25/09/2026
𝑷𝙤𝒓𝙩𝒓𝙖𝒊𝙩 | 𝗔𝗱𝗮𝗲𝗹, 𝗹𝗲 𝗰𝗿𝗼𝗰𝗵𝗲𝘁 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲 𝗳𝗶𝗹 𝗰𝗼𝗻𝗱𝘂𝗰𝘁𝗲𝘂𝗿 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗮𝗺𝗯𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗲𝗻𝗲𝘂𝗿𝗶𝗮𝗹𝗲.
À seulement 6 ans, alors qu’elle est encore en CE1, Armelle Allahndiguim Djimbore, connue sous le pseudonyme Adael, réalise sa première œuvre au crochet. Un savoir-faire transmis par sa mère et qui, des années plus t**d, deviendra bien plus qu’une passion : une activité entrepreneuriale porteuse d’une ambition sociale. Aujourd’hui, Adael est la fondatrice de «Stadael Chic Crochet», une petite entreprise spécialisée dans la mode artisanale et le textile créatif. Elle y conçoit et confectionne sur mesure des vêtements et accessoires faits main, tout en organisant des ateliers destinés à transmettre le savoir-faire du crochet et à favoriser l’autonomisation des femmes.
𝗗𝗲𝘀 𝗲́𝗰𝗼𝗻𝗼𝗺𝗶𝗲𝘀 𝗽𝗲𝗿𝘀𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼𝘂𝗿 𝗯𝗮̂𝘁𝗶𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗲𝗻𝘁𝗿𝗲𝗽𝗿𝗶𝘀𝗲.
L’aventure entrepreneuriale commence avec des moyens très modestes. Adael puise dans ses propres économies pour acheter ses premières pelotes, ses crochets et les fournitures nécessaires. Plutôt que de compter sur un financement extérieur, elle choisit de réinvestir progressivement les revenus issus de ses ventes pour développer son activité. Aujourd’hui, «Stadael Chic Crochet » fonctionne avec une petite équipe de trois personnes, soutenue par un réseau grandissant de crocheteuses et de collaboratrices. Pour Adael, chaque création représente ainsi une double valeur : celle d’un produit artisanal réalisé avec soin, mais aussi celle d’un savoir-faire qui peut devenir une source de revenus et d’autonomie pour d’autres femmes.
𝗔𝘂 𝗯𝗼𝗿𝗱 𝗱𝗲 𝗹’𝗮𝗯𝗮𝗻𝗱𝗼𝗻, 𝗹𝗮 𝘁𝗿𝗮𝗻𝘀𝗺𝗶𝘀𝘀𝗶𝗼𝗻 𝗹𝗮 𝗿𝗲𝘁𝗶𝗲𝗻𝘁.
Le chemin n’a pourtant pas toujours été simple. Les contraintes logistiques, la charge de travail et les difficultés liées au développement d’une petite entreprise ont parfois nourri le doute.« Certains jours, l’idée de tout arrêter m'a même traversé l’esprit» ,confis t- elle. Mais derrière ces moments difficiles demeure une conviction : son travail ne se limite pas à la confection de vêtements et d’accessoires.
Une expérience particulière continue de nourrir sa détermination. Il lui arrive qu’une personne qu’elle a formée la contacte pour solliciter son accompagnement dans son propre projet: « Parfois, vous vous dites que c’est fini, que vous allez abandonner, et puis une personne que vous avez formée vous appelle pour vous demander de l’aider avec son projet parce que c’est vous l’experte », raconte-t-elle. Ces sollicitations lui rappellent l’impact de la transmission et deviennent une source de motivation pour continuer.
Sa polyvalence nourrit également cette vision. Formée en géographie à l’École normale supérieure d’Abéché, où elle obtient une licence en 2021, Adael s’est parallèlement formée au journalisme, à l’animation radio et à la sonorisation. Cette expérience lui permet de valoriser son activité artisanale, de communiquer autour de ses créations et de transmettre son savoir-faire à travers différents canaux.
À terme, Adael veut faire de «Stadael Chic Crochet» une référence de la mode artisanale au Tchad et en Afrique centrale. Son ambition est de créer son propre centre de formation et de développer durablement la production artisanale, tout en constituant un réseau de femmes autonomes grâce au textile.
Son message aux jeunes qui hésitent encore à entreprendre tient en une phrase : « Le futur se crée au présent, alors créons notre futur. » Pour Adael, le crochet n’est donc pas seulement un fil que l’on transforme en vêtement ou en accessoire. C’est aussi un fil qui relie transmission, créativité, entreprenariat et autonomisation.
𝗡𝗴𝗼𝗻𝗺𝗯𝗮 𝗚𝗹𝗼𝗿𝗶𝗮