Sylvie Debeir - Consultante en stratégie

Sylvie Debeir - Consultante en stratégie Consultante, Membre de la Société Française de l'Evaluation. Habilitée pour réaliser des Diagnostic

Expertise : Je souhaite transférer les compétences construites pendant 25 ans de direction générale dans le cadre de missions de consultante. Habilitée pour réaliser des Diagnostics Locaux d'Accompagnement. évaluatrice externe reconnue par l'ANESM

20/06/2012

Enclencher un partenariat autour d’un projet

Deux grandes catégories d’acteurs peuvent être associés :
- des structures de développement qui fondent leur action sur la mobilisation sur le terrain
- des acteurs qui soutiennent cette stratégie (en apportant leur soutien financier, leurs ressources en termes de recherche action, en proposant une mutualisation ...).
Ces acteurs se situent à des échelons différents (local, départemental, régional, national...) et sur des secteurs différents.

Il est important d’éviter certains pièges comme de réunir des acteurs qui n’ont pas un réel intérêt au projet, d’oublier des acteurs significatifs ...
Pour cela, réaliser une cartographie partenariale permettra de schématiser une photographie des acteurs mobilisables et de l’analyser sous différents angles de vue.
Cette cartographie va positionner des individus, des groupes, des organisations et symboliser leurs réseaux de concertation connus.

Les étapes de réalisation d’une cartographie :
1 – dans un 1er temps, il s’agit de bien déterminer l’objectif et les enjeux du partenariat à mettre en place.
2 – il faut inscrire les acteurs intervenant sur les différents secteurs concernés par le projet
3 – puis tracer les liens entre ces acteurs tels que : réseaux, espaces de concertation, partenariats déjà établis, événements communs...
4 – mettre en exergue les caractéristiques des acteurs en raison de :
leur sphère d’intervention (public, privé ...)
- leur type d’intervention
- leur secteur d’activités
- leur niveau opérationnel (échelon territorial)
- leurs valeurs et principes d’intervention.
5 – Enfin, afin de construire les bases d’un partenariat efficient, analyser la cartographie partenariale sous l’angle du potentiel isolé et articulé de chaque acteur en fonction de l’enjeu du partenariat envisagé.

13/06/2012

Construire la mobilisation d’un quartier

Comment va-t-on actionner la volonté de changement et la mobilisation autour de la conception d’un projet commun ?
Les modes d’emploi du processus de mobilisation, il s’agit de :
- Susciter la participation et l’engagement de tous les acteurs du quartier,
- Consolider la participation afin de l’entretenir dans le temps, sur toutes les étapes,
- Concrétiser la mise en place de dispositifs afin de soutenir la mobilisation,
- Appuyer ces dispositifs, renforcer leur action dans le temps.
Dans un premier temps, l’objectif sera de dresser un état de la situation sur le quartier puis de cerner les problématiques existantes et les enjeux de développement, d’identifier les acteurs et les ressources qui pourront être les leviers de la mobilisation et de la conduite vers le changement.
Il est important de mettre en exergue les potentiels sur le quartier au niveau social, économique, écologique et en termes humain et culturel qui vont permettre une stratégie de changement transversale.
Il faudra aussi évaluer la place qui est donnée localement à la participation des acteurs qui devra conduire à créer de nouveaux espaces et ressources dédiées, repérer les ressources locales afin de les mettre en synergie, renforcer les mécanismes de communication et la conscience communautaire.

25/05/2012

Mobiliser le partenariat sur un quartier

Sur un quartier, des acteurs différents existent selon leur sphère d’intervention, leur domaine et leur modalités d’action, le secteur d’activité, leur niveau opérationnel et les valeurs qui sous-tendent leurs projets.
Lorsque que l’on veut induire un changement, la première question à se poser est : quel changement est souhaité ?
Souvent, un changement implique la combinaison d’une multitude de changements.

