24/06/2015
Conscience de soi, image et image de soi: quand l'exploitation du principe d'association permet de valoriser son image aux yeux d'autrui ou la redorer lorsque nécessaire.
Depuis quelque temps maintenant, les hommes politiques se sont aperçus que la compagnie des célébrités pouvait leur procurer des voix. Les candidats aux élections présidentielles composent des écuries de figures connues, extérieures au monde politique, qui soit participent activement à la campagne (Eva Longoria pour Obama pour exploiter la notoriété et la sympathie dont elle joui auprès de la communauté hispanique et obtenir ainsi les voix des nombreuses femmes séduites par les talents d'actrices de cette dernière se laissant ainsi aisément influencer par elle et ses "choix"), soit se contentent de prêter leur nom (Johnny Halliday et Doc Gynéco pour Sarkozy et ainsi influencer les votes de ses fans et Beyoncé pour Obama). Si les politiciens sont relativement nouveaux dans l'art d'utiliser des stars, ils ont depuis longtemps l'habitude d'exploiter le principe d'association d'une autre façon. Ainsi, les députés ou autres partis politiques annoncent toujours à la presse le lancement de projets nationaux qui apporteront à leur région ou circonscription des emplois ou d'autres avantages (promesses électorales - Francois Hollande et son très célèbre "moi président" ou encore le mariage homosexuel ...). Ils le font même quand ils n'ont joué aucun rôle dans la promotion du projet, ou qu'ils ont voté contre.
Ce procédé n'est pas le privilège des seuls personnalités politiques. Bien des comportements étranges peuvent être expliqués par le fait que les gens connaissent assez le principe d'association pour s'efforcer de s'associer aux événements positifs et de se dissocier des négatifs - même quand ils ne sont pas responsables de ces événements.
Mais comment et pourquoi avons-nous recours au principe d'association?
Lorsque nous nous retrouvons personnellement "diminué" aux yeux des autres par un événement; lorsque notre ego se trouve affaibli pour une quelconque raison ou par une quelconque situation, en vertu du principe d'association, nous recherchons un lien aussi superficiel soit-il avec le succès d'autrui pour nous valoriser. Nous nous efforçons d'afficher nos liens avec ceux qui connaissent une quelconque forme de succès dans l'espoir que leur gloire rejaillisse sur nous et nous évitons de nous trouver dans l'ombre de ceux qui essuient des échecs. Nous jouons délibérément de nos liens avec les "gagnants" et les "perdants" pour améliorer notre image aux yeux d'autrui. En affichant les associations positives, en dissimulant les négatives, nous essayons d'accroître l'estime et la sympathie que nous pouvons inspirer pour tenter de prouver notre supériorité aux autres.
Mais à qui cherchons-nous à prouver cette supériorité?
A nous-mêmes, sans aucun doute possible, mais aussi à tous les autres. D'après le principe d'association, si nous pouvons nous entourer de succès qui nous sont liés même de façon superficielle (par exemple, le lieu de résidence), notre prestige extérieur en sera renforcé.
S'il est vrai que, pour paraître à notre avantage, nous essayons de faire rejaillir sur nous la gloire de ceux qui ont un lien, même lointain, avec nous, on peut remarquer un fait troublant: nous recourons surtout à cette méthode quand nous ne nous sentons pas, justement, dans une situation glorieuse. Lorsque notre image extérieure est entamée, nous ressentons le besoin de restaurer cette image en mettant en évidence nos liens avec les succès d'autrui.
Le désir de faire rejaillir sur soi la gloire d'autrui existe, jusqu'à un certain point, chez chacun de nous mais, ce sont les individus qui, à cause d'une faille de leur personnalité, ont besoin de se valoriser, qui ont fréquemment recours à ce procédé et nous en connaissons tous sans exception dans notre entourage.
Tout au fond d'eux-mêmes, ils se sentent diminués, ce qui les conduit à gagner l'estime de leurs semblables, non en réalisant quelque chose, non en mettant en valeur leurs qualités, mais en créant ou en affirmant des liens entre eux et les réalisations d'autrui. Plusieurs variétés de cette espèce existe sous nos climats. L'exemple classique est la personne qui cite à tout propos des noms célèbres.
Ces individus ont un point en commun: l'idée assez tragique qu'ils ne peuvent se réaliser que par une projection hors d'eux-mêmes, ceci pouvant être leurs propres progénitures sur lesquelles ils projettent tous leurs espoirs, toutes leurs espérances de réussite, de succès, tout ce qu'ils n'ont pu être ou réaliser eux-mêmes et font porter cette lourde tâche et leurs conséquences à leurs enfants; ces derniers agissant ainsi et leur servant alors de carte de visite.
Certaines personnes quant à elles appliquent le principe d'association d'une manière un peu différente . Au lieu de tout mettre en œuvre pour mettre en valeur leurs liens avec des personnes en pleine réussite, elles font tout pour mettre en valeur le succès d'autres individus avec lesquels elles ont un lien bien visible mais toujours avec l'espoir que cette gloire rejaillisse un peu sur elles.
Peut-être vous reconnaissez-vous dans ces comportements? Peut-être connaissez-vous dans votre entourage des personnes ayant ces comportements? Telle est l'importance de la conscience de soi afin de pouvoir y apporter les modifications adéquates lorsque nécessaire pour mieux servir son image car comme le disait Lao Tseu : "Celui qui en sait beaucoup sur les autres est peut-être instruit mais celui qui se comprend lui-même est plus intelligent..."