13/09/2026
SI J’ÉTAIS RESPONSABLE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR PENDANT CINQ ANS…
Je ne chercherais pas simplement à augmenter le nombre de diplômés.
Je m’attacherais à faire de nos universités des institutions capables de former, de produire des connaissances, d’innover et de contribuer concrètement à la résolution des défis de la Guinée.
Pendant cinq ans, je concentrerais mon action sur cinq grandes réformes.
1. Faire des filières scientifiques et technologiques une priorité nationale.
Les mathématiques, des classes préparatoires, STEM, l’informatique, l’intelligence artificielle, les sciences des données, l’ingénierie, l’agronomie, l’énergie et les sciences médicales doivent bénéficier d’un soutien prioritaire.
Nous devons renforcer ces filières, améliorer leur encadrement et donner aux étudiants les moyens d’acquérir des compétences solides, pertinentes et compétitives à l’échelle internationale.
2. Transformer nos universités en véritables pôles de recherche et d’innovation
Chaque grande institution devrait progressivement disposer de laboratoires fonctionnels, correctement équipés et orientés vers des problématiques concrètes dans des domaines tels que l’agriculture, la santé, les mines, l’énergie, l’environnement, le numérique et l’industrie.
Une université ne doit pas seulement transmettre les connaissances. Elle doit également en produire de nouvelles et contribuer à résoudre les problèmes auxquels notre société est confrontée.
3. Financer les meilleurs projets étudiants
Un étudiant qui développe une solution pertinente ne devrait pas être contraint d’abandonner son projet faute de moyens.
Je mettrais en place un fonds national pour l’innovation étudiante, destiné à financer les meilleurs projets, prototypes, startups et travaux de recherche issus de nos universités.
L’objectif serait clair : passer de l’idée au prototype, du prototype à l’entreprise, et de l’entreprise à un impact concret.
4. Renforcer l’anglais scientifique, l’informatique et les compétences professionnelles
La compétition scientifique et technologique est désormais mondiale.
Nos étudiants doivent être capables de lire des articles scientifiques en anglais, d’utiliser les outils numériques, de programmer, d’analyser des données, de présenter un projet, de travailler en équipe et de collaborer avec des chercheurs et des professionnels du monde entier.
Le diplôme ne doit plus constituer l’aboutissement de la formation, mais le point de départ d’une véritable insertion et d’une capacité professionnelle durable.
5. Rapprocher les universités et les entreprises
Il s’agit probablement de l’une des réformes les plus importantes.
Nos universités et nos entreprises ne doivent plus évoluer comme deux mondes distincts.
Je développerais des partenariats structurés entre les universités, les entreprises, les administrations et les centres de recherche, notamment à travers : des stages véritablement professionnalisants, des projets universitaires proposés par les entreprises, l’intervention de professionnels dans les formations, la création de laboratoires communs entre universités et entreprises, le développement de l’alternance et des formations pratiques, le financement de projets de recherche appliquée, la facilitation du recrutement des meilleurs profils, l’accompagnement des étudiants dans leurs projets entrepreneuriaux.
L’université doit être en mesure de répondre aux besoins réels de l’économie, tandis que les entreprises doivent contribuer davantage à la formation de la prochaine génération de compétences.
Ma vision au terme de ces cinq années serait donc claire :
Des universités qui ne délivrent pas uniquement des diplômes, mais qui développent de véritables compétences.
Des laboratoires qui ne restent pas de simples structures sur le papier, mais qui produisent des résultats concrets.
Des étudiants qui ne se limitent pas à rechercher un emploi, mais qui sont également capables d’en créer.
Des entreprises qui ne se contentent pas de recruter des diplômés, mais qui participent activement à leur formation.
Et surtout, une recherche scientifique davantage orientée vers les enjeux réels de la Guinée.
Parce que l’enseignement supérieur ne doit pas seulement préparer les jeunes à trouver leur place dans le monde.
Il doit également leur donner les moyens de contribuer à construire le monde dans lequel ils souhaitent vivre.
Et vous, si vous aviez la responsabilité de l’Enseignement supérieur en Guinée pendant cinq ans, quelle serait votre première réforme ?
Aliou Barry Innovation Visons l'excellence pour le développement de notre pays.