22/10/2024
Voilà, le tome 2 de La beauté du mal est finalisé en version numérique et bientôt en version intégrale brochée !
Pensez à prendre le temps de mettre une évaluation et un commentaire, cela compte beaucoup pour moi! 😊
En téléchargement gratuit sur kindle illimited 🙂😉
Pour les plus de 18 ans 😁
commencez la lecture ici :
Chapitre 1
Nous avons tendance à oublier que Lucifer était le premier, le plus bel ange du paradis. Là est notre erreur: nous croyons en la punition divine qui l’aurait rendu monstrueux. Quel père pourrait commettre l’atrocité de foudroyer ainsi sa plus merveilleuse progéniture ? Derrière le « porteur de lumière », cet enfant rebelle qui a défié son créateur et entraîné certains de ses frères dans sa chute, se cache un ange déchu accusé de tous les malheurs du monde. L’humanité a besoin de responsables pour se dédouaner de son plus grand péché : l’orgueil. Cette vanité qui privilégie le paraître au détriment de l’être, propulsant le matériel bien plus haut que le spirituel. La face sombre de ceux que l’on nomme « démons » demeure d’une angélique perfection. Là est le danger ! L’humanité se voile la face ! Le mal est partout, car la lumière et l’obscurité vibrent sur la même fréquence et se succèdent inlassablement, telles les deux faces d’une même pièce. Deux extrêmes qui s’attirent et se repoussent, se mêlent et se divisent en tellement de nuances ! Quelle f***e raison nous incite à nous croire au-dessus ? Tout blanc ou tout noir ! Jamais de gris ! Pourtant, l’être le plus lumineux qui soit, traîne toujours une ombre. Et l’être le plus sombre, une étincelle d’espoir… Désobéir. Ne pas suivre la route tracée à la naissance du jour pour lui préférer le mystère de la nuit. Est-ce mal ? Extrait du journal de Marie Merlaine, 25 juin 2014. La volupté suprême détrône la réflexion. Un état que l’on ne pouvait imaginer atteindre, un plaisir si grand que rien ne parvient à le contenir. Un brasier incandescent de désir qui immole tout ce qui n’est pas lui. Tomber avec la sensation de s'élever. Trembler devant l’intensité de l’instant. Vivre. Voler. Vibrer devant le mâle à la diabolique beauté. Est-ce un mal ? Extrait du journal de Marie Merlaine, 26 juin 2014. La magie des opposés qui succombent à la force élémentaire de la passion. Le grand frisson d’une osmose surprenante et si totale qu’elle occupe tout l’espace et détourne des obstacles. Dois-je résister ? Comment ne pas succomber ? Je n’aspire qu’à le retrouver… Extrait du journal de Marie Merlaine, 27 juin 2014. Quand la nuit se teinte de jour, quand la flamme s’assombrit, mon besoin de lui attise son obsession pour moi. Ma lumière se reflète dans ses yeux, sa dureté s’accroche aux miens. Qui suis-je ? Qui est-il ? Les signes se brouillent devant la dévorante et insatiable envie de nous. Pas d’avenir possible. Rien que l’ivresse de l’instant. Rien que l’espoir de ces moments volés à l’ordre des choses… Extrait du journal de Marie Merlaine, 28 juin 2014. Je pose le journal de ma cousine. Cela fait un an que je suis à sa recherche. Quand elle a soudainement disparu, j’ai aussitôt emménagé dans son antique demeure pour mener l’enquête. J’exerce ma profession d’infographiste depuis mon domicile. Indépendante, je travaille avec plusieurs agences de communication et de publicité. Après des débuts difficiles, mes réalisations talentueuses m’ont permis de collaborer avec de prestigieux clients. J’ai fait mes preuves et m’offre désormais le luxe de sélectionner les projets qui m’inspirent le plus. Je consacre en moyenne huit heures journalières à la conception de dessins animés, images de synthèse, logos et films d’animation. J’adore ce métier qui m’épargne la monotonie en m’offrant des projets si différents qu’ils stimulent perpétuellement ma créativité. J’occupe le reste de mon temps à mes investigations pour retrouver celle que j’aime comme une sœur. Je viens de découvrir un de ses journaux intimes, caché sous les escaliers de bois. Il n’y a pas de hasard. Si je n’avais pas perdu l’équilibre en évitant le chat qui s’est jeté sous mes pieds, je ne me serais pas retenue à la menuiserie. Une planche a bougé. En l’examinant de plus près, j’ai réussi à la faire glisser. Le compartiment secret contenait juste un cahier d’écolier. Sur les premières pages, l’écriture soignée de Marie s’étalait. Perplexe, je cherche à embrasser toutes les interprétations de ces textes joliment écrits. Il ne fait aucun doute qu’elle a fait une rencontre avant sa disparition. Ses multiples allusions me confortent dans mes suppositions. Elle s’est éprise de sa proie ! Nous sommes issues d’une lignée de sorcières blanches qui œuvrent aux côtés des anges pour chasser les démons. Notre collaboration a débuté durant l’Inquisition. Celles qui s’alliaient aux anges bénéficiaient de leur protection contre le courroux du clergé avide de bûchers. Depuis, dès que nos pouvoirs se manifestent, nous renouvelons ce pacte et combattons le mal. Nous avons prêté serment le même jour. Je la revois avec sa longue chevelure au châtain vibrant si semblable à la mienne, ses yeux verts piqués de pépites chocolat doré, son sourire confiant et complice. Nous avons grandi ensemble et partagé tellement de souvenirs. Marie… Elle me manque terriblement ! J’ai enfin réussi à réunir assez d’éléments pour remonter la piste de son ultime mission. Je dévisage une énième fois la dernière photo qu’elle m’a envoyée sur mon téléphone. Vêtue d’une robe rouge, outrageusement sexy, elle se rendait sous couverture dans l’antre des démons de la ville. « Je suis prête, qu’en penses-tu ? Pas mon style, mais je trouve que ça me va bien, LOL !!!! ». Je lui avais conseillé d’être prudente ! Elle m’avait répondu : « t’inquiète !!! » avec un smiley clin d’œil. Depuis ce jour, ses SMS se sont raréfiés tout comme ses appels. Un mois après, les anges ont perdu sa trace. J’ai très lourdement insisté pour reprendre le flambeau dans l’espoir de la retrouver. Je jette un dernier regard dans le miroir. La jeune femme qui me fait face ne me ressemble pas. Mon maquillage noir charbonneux rehausse la clarté de mes iris gris et complète la sophistication de ma coiffure. Ma robe ébène épouse chaque forme de mon corps et dévoile mes jambes fuselées et mon décolleté trop généreux pour accueillir discrètement mon amulette de protection, que j’ai artistiquement caché dans ma chevelure relevée en un chignon sauvage. Je respire profondément. — Je suis prête ! Aucune réponse. Les anges sont avares de conseils. — Vous pourriez me répondre tout de même ! On ne vous a pas appris la politesse ? Apparemment non ! La douce lueur nimbe néanmoins ma silhouette un court instant sans qu’une seule parole ne me soit adressée, alors qu’ils m’offrent leur bénédiction. Je soupire, attrape mon sac à main et enfile ma veste qui apporte une touche élégante à ma tenue sulfureuse.
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