19/03/2026
𝐏𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐥𝐞 𝐠𝐮𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐝 𝐧𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐣𝐚𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐛𝐮𝐫𝐧-𝐨𝐮𝐭
Je reviens des assises des EDC à Lyon avec une claque intellectuelle signée Olivier Charbonnier, le correspondant d'Olivier Hamant (auteur de "Antidote au culte de la performance").
Leur vision du vivant est un électrochoc pour nos organisations.
Constat implacable : à force de vouloir tout optimiser, on finit par tout casser.
𝐋𝐚 𝐥𝐞𝐜̧𝐨𝐧 𝐝𝐮 𝐯𝐢𝐯𝐚𝐧𝐭 : étiez-vous conscient que notre corps vit en sous-optimisation permanente ? Nos cellules fonctionnent à 37°C. Si on monte à 40°C (la fièvre), l’efficacité est multipliée par 1 million pour combattre le virus. Mais si on reste à 40°C plus de 5 ou 6 jours... on s'achemine vers la mort.
𝐏𝐫𝐞𝐧𝐞𝐳 𝐥𝐞 𝐠𝐮𝐞́𝐩𝐚𝐫𝐝. C'est le roi de la performance : 110 km/h en pointe. Mais combien de temps tient-il ce rythme ? Quelques secondes. Le reste de sa journée ? Il ne fait "rien". Il récupère.
S'il essayait d'optimiser chaque minute de sa vie à 110 km/h, il s'éteindrait en un jour.
Le message est clair : 𝐥𝐚 𝐩𝐞𝐫𝐟𝐨𝐫𝐦𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐦𝐚𝐱𝐢𝐦𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐨𝐢𝐭 𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐞𝐱𝐜𝐞𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧, 𝐩𝐚𝐬 𝐥𝐚 𝐫𝐞̀𝐠𝐥𝐞. À cette logique de performance à tout crin, les auteurs opposent celle de la robustesse.
Nos organisations sont déjà soumises à des fluctuations macroéconomiques fortes et celles-ci s'amplifient. Pour les absorber et les dépasser, lesdites organisations ont besoin de marges de manœuvre, de "gras", de souplesse. Bref, de sous-optimisation stratégique.
Ne pas intégrer cette réalité issue du vivant, continuer sur la même (f***e) lancée, c'est irrémédiablement exposer le corps social à des burn-outs, du désengagement, de la perte de créativité, des refus de prendre des responsabilités...
J'ai aussi beaucoup apprécié le pragmatisme d'Olivier Charbonnier. Pas de dogme, pas de grand soir, la conscience qu'on ne change pas des pratiques ancrées depuis des décennies, mais des pistes tangibles, simples, accessibles, que l'on peut mettre en œuvre au niveau local ou même individuel.
Fort. Bien vu.