08/03/2026
5 minutes avec un bébé au dos, un pilon à la main.
Et il était épuisé.
Nous, on appelle ça un matin ordinaire.
Avant d’aller au bureau.
Avant les réunions.
Avant de rentrer et de recommencer.
Les chiffres ne mentent pas :
5h/jour: c’est le temps qu’une femme consacre aux tâches domestiques.
2h/jour: c’est celui d’un homme.
(Source : ONU Femmes)
Ce déséquilibre a un nom : double journée.
Ce qu’il n’a pas encore, c’est une solution collective.
Et pourtant, les droits existent sur le papier.
Le principe « à travail égal, salaire égal » est inscrit dans la Constitution sénégalaise.
La loi de 2022 protège les femmes contre le licenciement lié à la grossesse.
En 2025, les salaires des travailleurs domestiques ont été revalorisés de plus de 20 000 FCFA.
Mais sur le terrain, les freins demeurent :
Le congé paternité reste symbolique: trop court pour encourager un vrai partage dès la naissance.
Les crèches en entreprise sont quasi inexistantes à Dakar, forçant les mères à arbitrer entre carrière et famille.
Le travail domestique n’est toujours pas comptabilisé dans le PIB: invisible économiquement, donc facilement ignoré.
Les femmes restent concentrées dans les secteurs les moins rémunérateurs, avec un plafond de verre qui limite leur accès aux postes de direction.
Le Sénégal avance.
La SNEEG II — Stratégie Nationale pour l’Équité et l’Égalité de Genre — est en cours jusqu’en 2026.
Mais une stratégie sans changement de comportement dans les foyers...
reste une stratégie.
Le changement ne commence pas par un décret.
Il commence par un geste. Un pilon. Un bébé dans le dos.
Bonne journée à toutes celles qui portent tout
et à tous ceux qui choisissent de porter avec elles.
Dopamine. Nous dopons vos émotions.