30/08/2026
𝐕𝐎𝐔𝐋𝐎𝐈𝐑 𝐕𝐀𝐋𝐎𝐑𝐈𝐒𝐄𝐑 𝐔𝐍 𝐋𝐄𝐀𝐃𝐄𝐑… 𝐄𝐓 𝐋’𝐄𝐗𝐏𝐎𝐒𝐄𝐑 𝐄𝐍 𝐔𝐍𝐄 𝐏𝐇𝐑𝐀𝐒𝐄.
La publication de PDCI24H/24 TV sur la rencontre de Tidjane Thiam à la Maison-Blanche illustre un défaut de communication politique : mettre en avant le prestige d’une rencontre sans mesurer le sens du message qui l’accompagne.
La phrase qui pose problème est celle-ci :
« L’objectif est de renforcer les chaînes d’approvisionnement des États-Unis et de leurs alliés en minerais critiques. »
Les bénéficiaires sont clairement désignés : les États-Unis et leurs alliés. L’ , elle, apparaît comme un espace où se trouvent les projets miniers.
Et les pays producteurs, qu’obtiennent-ils en retour ? Quelle transformation locale des ressources ? Quels emplois ? Quelles recettes publiques ? La publication ne le dit pas.
Soyons précis : cette absence ne prouve pas qu’aucune contrepartie existe. Elle ne démontre pas davantage que Thiam agit contre les intérêts africains. Mais elle laisse un vide politique que des adversaires peuvent facilement exploiter.
La page veut montrer un dirigeant respecté, capable d’accéder aux cercles du pouvoir américain. Pourtant, sa dernière phrase peut donner l’impression d’un homme qui mobilise son expertise pour satisfaire les besoins des États-Unis, sans que les intérêts de son propre pays ou du continent soient explicités.
𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐚̀ 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐚 𝐯𝐚𝐥𝐨𝐫𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐩𝐞𝐮𝐭 𝐬𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞 𝐥𝐞𝐚𝐝𝐞𝐫.
La source américaine retrouvée est une publication de Jarrod Agen, directeur exécutif du National Energy Dominance Council. Il y présente la rencontre dans le cadre des activités de l’Allied Critical Minerals Fund. Qu’un responsable américain mette en avant l’intérêt américain est cohérent avec sa fonction. Qu’une page soutenant un dirigeant ivoirien reprenne ce cadrage sans explication mérite, en revanche, d’être interrogé. (https://www.linkedin.com/posts/jarrodagen_minebabymine-energydominance-activity-7498901850792845312-2DGB).
Il ne fallait pas inventer des bénéfices pour la Côte d’Ivoire ou ajouter une formule creuse sur un partenariat « gagnant-gagnant ». Il fallait préciser en quelle qualité Thiam intervenait et documenter les éventuelles retombées pour les pays concernés.
Ma critique porte sur cette publication, pas sur une supposée allégeance de Thiam aux États-Unis, ni sur l’équipe officielle du PDCI-RDA , dont le lien avec cette page n’est pas établi ici.
Mais la leçon de communication est nette : pour un dirigeant qui aspire à gouverner son pays, montrer où il est reçu ne suffit pas. Il faut aussi permettre de comprendre quels intérêts il y représente.
Le prestige du lieu ne répond pas à la question politique : au bénéfice de qui ?
Koffi Badou
Stratégie politique et électorale