être le nu de la première vibration.

***

ACTIVITÉ QUOTIDIENNE

Je mélange l’azur au poisseux de la boue

***

LES ENJÔLEUSES

Je fabrique
des poteries jaunes
sur lesquelles
je trace des sillons
aux couleurs criardes

Lèvres se dessinent
à l’insu du créateur
insolentes lignes
sur le ventre des pots

« Dis nous aimes-tu ? »
semble susurrer
les érotiques importunes.

Enjôleuses sont les menteuses !

***

PLACE AUX ROUES

Bistrot
ambiance
bobo bohème
ici Auray

Jamais rien fait
comme l’autre

Toujours puisé
l’émerveillement
dans le détail du doigt
saisissant l’anse
d’une tasse de café

***

LE CLAIRON CLAIR

Créer sa patte
en levant son menton
vers le clairon clair
des armées grouillantes
du soleil

Serge Mathurin THÉBAULT

24 mai 2026C’est du portage d’ombres que le soleil propage. Tâche de vin noircit la joue plate d’une maison. Une autre a...
24/05/2026

24 mai 2026

C’est du portage d’ombres que le soleil propage. Tâche de vin noircit la joue plate d’une maison. Une autre agrandit démesurément le détail d’un muret, y dessine le bec d’un cygne jusqu’à le rendre gracieux. Sur le trottoir, chien Pékinois, tenue en laisse, s’enroule dans une troisième et joue avec les lignes de cette mare improvisée.

Faut avouer. Tout est beau pour celui sait regarder. Je suis premier de cordée à ce jeu là. Dans le tableau des scènes quotidiennes, sans peine, mon œil myope décèle ce que le quidam néglige. Ma hune cérébrale métamorphose la roupie de sansonnet en palais. Je ne sais pas d’où cela vient cette capacité à débusquer le joli, en toutes circonstances, les gênes, sans doute

Je m’embarrasse pas de scrupules. Je profite de ce don. N’ayant plus sur les épaules le carcan de la pression économique, juché sur le balcon de ma tour d’ivoire, je me régale de cette aptitude à percevoir le féerique dans l’ordinaire.

Je m’en fais même dimanche, chaque semaine. Je témoigne, sans attirer micro, que j’use, moi aussi, mes arpions sur le plancher des vaches, à ma façon, oui, à ma façon. Je n’en tire pas fierté. Les honneurs me révulsent. J’avance, berger, sans chien, sans bâton, ni troupeau bêlant, A l’écart, je chemine sur le sentier extravagant menant aux illuminations.

Ce n’est pas d’aujourd’hui cette insolence ! Je pratique la gigue depuis l’enfance. Je m’épate. Je n’ai pas échoué, ni en haut, ni en bas, de l’échelle. Je sniffe toujours le parfum de la vie rêvée, du Cadou, le René Guy de Louisfert.

Marcel pose sa main sur le comptoir. Rougeaud, la cinquantaine, épaules courbées, la maçon joue avec l’équilibre. Normal, c’est lundi et le lundi, il ne travaille pas. L’olibrius ne titube pas mais presque. Qu’importe, il rassemble ses mots. Après une longue respiration, il réclame un verre de houblon. « Non, tu as déjà trop bu » », lui répond, sans lever la voix, la serveuse hommasse du bar populaire. « Un café, alors ? » La barmaid, bonne fille, concède à le servir. Sans être convaincu du bien fondé de sa demande, l’imprudent suggère un cognac pour le relever, le goût de son breuvage.

L’employée ne se fâche pas, elle connaît l’oiseau. Elle lui retire sa tasse, lui indique la sortie. Digne, il relève son cou, adopte la posture du héron et quitte le lieu, lançant à la cantonade, un au-revoir de duc à sa domesticité. .

Je le connais l’homme. Nous avons, autrefois, trinqué verres ensemble. Le soudard n’est pas méchant pour un sou. Il confesse la sobriété lors de son travail et son patron se félicite de la qualité de son ouvrage. Mais, faut avouer, il abuse sur la bouteille lors de ses week-ends. Cela lui a coûté le cocon cotonneux du couple ennuyeux. Il travaille – comme il le dit - pour les études des gosses (une fille et un garçon) et le train de vie de Madame.
C’est le populaire dont je suis issu, sans fard, ni calcul, brut de décoffrage, bienveillant. Je le kiffe, ce mec.

