07/08/2026
CHRONIQUE MAWLIDIENNE DE GUESS
TIVAOUANE, OU LA LEÇON DES CŒURS UNIS
Tivaouane va commémorer la naissance du Sceau des Prophètes, Muhammad (Paix et Salut sur Lui). Cette année, le thème retenu résonne avec une intensité particulière : « Unifier les cœurs et les paroles par la parole de l'Unicité ». Un intitulé qui, loin d'être une simple formule pieuse, se lit comme une ordonnance spirituelle pour un pays qui en a cruellement besoin.
Un appel qui dépasse le religieux
Le choix du Khalife Général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, ne relève pas du hasard. Dans un Sénégal traversé par les tensions, les postures et les défiances, le rappel au Tawhid, l'attestation qu'il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah, devient un principe fédérateur car, de cette parole unique découle une exigence, celle de l'unité du cœur des croyants, condition de toute cohésion sociale durable.
Allah invite les croyants à se tenir fermement, tous ensemble, au lien qu'Il a tissé entre eux, sans jamais se diviser, rappelant qu'ils étaient ennemis avant que leurs cœurs ne soient réunis par Sa grâce. Les croyants forment une seule fraternité, ce qui doit conduire à réconcilier ceux qui se disputent. Et par ailleurs, le Coran nous rappelle sans ambiguïté que cette communauté des croyants n'en forme qu'une seule, unique, par delà les différences (Coran, 21:92).
Ces versets ne parlent pas seulement aux fidèles dans leur rapport à Dieu. Ils parlent à toute nation qui cherche sa cohésion. Et le Sénégal, en cette période charnière de son histoire, ferait bien de les méditer.
Le thème de ce Mawlid s'adresse à tous les Sénégalais, sans distinction. Aux musulmans et aux chrétiens, qui depuis des générations font vivre une cohabitation exemplaire, souvent citée comme modèle sur le continent. Aux Sénégalais de toutes les ethnies, Wolof, Sérère, Peul, Diola, Mandingue et tant d'autres, dont la diversité a toujours été une richesse et non une fracture. Aux Sénégalais de tous les bords politiques, qui peuvent légitimement diverger d'opinion, de programme, de vision (la démocratie se nourrit de ce débat) mais dont les cœurs, eux, ne devraient jamais se déchirer.
Et c'est peut-être là que ce Mawlid trouve sa portée la plus actuelle. Comment ne pas y voir une invitation pressante adressée au président BASSIROU DIOMAYE FAYE et au Premier ministre OUSMANE SONKO à unifier leurs cœurs pour le bien supérieur du Sénégal ?
Les deux hommes, liés par une même trajectoire et un même serment fait au peuple, portent aujourd'hui une responsabilité qui dépasse leurs personnes. Un pays ne se gouverne pas dans la discorde des cœurs, même lorsque les divergences de méthode ou d'appréciation existent. Les avis peuvent et doivent parfois diverger, c'est le propre de toute gouvernance vivante. Mais les cœurs, eux, ne doivent pas se diviser, car c'est de cette unité intime que dépend la stabilité de millions de Sénégalais qui ont placé leur confiance en eux.
Il est une tradition rapportée par les chroniqueurs de la Sira, qui veut que le jour de sa naissance, une paix insigne se soit répandue sur la création tout entière. Selon ce récit, prédateurs et proies, que tout oppose dans l'ordre naturel des choses, se seraient côtoyés sans crainte ni hostilité, comme si la venue au monde de Muhammad (PSL) avait suspendu, l'espace d'un instant, les lois mêmes de l'inimitié. Une image forte, souvent évoquée par les érudits tidianes, qui rappelle que si le lion et la gazelle ont pu, ce jour-là, déposer leurs armes naturelles, alors rien ne devrait empêcher des hommes unis par une même foi, une même nation et un même idéal de développement de faire de même.
Si la nature elle-même a su, le temps d'une naissance bénie, taire ses instincts les plus profonds pour laisser place à la paix, quelle excuse resterait-il aux hommes pour entretenir leurs querelles ?
Une prière pour le Sénégal
Puisse donc ce Mawlid de Tivaouane, placé sous le signe de l'Unicité, être entendu au-delà des tentes et des dahiras. Puisse le vœu du Khalife Général des Tidianes trouver un écho sincère dans le cœur de nos gouvernants. Que Diomaye et Sonko, au nom de tout ce qui les a unis avant que le pouvoir ne les éprouve, retrouvent cette unité de cœur qui seule permet de conduire un peuple vers son destin. Que leurs divergences, s'il en existe, restent celles de la méthode et non celles de l'âme. Et que le Sénégal, fidèle à sa tradition de tolérance et de fraternité, sorte grandi de ce Gamou 2026, uni dans sa diversité, comme l'a toujours voulu l'héritage de Seydi El Hadj Malick Sy.
Amine.
BON DÉBUT DE BURDA!
PS. Les photos n’ont aucun lien avec le post. Toute ressemblance avec une personne ou des faits ne serait que fortuite
Source: Serigne cheikh Ahmed Tidjane Sy