Ces changements vont-ils se conduire à l’interne d’une organisation ?
Aujourd’hui, la démarche de changement qui s’appuie sur la mobilisation de toutes les forces vives d’un quartier démontre que les changements produits sont plus efficaces et plus durables.

Il s’agit alors de déterminer les personnes et organisations qui seront impliquées par le processus de changement,
- soit parce qu’elles seront directement impactées
- soit pour l’autorité qu’elles représentent au sein du processus
- soit en raison de leur capacité d’agir reconnue
- soit par leur qualité de personnes ressource

La concertation entre ces acteurs va permettre de s’entendre sur l’objectif du changement à atteindre, ses étapes, les moyens à mettre en œuvre, les principes qui doivent le régir, les critères d’évaluation du changement produit .

La formulation et l’appropriation par tous de la vision commune du projet va enclencher le sentiment d’appartenance au projet et engendrer l’engagement et le partage des responsabilités, signes de la construction identitaire collective (NOUS) par rapport au projet.

Le partenariat va se présenter sous la forme d’un engagement formel, contractuel où la part d’intervention de chacun dans le processus de changement sera connu ainsi que la partage des responsabilités.
La démarche de changement deviendra alors un PROJET COMMUN.

18/05/2012

Conduire le changement sur un quartier avec toutes les parties prenantes

Le changement sur un territoire ne peut se concevoir sans la mobilisation des acteurs concernés qui deviendront ainsi auteurs du changement qui les concerne.
Le changement a pour but de répondre à des besoins, de résoudre une problématique, d’améliorer les conditions de vie...
La mobilisation va permettre de passer à l’action pour le changement, effectué collectivement par le regroupement d’acteurs distincts.

Les effets de cette stratégie de mobilisation sont multiples :
- l’expression d’un engagement concret de chacun et non d’une simple concertation ou participation,
- une co-décision des orientations,
- une reconnaissance,
- un sentiment de confiance en soi,
- le partage de savoirs, de savoir-faire et de savoir être,
- le développement de nouvelles compétences,
- la conscience critique.
Ces effets positifs vont se situer tant au niveau des acteurs qui s’engagent dans ce processus de mobilisation qu’au niveau des projets eux-mêmes en termes de qualité, de pérennité...

Le territoire géographique est une entité hétérogène, dynamique et complexe. les relations entre les différentes composantes qui le fondent vont mettre leur empreinte sur le processus de changement.
La stratégie de mobilisation doit donc se situer dans le contexte particulier du territoire où elle se construit.

Deux mécanismes en interaction vont créer la mobilisation :
- la création d’une identité partagée,
- l’élaboration d’une vision commune et des actions à mettre en œuvre en commun pour parvenir aux changements escomptés.
Cela augmente le niveau de complexité de la conduite du projet puisque non seulement les valeurs, les représentations, les intérêts des individus (acteurs publics ou privés) mais aussi ceux des organisations (secteurs d’action, type et niveau et principes d’intervention) devront être pris en considération,.

Le projet commun va se construire, comme tout projet, au travers de trois composantes : le diagnostic (appréhension commune de la situation), le pronostic (vision commune du changement), et la motivation, l’intention commune (raison de « l’agir ensemble »).

17/04/2012

Laisser de côté la cohésion sociale ?

