25/04/2020
"La mondialisation, fin des attaches entreprises-populations ?
Avec la mondialisation, beaucoup d’entreprises perdent leur ancrage territorial, rachetées par des fonds étrangers ou avalées par les leaders du marchés. Le lien « charnel » entre elles – surtout lorsqu’elles sont multinationales – et les communautés paraît en voie de disparition. Leur contribution au progrès social semble de plus en plus souvent remplacée par une course à la capitalisation des investissements, une recherche de profits très court-termiste pour booster leurs cours de Bourse.
Aujourd’hui, par exemple, les licenciements sont un signal positif pour les investisseurs – puisqu’ils permettent d’alléger la « masse salariale », généralement le premier poste de dépenses d’une entreprise. Le court-termisme devient la norme, la durée moyenne de détention des actions à la bourse de New York est, d’ailleurs, inférieur à 1 an aujourd’hui (11 mois).
Les entreprises semblent avoir perdu leur sens premier : contribuer à la vie de la société. Comment un riche homme d’affaire russe ou chinois ou un fond d’investissement qatari qui investiraient en France pourraient être sensibles au sort des salariés de l’entreprise qu’ils rachètent et au lien social sur ses territoires d’implantation ? Aujourd’hui, on peut diriger une activité en se trouvant à l’autre bout du monde, et cette absence de lien « charnel » n’est pas indolore.
Occupy Wall Street
C’est avant tout en se coupant du territoire que l’entreprise a perdu son objet social. Aujourd’hui, “méfiance” est le premier mot qui vient à l’esprit des Français pour caractériser leur état d’esprit vis-à-vis des grands groupes.
Entreprise déracinée, entreprise déshumanisée
Pire, les activités de nombre d’entreprises sont criminelles pour l’environnement – le réchauffement climatique et ses conséquences sont bien réels. McDonalds joue la carte du green washing à tout va (jusqu’à changer son célèbre logo, où le fond rouge a été remplacé par du vert), son activité n’en reste pas moins l’ennemie objective de la planète (...). Au-delà du seul McDo, saviez-vous que l’élevage industriel de viande – de boeuf surtout – est l’un des facteurs les plus aggravants du réchauffement climatique ?
Il faut près de 13 500 litres d’eau pour produire 1 kg de viande de boeuf. La production de viande dans le monde représente 18% des émissions mondiales de Co2, contre 13% seulement pour les transports.
Hier, les patrons construisaient logements, écoles et hôpitaux pour leurs salariés. Aujourd’hui, la mondialisation permet de produire là où les salaires sont les plus bas et les normes les moins contraignantes. Au Bangladesh par exemple, l’effondrement du Rana Plaza (une usine qui produisait du textile pour plusieurs grandes marques multinationales), fit plus de 1000 morts en 2013. Après avoir alerté l’opinion sur les causes de ce drame, l’activiste Quitterie de Villepin dressait un terrible constat un an plus t**d : rien n’a changé, strictement rien.
Les externalités négatives de l’activité des entreprises paraissent n’avoir jamais été aussi fortes. Sans ancrage, sans racines, l’entreprise devient inhumaine." Mais celle qui est ancrée à un port d'attache, profondément liée à un territoire, ses salariés et les consommateurs sont viscéralement et durablement attachées à elle !
Objet social de l’entreprise, entreprise à mission, public benefit corporation : à l’heure de la mondialisation, de la financiarisation de l’économie et...