Je rassemble les échotiers choisis du bazar, celui qui occupe ma tête. Les entêtants calligraphient traces sur le papier, informent du passage de l’ineffable sur mes parois charnelles et cérébrales..

Bonhomme, je leur cède la place. J’envoie sur vos murs, guilleret illuminé, les faisceaux que les lutins laissèrent sur la page, poèmes et prose de leur composition.

*********************************

TROIS LIGNES

Je n’écrirai que trois lignes dont j’ignore la teneur.

Un cri emplit la rue du rauque d’une voix. Pétarade une moto chevrotante. Soleil urine ses rais sur les solives des toits.

Impudeur ! Le sexe n’y est pour tien !

***

ANONYME

Verte feuille
de l’arbre de jade

L’horloge secoue les heures

Fut oublié
celui qui voulut être adulé

Fut présent
en toute sa vie durant
l’anonyme des grâces reçues

***

INVITE

Poings des volets saignent
tout à côté des prairies
où princier le soleil
invite la pupille
à explorer l’essentiel

***

AMBIANCE

Plein jour ensoleillé
fenêtre ouverte
bistro sombre

Le bleu joue au contraste

Reflet sur la vitre :
les feux d’une lampe

Pas lourds du tavernier
sur le plancher

Musique zozote notes jazz
par les bouches
des baffes blanches

Filets de bras
cherchent le silence

***

EXISTER

La rue
cris d’indigents

Chiens aboient
tempo du désarroi

Puis silence

Seule ronronne
maintenant
une musique
cubaine

Elle émet ses sons
d’une baffe grise et noire

Exister
même au sein du
printemps noir

Serge Mathurin THÉBAULT

17 mai 2026J’écule l’idée. Nous ne sommes que poussières qu’avalera l’éternité.Je le commence comme je veux, l’exercice ...
17/05/2026

17 mai 2026

J’écule l’idée. Nous ne sommes que poussières qu’avalera l’éternité.

Je le commence comme je veux, l’exercice liminaire ! Je suis maître en mon territoire. Je peux les enfoncer, les portes entrouvertes. Personne ne censura mes envies bohèmes. C’est privilège du noiraud contraint à affronter le blanc de la page. Je m’en empare, sans vergognes.

On gâche le suc du sac, à céder aux vils empressements. On est bien imbéciles de se croire quelqu’un alors qu’on est rien, irréfutable. A quoi çà sert ce cirque médiatique, politique, hormis gonfler les melons, s’illusionner d’un bonheur possible ? L’homme est bêta, la femme aussi. Il n’y a pas à faire Sorbonne pour parapher ce constat.

Je pourrais imiter le scrogneugneux, les raconter, tout finement, les vilenies des deux bipèdes. J’ai matière en ma tabatière. Déjà fait, je n’insiste pas. Je risque de ne pas le faire ressortir net, l’oison, le forçat de ses lignes. Le piaf n’est pas perdreau blanc dans les draps de la bassesse et l’arrière-cour du médiocre. Il est humain, physiquement, comme les autres. Le porte manteau du coude ne lui garantit pas l’immunité. Lui aussi, s’affligea des tares, d’un système chafouin, uniquement attiré par la possession et la domination. Je joue, franc jeu. Je ne sais pas opérer, autrement.

Toutefois, je grimpe le versant optimiste de l’épreuve, vie. C’est un fond encore vivant de ma nature. Jour résolu insiste sur les rares fois où l’Adam ou la Ève échappent à la fatalité de leur superficialité, de leurs méchancetés, de leurs égotismes et autres enclumes posées sur la moquette de leur humanisme.

Vous pouvez les retrouver. Il n’y a qu’à revenir en arrière. Sur la piste dominicale, les anecdotes essaiment, galets pour pieds fragiles, l’enchantement de ses rencontres. Je nomme ces divins jaillissements, la poétique. Je n’ai pas trouvé meilleur terme pour définir la chose

J’écris sans frein. Je commets la faute qui faut pas, baver, sans savoir le pourquoi de l’écume. Je me reboutonne, je me rajuste. Je n’aurais pas dû commencer ainsi ma prière hebdomadaire. Ce n’est pas pour me déprécier que j’emploie à mon endroit les épithètes, peu flatteuses. Vous avez noté. Il y a du con et de l’idiot dans les lignes précédentes, du sincère, aussi, je crois.