Les préoccupations liées à la cohésion sociale sont résultantes de l’époque actuelle.
La place prépondérante des marchés qui devraient assurer la répartition des ressources et des pouvoirs, l’idéologie libérale classique (réduction du rôle de l’Etat, liberté et responsabilité individuelle …) créent un climat de débat pour ceux, de plus en plus nombreux, qui craignent les coûts politiques sociaux et économiques qu’engendrerait le fait de laisser de côté la cohésion sociale et la responsabilité qui en découlerait pour les institutions des démocraties libérales.
De nombreuses études mettent l’accent sur un phénomène de « détérioration » de la cohésion sociale dont les conditions d’existence feraient défaut. Dans de nombreux pays, on perçoit qu’un grand nombre d’indicateurs virent au rouge. Certains s’interrogent sur les mesures à prendre.
La cohésion sociale écrit Judith MAXWELL* « se construit sur les valeurs partagées et un discours commun, la réduction des écarts de richesse et de revenu ». « Les gens doivent avoir l’impression qu’ils participent à une entreprise commune, qu’ils ont les mêmes défis à relever et qu’ils font partie de la même collectivité ».
Les processus sociaux qui contribuent au sentiment d’appartenance à une communauté et de reconnaissance au sein de cette communauté, fondent la cohésion sociale.

Jane JENSON* « déconstruit » (tenant ainsi compte de la diversité des déclinaisons), le concept de cohésion sociale en 5 dimensions constitutives :
- Appartenance / isolement : restauration et densification du lien social,
- Insertion / exclusion : capacité d’accéder à une activité économique (marché du travail),
- Participation / passivité : participation à la vie de la cité vie du quartier, associations, investissement dans le vivre ensemble,
- Reconnaissance / rejet : adopter une vision pluraliste des systèmes de valeur, la tolérance des différences,
- Légitimité / illégitimité : il est crucial de restaurer la légitimité d’une gamme de corps intermédiaires, d’institutions publiques et privées agissent comme médiateurs et assurent l’interconnexion entre les individus et la société.

La cohésion sociale doit se décliner à partir de la plus petite communauté locale jusqu’à la communauté nationale voir au-delà.
Mais « la cohésion sociale peut-elle être une menace à la cohésion sociale ? » s’interroge Jane JENSON. Par des phénomènes de communautarisme, notamment.

La question reste entière de déterminer ce qui stimule la cohésion sociale.
De même, les éléments de cohésion sociale à un échelon local sont-ils reproductibles, peuvent-ils s’agréger à un niveau national ?

Ambigu, ce concept peut devenir aussi un moyen de maintenir l’ordre social dans une période de perturbations économiques et/ou politiques.
Ce qui n’est pas sans rappeler la période que nous vivons actuellement en France et en Europe !

*Judith MAXWELL, directrice du Réseau canadien de recherche en politiques publiques
*Jane JENSON, titulaire de la Chaire du Canada en citoyenneté et gouvernance, directrice de la r***e scientifique Lien Social et politiques

19/03/2012

Le durcissement des politiques de l’emploi

Partout aujourd’hui en Europe, on assiste à un durcissement des politiques de l’emploi.
C’est ce que constate Christine ERHEL * dans un dossier « l’accompagnement social vers l’emploi. »
Que disent les chiffres ?
L’augmentation du chômage n’est pas uniquement due à la crise, qui n’a fait qu’aggraver des situations préexistantes.
« Dès les années 1980, on constate des évolutions marquées par une très nette dégradation du marché de l’emploi.
C’est ce que l’on appelle l’entrée dans la crise de la société salariale avec une forte augmentation du chômage ». soutient Serge PAUGAM *

Le nombre de chômeurs seniors a largement dépassé les 800 000.
Or, l’âge de la retraite a été fixé à 62 ans.
Que faire des seniors dont les entreprises ne veulent plus ?

Nicolas SARKOZY a proposé de soumettre à référendum, une réforme visant à durcir les conditions d’indemnisation chômage, de renforcer l’obligation des chômeurs de se former.
Les demandeurs d’emploi ne peuvent refuser deux offres raisonnables d’emploi (dont il n’existe pas de déclinaison des critères, dans les textes) qui leur sont proposées.

Sur l’obligation pour les bénéficiaires du RSA, d’accepter un emploi de 7 heures par semaine, Martin HIRSCH, l'ancien Haut commissaire aux solidarités actives affirme :
« La grande majorité des allocataires souhaitent travailler mais on ne leur propose pas de travail ».
« Les données de terrain montrent que très peu d'allocataires sont conduits à refuser des offres car très peu d'offres leur sont en fait proposées », poursuit Martin HIRSCH.

