17/09/2026
La pression exercée par les autorités turques envers la communauté LGBTQ+ entre dans une phase d'escalade. Depuis le dimanche 13 septembre 2026, diverses opérations policières coordonnées ont ciblé des militants, des associations, des établissements fréquentés par la communauté LGBTQ+ ainsi que des particuliers dans plusieurs villes du pays.
D'après Amnesty International, plus de 60 personnes avaient été arrêtées dans 15 provinces lors des premiers jours de l'opération, alors qu'une enquête pénale visait plus de 160 personnes. Les autorités ont également procédé à la restriction ou au blocage de plus de 180 comptes sur les réseaux sociaux, appartenant notamment à des organisations LGBTQ+, des militants, des journalistes et des médias.
L'opération, désignée sous le nom de « Ma famille est en sécurité » par les autorités, a principalement ciblé Istanbul, Ankara, Izmir, Aydın et Mersin. Le ministre turc de la Justice, Akın Gürlek, soutient que ces mesures ont pour objectif de protéger les enfants, la famille et l'ordre public. L'enquête porte, selon les autorités, sur 162 suspects, neuf associations et 13 entreprises.
Des arrestations et des manifestations réprimées La répression ne s'est pas limitée aux opérations du week-end. Le mardi 15 septembre, des manifestants se sont rassemblés devant le palais de justice de Çağlayan et Istanbul. Les investigations couvraient alors 15 provinces.
Les forces de sécurité ont procédé à des perquisitions au sein des locaux de plusieurs organisations de défense des droits LGBTQ+. Parmi les structures visées figure Kaos GL, l'une des associations LGBTQ+ les plus reconnues de Turquie. Des ordinateurs, des téléphones, des documents ainsi que d'autres équipements auraient été saisis lors de certaines de ces interventions.
Les autorités ont notamment invoqué des accusations relatives à « l'obscénité » et à la législation encadrant les associations. Une orientation politique gouvernementale plus vaste Cette nouvelle série d'opérations s'inscrit dans le cadre de la politique gouvernementale intitulée « Décennie de la famille et de la population », initiée par le président Recep Tayyip Erdoğan.
Cette stratégie privilégie la famille traditionnelle et intervient alors que le gouvernement turc cherche également à traiter la question de la baisse de la natalité. Les autorités présentent ces actions comme une mesure de protection des enfants et des valeurs familiales. Les organisations de défense des droits humains, quant à elles, perçoivent ces opérations comme une intensification de la discrimination et des restrictions ciblant la communauté LGBTQ+. Amnesty International a sollicité l'arrêt des arrestations et la libération des militants détenus.