Juliette, ma jeune trentenaire, manuelle et intellectuelle ne rompt pas la ligne entre elle et son anachorète. Lundi, bruit sonore, son nom apparaît sur l’écran de mon portable. Je réponds, illico.

La donzelle vient de lire les derniers opus dominicaux. Elle commente. Elle apprécie quand je dessine les traits de son genre. Elle le trouve, mignon, le strip-tease de Francès.

L’amie ajoute, amusée, qu’elle s’y prêterait au jeu de l’effeuillage. Elle veut, elle-aussi, recevoir sa pluie de poèmes sur les lobes de ses oreilles. La mutine ferait durer le plaisir. La jolie s’habillerait en inuit, se couvrirait de plusieurs couches de vêtements pour être épluchée comme un oignon.

Elle cause, malicieuse, ton mi-badin, mi-hilare. Cela me ravit. En fait, elle veut que j’aille la rejoindre en capitale, me présenter le dernier amant de sa tumultueuse vie sentimentale et me faire rencontrer des amis, qui dit-elle, suivent eux aussi, le dimanche, le cours de mes fredaines. Elle se dit prête à prendre en charge une partie des frais du voyage. L’innocence me ravit.

Mais, bernique reste bernique. Couvent est son rocher. Il ne sera pas facile de l’arracher à son puits transcendantal. On ne sait pas. On ne sait jamais. Ce que je sais, j’opère, léger, le nouvel envoi des poèmes et prose nés dans mon domaine.

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AGONIE

Soir qui, délicieux, enfile précieusement, sa robe noire, dégage en son habillage, une légèreté qu’expriment les frous-frous d’une jupe de danseuse lorsque son corps, libéré de toutes contraintes, tutoie la transe.

Sous la jupe des maisons, éparpillés papillons, les derniers passants att**dés émettent aux fins des feux, les pâles reflets multicolores de leurs habits printaniers.

Mai, dix heures du soir, lutte contre l’obscurité dévorante, un soleil mourant. Le crépuscule finalise l’agonie.

***

ÊTRES D’IMPERFECTION

Ne rien faire. Apprécier dans son infinie simplicité, l’instant. Exacerber sa capacité d’éveil. Capter dans le celé, la présence d’un charme indéfinissable.Vivre en poésie, quoi.

Fragments de féminité au milieu des feuilles vertes, attirant le soleil, favorise l’opération. Un chat blanc, pattes noires, exposant au soleil, sur le muret, sa bedaine maigre, affine la perception.

Mille autres détails peuvent participer à la salvatrice résistance au système marchand, un banc, un pan de volet, un phalène virevoltant au dessus du pistil d’une primevère. Il suffit de se libérer des superfétatoires plaisirs qu’engendre l’ogresse, la consumériste. L’observation pulvérise les griffes du paraître. Nulle envie de posséder détruira l’harmonie. Le matériel - dégagé de la gangue du matérialisme - devient l’allié de l’élévation spirituelle. Vous parvenez, enfin, à comprendre sans l’expliquer, la vie donnée.

Lecture matinale des signes, sans lesquels il me serait impossible d’écrire, d’échapper à l’hypocrite comportement des hommes, de les voir, tels qu’il sont, des êtres d’imperfection.

***

AMBIANCE

Plein jour ensoleillé
fenêtre ouverte
bistro sombre

le bleu joue au contraste

Reflet sur la vitre :
les feux d’une lampe

Pas lourds du tavernier
sur le plancher

Musique zozote notes jazz
par les bouches
des baffes blanches

Filets de bras
cherchent le silence

***

VŒU

Et je serai le soir
la lune jaune
étincelant les étoiles
le feulement du vent
sur les ardoises
la primauté du sens
sur l’absurde

***

NOTE D’UN SOIR DE MAI

Le frisson est la mission unique de toute entreprise poétique !

Serge Mathurin THÉBAULT

Adresse

Auray
56400ET75006

Téléphone

0618092100

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