Cette position fait abstraction d’un constat à affirmer : la plupart des demandeurs d’emploi ne se complaisent pas dans cette situation. Ils ne l’ont pas choisie.
D’autre part, la crise actuelle doit faire comprendre à chacun qu’il peut connaître demain, une telle situation.
Enfin, la première cause du chômage est le manque d’emplois (!).
Et non, la mauvaise volonté des demandeurs d’emploi.

Les pouvoirs publics sont-il bien en mesure de proposer des emplois, des formations, à tout demandeur d’emploi ?!
Ceci, sans instituer un marché parallèle de l’emploi précaire comme en Allemagne ?
Face au résultat d’un tel questionnement, la seule démarche est de proposer un accompagnement renforcé et individualisé vers l’emploi, avec des moyens.

*Christine ERHEL, économiste au Centre d’études de l’emploi.
*Serge PAUGAM, sociologue

31/01/2012

La hiérarchie des normes en droit social

Désolée d’employer un jargon, souvenir de mes études juridiques …
Aurais-je manqué une révision constitutionnelle importante depuis la fin de mes études ? (certes elles ne datent pas d’hier !).

Nicolas SARKOZY lors de sa dernière intervention télévisée a indiqué que « le 1er ministre écrira aux partenaires sociaux dès demain matin pour leur demander de négocier des accords de compétitivité-emploi dans les 2 mois qui viennent ». Il ajoute que l’accord ainsi conclu « s’imposera à la loi et aux contrats individuels ».

Je me permets de rappeler 2 principes sur la hiérarchie des normes en droit social :
Tout d’abord, l’ordre public social exige que si 2 textes sont en concours sur un même domaine, celui qui est le plus favorable au salarié sera appliqué.
Ensuite, les conventions ou accords collectifs doivent être en conformité avec ceux des niveaux supérieurs.

De même que les contrats de travail ne peuvent pas être moins favorables que les conventions et accords collectifs.
Et surtout ces derniers, conventions ou accords collectifs ne peuvent pas être moins favorables aux salariés que les dispositions légales ou réglementaires (constitution, loi, règlements, décret, circulaires), et ne peuvent pas déroger au dispositions d'ordre public.

Certes, il est dit aussi que le contrat de travail est une convention synallagmatique où chaque partie se trouve à égalité dans la négociation des contreparties réciproques.

Cependant comment imaginer qu’un accord de compétitivité-emploi négocié par les partenaires sociaux ait force de loi ? et même qu’il s’impose à la loi, le portant ainsi, en termes de hiérarchie au-dessus de la loi ?

Et surtout, par quel moyen, le pouvoir exécutif pourrait suggérer une modification législative sur la loi des 35 heures qui ne serait pas soumise aux prérogatives du législateur, au mépris me semble-t-il de la répartition constitutionnelle des pouvoirs ?

30/01/2012

Une durée de période d’essai dite « raisonnable »

La période d’essai permet, à l’employeur d’évaluer les compétences du salarié à son poste et au salarié de déterminer si les attributions fixées lui conviennent.
La durée de la période d’essai et la possibilité de la renouveler ne se présument pas.
Ces éléments figurent obligatoirement dans le contrat de travail ou la lettre d’embauche.
En effet, pour rappel, la relation conventionnelle de travail est qualifiée de synallagmatique, c’est-à-dire que chaque partie s’oblige réciproquement vis-à-vis de l’autre.
Pendant la période d’essai, les deux parties peuvent mettre fin au contrat sans respecter de préavis ni les règles de procédure prévues pour le licenciement.

