23/07/2025
J’ai parcouru avec intérêt la publication de mon ami Lucien Blemou, qui résonne profondément avec un vécu professionnel que je tiens à partager ici non pas pour polémiquer, mais pour illustrer, par l’expérience, ce que recouvre réellement notre métier.
Il y a quelques semaines, un grand frère, pour qui j’ai beaucoup d’estime, a vivement critiqué la prise de parole publique de l’un de mes patrons, invité sur le plateau de la RTG. On aurait pu lui répondre de manière frontale, en activant les canaux officiels à notre disposition. Mais personnellement, sans attendre le traditionnel “OK”, j’ai opté pour une autre voie. Celle d’expliquer, de manière posée et respectueuse, le choix dudit média.
Car au-delà du réflexe personnel, il y a une posture professionnelle. Et au-delà de la réaction, il y a une stratégie.
C’est bien là l’un des plus grands défis du communicant : savoir quand, où et comment porter une parole.
J’ai donc pris le temps d’analyser. Non pas pour défendre un homme, mais pour contextualiser une démarche. Non pas pour répondre sous le coup de l’émotion, mais pour éclairer une décision.
J’ai utilisé mes propres canaux pour m’adresser à lui, publiquement mais avec hauteur.
J’ai expliqué pourquoi ce média critiqué, entre guillemets, par certains reste, aujourd’hui encore, l’un des vecteurs les plus puissants pour toucher les citoyens avec impact. Parce que la télévision nationale, malgré ses limites aux yeux de certains pseudo-experts, demeure massivement suivie.
Parce qu’elle reste, dans notre contexte, un outil de proximité, de pédagogie politique et d’explication directe. Parce qu’elle permet à des millions de Guinéens d’entendre, sans filtre, la parole d’un acteur de l’État.
Cela s’appelle créer un capital de confiance entre les gouvernants et les gouvernés.
Ce choix de canal ne relève donc pas du hasard. Il s’inscrit dans une stratégie de communication publique.
Et c’est précisément là que notre rôle prend tout son sens. Le communicant n’est pas un simple exécutant de publications. Il est un artisan du discours institutionnel. Il jauge les perceptions, anticipe les malentendus, choisit le ton juste, au moment opportun, avec les outils adaptés. Il sait que chaque prise de parole engage, et que chaque silence peut être interprété.
Réagir, ce n’est pas toujours répondre.
Et répondre, ce n’est pas toujours convaincre.
Notre métier exige de la mesure, de la hauteur, et une méthode solide. Il nous impose de maîtriser les leviers techniques et de comprendre les dynamiques sociales.