La loi du 25 juin 2008, portant modernisation du marché du travail, a imposé une durée maximale pour les contrats à durée indéterminée, limitée en fonction de la catégorie professionnelle, renouvellement compris, soit :
- à 2 mois pour les ouvriers et employés ( 4 mois renouvellement compris),
- à 3 mois pour les agents de maîtrise et les techniciens (6 mois maximum),
- à 4 mois pour les cadres (8 mois maximum).
Des durées plus courtes peuvent être prévues par le contrat de travail ou des accord collectifs conclus après la loi du 25 juin 2008.
Mais, des durées plus longues peuvent aussi être déterminées par des accords de branche antérieurs à la loi.

Dans les faits, de nombreux contrats ont stipulé des périodes d’essai de 6 mois renouvelables 6 mois, donc pour une durée totale d’un an.

La cour de cassation vient de juger (cass.soc. 11 janvier 2012) qu’une période d’essai d’un an, renouvellement inclus, est « déraisonnable, au regard de la finalité de la période d’essai et de l’exclusion des règles de licenciement durant cette période. »
Elle fonde son arrêt sur l’application des dispositions de la convention internationale sur le licenciement du 22 juin 1982, entrée en vigueur en France le 16 mars 1990.
Cette même convention avait déjà permis, en 2008, l’abrogation des CNE.

10/01/2012

Une conduite accompagnée du changement : le mentorat

Origine du terme
On se souvient d’Ulysse qui mandate son ami Mentor afin d’éduquer et de prendre soin de son fils Télémaque que Fénelon rend célèbre dans les aventures de Télémaque.
Au départ, cette formule s’est développée au Canada. Elle s’installe en France (cf. programme de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris) et fait ses preuves.

Le terme de mentorat est celui qui a été recommandé par la DGLFLF à la place de l’anglicisme coaching.
Cependant le mentor se distingue
- du coach qui consiste à transférer une compétence spécifique,
- du formateur qui développe un savoir,
- du consultant qui recommande,
- du conseiller qui oriente,
- de l’expert.
La spécificité du mentorat est d’aller au-delà des savoir-faire, d’atteindre le domaine des savoir-être, des savoir-devenir.

Définition
Le mentorat est une relation …
- interpersonnelle privilégiée qui se développe à long terme,
- de soutien, d’échanges et d’apprentissage
- dans laquelle une personne confiante, assurée et expérimentée investit sa clairvoyance acquise et son expertise construite
- pour offrir le transfert de ses compétences
- afin de favoriser le développement d’une autre personne qui a des compétences, une autonomie à acquérir et des objectifs professionnels à atteindre.
Celle-ci est par ailleurs, disposée à accueillir le soutien de son mentor.

Les avantages du mentorat
Dans le mentorat, il existe une notion de réciprocité dans l’échange entre le mentor et le mentoré.
Au travers du regard neuf du mentoré, le mentor va être obligé de formaliser ses connaissances, ses savoirs et de les reformuler.
Il est même possible qu’au cours de mentorat, le partage des connaissances change ponctuellement de sens.
Dans le mentorat, la transmission et la capitalisation des connaissances sont empreintes de valeurs humaines de partage et d’échanges.
Pour le mentor, son intervention présente de la cohérence et entraîne le renouvellement des pratiques professionnelles.
L’innovation, la créativité en sortent accrues.

13/12/2011
06/12/2011

La pauvreté gagne-t-elle du terrain en France ?

L’INSEE évalue la proportion de personnes et de ménages disposant de ressources inférieures à un seul de pauvreté établi à 60% de la médiane des niveaux de vie.
Pour une personne seule, il s’élève en 2009 à 954 € par mois. Le taux de pauvreté monétaire a ainsi atteint 13,5 % en 2009( soit 8 millions de personnes dont 2 millions de mineurs).
Entre 1996 et 2008, les inégalités de niveau de vie avaient peu évolué. Depuis 2004, elles ont tendance à augmenter « par le haut » sous l’effet des revenus du patrimoine (INSEE – les revenus et le patrimoine des ménages).
C'est-à-dire que les niveaux de vie des personnes les plus modestes ont en effet cessé d’augmenter alors que les niveaux de vie des plus aisés ont continué leur progression (Le rapport entre les niveaux de vie des 20% les plus riches et ceux des plus pauvres est passé de 4 à 4,3).
Par ailleurs, l’intensité de la pauvreté s’est accentuée à partir de 2002 : les ressources des personnes pauvres (niveau de vie médian à 773 € en 2002) ont augmenté moins vite que le seuil de pauvreté.
Cette intensification coïncide avec la hausse du chômage et des allocataires du RSA.

Outre que la pauvreté a tendance à augmenter depuis 2002 par rapport à son niveau de 1996, même s’il se stabilise, les caractéristiques de la pauvreté se modifient.
- La pauvreté rajeunit : le taux de pauvreté des moins de 25 ans a été multiplié par deux en quarante ans.
- La pauvreté s’est urbanisée en progressant de 4 points dans l’agglomération parisienne tout en reculant proportionnellement dans les communes rurales.
- Les familles monoparentales rassemblent plus de personnes pauvres.
- L’emploi ne protège plus de la pauvreté et de l’exclusion (en 2006, le taux de pauvreté monétaire s’élève à 7,9 % pour l’ensemble des salariés et à 18,8 % pour les ouvriers non qualifiés).
- La pauvreté touche plus durement les femmes.

Certes, la part de la richesse nationale affectée à la protection sociale en France est importante (30 %). Il faut être fier de cette richesse sociale produite. Mais elle va devoir augmenter encore, il faut s’en convaincre.
Un point positif : les français sont en Europe, les plus préoccupés par la pauvreté et les plus persuadés qu’ils pourraient devenir pauvres rapidement, avec un enchaînement de circonstances malheureuses.
Il faut donc espérer que les citoyens vont inviter ce thème dans la campagne présidentielle.

A lire : « Eliminer la pauvreté » Julien DAMON

30/11/2011

Le care, sentiment de responsabilité à l’égard des autres.

La pratique du care entraîne, tout au moins au départ, une relation asymétrique.
C'est-à-dire que dans un 1er temps, la personne vulnérable sera relativement incapable à « retourner » le don qui est fait.
Puis, afin de dépasser la notion d’ayant droit, il faudra que la responsabilité du care soit partagée entre l’accompagnant et le bénéficiaire.
La responsabilité en travail social demande la prise en compte des effets du lien humain établi, mais aussi la reconnaissance de la vulnérabilité et du besoin d’accompagnement.
Le care est en cela, un des moyens de redonner de l’autonomie réelle ou encore des capabilités à des personnes qui en ont été momentanément ou définitivement privées.
Le care se caractérise par le sentiment de responsabilité à l’égard des autres.

Selon Joan TRONTO*, le care est un processus actif qui se décompose en 4 phases :
- Se soucier de : il s’agit de l’attention portée à autrui, de la reconnaissance d’un besoin qui demande à être satisfait
- Prendre en charge : cette phase implique de prendre en compte le besoin qui peut être satisfait et de déterminer les moyens pour y parvenir (une responsabilité assumée)
- Prendre soin : mise en place du travail effectif du soin, avec les compétences qu’il requiert.
- Recevoir le soin : vérifier auprès du bénéficiaire que le soin accordé était bien en adéquation avec le besoin exprimé.
Le care est systématiquement dévalorisé car on le cantonne avec la sphère privée, l’affectivité et la proximité.
Il faut le mettre au cœur de la dimension politique et donc le centrer dans la vie sociale, en interrogeant l’individualisme libéral et en proposant une nouvelle éthique libérale.
Ce qui suppose de prendre au sérieux les activités de service (de care) et toutes les institutions qui prennent en charge la grande vulnérabilité vitale ou sociale.

*Joan TRONTO : traduit en français sous le titre : « un monde vulnérable, pour une politique du care ».

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